SCÈNE NEUVIÈME
AGATHE, stnpéfaite.
Je...
OCTAVE
Ce n'est rien encor.
J'excuserais ton épitre.
Tes vingt ans aiment à jaser, ♦
El tu te mets à ton pupitre.
Soit... Mais le baiser.
AGATHE, se récriant.
Le baiser!
Croyez-vous qu'on embrasse ainsi les demoiselles?
OCTAVE
Cela dépend d'elles, Et lu t'y prêtais volontiers.
AGATHE
Comment?
OCTAVE, lui montrant la lettre et récitant de mémoire. Lis donc :
« Vingt fois, tremblant, le cœur en fièvre, » J'ai repassé dans ces petits sentiers » Où tes cheveux ont effleuré ma lèvre. »
AGATHE, interdite.
Effleuré, par hasard...
OCTAVE, continuant.
« Je me sentais aimé.
» Tous les oiseaux chantaient, l'air était embaumé; » Tu restais, devant moi, souriante et mutine, » Courbant, d'un doigt distrait, les touff'es d'églantine, « Et je te regardais charmé. »
Froissant la lettre avec colère.
De quel ton il le le rappelle.
Et comme l'amoureux se trahit tout entier; Comme dans chaque mot son orgueil se décèle.
C'est pour lui seul que le ciel te fait belle, Pour lui que naît l'aubépine nouvelle, Pour lui que revient l'hirondelle.
Pour lui que fleurit l'églantier.