Scène Première
Madame Fontenais, Didier. Au lever du rideau, Mme Fon tenais, assise dans un fauteuil, lit le Temps avec un face à main. Didier entre par la porte de gauche.
Madame Fontenais. Ah! c'est vous, mon petit Didier. . . Vous avez laissé ces messieurs au fumoir? "i"
Didier. Et: vous, Mme Fontenais, vous étudiez le cours de la Bourse?' • **•*■"/■
Madame Fontenais. . .Nullement ! Je n'y veux en- s tendre'gouttej^ Mes valeurs resteront toujours telles que mon pauvre et cher mari me les a laissées. Voyez-vous, je ne saurais toucher à rien de ce qu'il a fait. Si vous
me. trouvez en compagnie de son journal (Montrant
la baitf&'aecfnrie.) Tenez, cela n'anas cessé d'être le sien, 10 je fais toujours renouveler rawS^meriEvâTson nom. . . Oui', ;j j'ai gardé marne, chaque soir, de déplier cette feuille, c'est qu'il n . ' isait la lecture à pareille heure, Q'itiqd nous étior maintenant, je m'isole dans
repréVce pour n son de sa voix, avec mes yetrx. 15
(Repliant le journal.). . . Mais parlons de vous, mon enfant . . Comment se fait-il qu'après vos brillantes études, aveé-yos. beaux diplômes, vous n'ayez pas préféré à toute chose une carrière assurée dans l'administration? L'exem- S pie paternel était pourtant là. Aujourd'hui, cet excellent Maravon jouit d'une honnête retraite, plein de vigueur encore et de santé, après ses trente ans d'activité dans l'instruction publique. Il vit de*ibrnMs indépendant, parmi ses livres et ses amis, regardant l'univers d'un œil io philosophique. Une destinée de ce genre ne vous a donc pas semblé enviable?
Didier. Mon père a fait son effort, madame. A moi d'accomplir le mien. Lui^fils de paysans, par son énergie, par la qualité de son cerveau, aest'êlëvé jusqu'àim^bojt--
15 rang de bourgeoisie. Je sens continuer en moi la p de ma race, partie du ras de la terre, il y a une génération. Quelque chose fait qu'à mon tour je veux atteindre au delà, grimper plus haut.
Madame Fontenais. Plus haut que la bonne bour- 20 geoisie ? . . . Eh là ! vous destinez-vous à devenir noble ? Didier. Ma foi !.. . en quelque sorte. . . Je veux devenir riche. . . très riche. Être millionnaire, n'est-ce pas, v en effet, dans les mœurs actuelles, être baron ou comte, si l'on veut?
is Madame Fontenais. Et vous pensez avoir en mains les chances d'une grande ,J[gr.tunç?
Didier. Je tiens un- brevet de premier ordre. Mon
père m'a remis tout ce que nous possédions en tonilnun
par l'héritage de ma mère. Ge modeste apport ;
30 de base à un excellent acte de-anri£t4 pour mon t
qui va s'ouvrir.
Madajie Fontenais. Et si tous ne téusi