SCÈNE ONZIÈME
Jamais! — C'est mon cousin que l'on donne en spectacle. Je veux le sauver à tout prix.
X FlorcnliQ.
Camille en aime un autre! avez-vous bien compris?
FLORENTIN
Oh! Irès-bien. — Seulement, ce n'est pas un obstacle.
AGATHE
Pas un obstacle? Alors, que faudrait-il?
FLORENTIN
Monsieur ne court aucun péril ; Nous n'avons pas à lui tendre la perche.
Mon maître a le bonheur qu'il cherche Une dot magnifique, un beau-père charmant. Un savant amateur, qui ne gêne personne, Qui fait de la chimie avec acharnement,
Et dont la santé n'est pas bonne.
AGATHE
Si je disais la vérité !
FLORENTIN
Gardez- vous-en, mademoiselle Agathe, Vous voulez donc que mon maître se batte?
AGATHE, vivement.
Il se battrait?
FLORENTIN
En avez-vous douté? '*
Oui, mon cousin se battrait; — il est brave. Mais Camille! comment épouse-t-elle Octave?
FLORENTIN, d'un ton doctoral.
Vous allez soulever une question grave,
• AGATHE
Que l'on prenne un indiffèrent, Cela se fait, on dit que cela se comprend. Le supplice est pour nous, si la faute est la nôtre. Mais accepter quelqu'un quand on en aime un autre!
C'est horrible ! c'est déloyal I
FLORENTIN, de même.
Ne touchons pas à l'ordre social.
— Mademoiselle ignore encor le monde. —
L'amour est une exception.
Un gros enfant joufflu, qui vagabonde.
Mais qu'est le mariage? une institution. — Il ne faut pas qu'on les confonde.
AGATHE
Moi, je vous dis que c'est affreux.
Quel parti dois-je prendre?
FLORENTIN
Allez prier pour eux.
AGATHE
Oh! non.
Elle va s asseoir près de la laLlo.
Ils seront très-heureux, Ne soyez pas inquiète.
Si le cœur de madame a quelque ancienne dette, C'est pertes et profits, ce n'est jamais compté. J'ai vu de près des gens de qualité.
Chaque époux vit de son côté.
Chacun a son secret qu'il cache, Contre les coups de tête on les a prémunis; Pour les lier le code a des soins infinis, Et l'on voit bien qu'il attache Des gens qui ne sont pas unis.