‹ La couvée, comédie en trois actesChapitre 20 sur 41 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

JUSTINE, ANDliÉ, puw PIFINE. Entre Fifjie avec le petit chien sous le bras.

FIFLNE

Je n'ai pas été longtemps.

Qu'est-ce que c'est que ça?

FIFINE

Est-il gentil, liein ? N'est-ce pas qu'il rescerrible à ma tante?... (A son chien.) Faisez une risette à son père. [A son mari.) Embrasse-le... Approclietoi, il va t'embrasser... approche-toi donc... [André, après résistance, se fait embrasser par le chien. // s'essuie la figure.) Ah!.., tu n'as pas besoin de t'essuyer comme ça. 11 n'y arien de plus sain que la langue d'un chien. Au chien.) Il est messant, son papa. Oh! n'a.nour! qu'il était

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zozoli, zoli, le petit sien-sien à sa mHjuèrc. \l'Jllc rcvibrasse.)

ANDRÉ

Je croyais que tu ne devais pas l'acheter.

l-IFINE

Je ne l'ai pas acheté... J'ai dit à maman que j'en avais envie .. Elle m'en a fait cadeau... (4 Justine qui est au-dessus du canapé.) Regardez, Justine, s'il est zoli... Et son petit nez... Et ses petites noreilles .. Vous allez faire du feu dans la petite chambre et l'installer dans la niche qu'on a apportée... Et puis, il faut lui faire de la soupe. Allez chercher des os en bas... et de l'eau... n'oubliez pas de l'eau .. et un bout de sucre... Allez. [Elle passe devant ustine et lui donne le chien. A son mari.) Non, mais regarde, André, regarde... Il veut que tu lui dises bonjour... On dirait qu'il comprend que tu n'en voulais pas... Pauvre 'tite bête... Bonsoir, mon trésor chéri. [Elle lui envoie un baiser. Justine sort.)

ANDRÉ, sans mauvaise humeur. Heureux chien!

KiUNE, riant et lui montrant le doigt.

Oh!... Je sais pourquoi tu dis : « Heureux chien. » Assieds-toi là... [Sur le canapé.) Tiens, tu es un bon mari... J'avais très peur d'être grondée... mais c'est maman qui m'a forcée à le prendre... Tu es gentil de ne rien dire. Voilà pour

ta peine. [File l'embrasse. André veut la relenir.) Non... c'est assez... Chut! Soyez sage...

ANDRÉ

Méchante I

FIFINE

Vas-tu quelque part, tantôt?

ANDRÉ

Je devais aller à une répétition de Topera nouveau, au Grand-Théâtre... je n'irai probnl)!ement pas.

FIFINE

Oh I si, vas-y !

ANDRÉ

Tu y tiens?

•FIFINE

Oui... et emmène-moi...

ANDRÉ

Ma chère enfant, c'est impossible.

Pourquoi ?

ANDRÉ

Ce n'est pas convenable... Il faut passer par les coulisses... il faut... enfin, ce n'est pas ta place.

FIFINE

Tu dis tout le temps ça... Et lorsque tu te décides à me prendre avec toi, tu es bien content après. Tes amis le disent bien qu'on peut con-

(luire sa fommo à une foule d'endroits où tu ne veux pas que J'aille.

ANDRÉ

Oui, mais aucun n'y emmène la sienne. Allons, tu resteras là... Tu t'occuperas..,

FIFINE

Je resterai là... je resterai là... pas ici, toujours... En bas, chez maman. .c

ANDRÉ

• Pourquoi?... C'est ici, cliez nous, ce n'est pas en bas,

FIFINE

Oh! oui, mais ici, je m'ennuie toute seule, je ne sais pas où sont les choses... Tandis que chez maman, j'ai toutes mes petites affaires à leur place. Enfin, je m'y plais mieux... Mais tu serais si gentil de m'emmener. .. Si tu savais comme ça m'amuse de sortir. Je voudrais être toujours dehors.

ANDRÉ

Ce n'est pas possible.

FIFINE

Tant pis.

ANDRÉ

Tu vas comprendre... Il faut t'habituer à rester davantage chez toi... prendre plus à cœur ton rôle de maîtresse de maison...

FIFINE

Puisque maman est là..:

ANDRÉ

Mais nous ne resterons pas éternellempnf chez lesparc-nls.

FIFI.NE

Pourquoi pas?

ANDRÉ

Mais... (in jour viendra où j'aurai des clicats... Alors...

FiFiNE s' échappant.

Oli ! voilà maman! Oh î voilà maman! [Elle vu au-dcvanl de sa mère qui entre.)

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