SCENE DOUZIEME
AGATHE
Gomment?...
OCTAVE, buvaut.
Tu ne peux pas y croire.
C'est un succès, pourtant^ qui me coûte assez cher!
AGATHE
Cher?... à vous?
OCTAVE, rendant le verre à Florentin.
Donnez-moi de l'air.
D un ton tragique.
C'est une épouvantable histoire.
AGATHE
Parlez. — Que s'est-il passé?
OCTAVE
Ma future attendait dans une salle basse :
On annonce le fiancé.
J'entre et vois un habit bleu de ciel qui s'efface.
AGATHE
Ah!
OCTAVE
C'était ton Hector. ~ Il était là, debout,
Me toisant d'un air sardonique.
J'oublie et ma future et l'heure et la logique,
Ma raison se perd, mon sang bout.
J'aborde ce monsieur, mon œil le bouleverse. Et je lui jette, enfin, ces trois mots : « Je sais tout. »
Ma femme tombe à la renverse.
AGATHE
Ciel!
OCTAVE
Et son père épouvante S'affaisse de l'autre côté.
Se levant.
Pendant que le hussard s'occupe de ma femme.
34 LA CIUVATE BLANCHI"
Je vole au père qui se pâme*,
En répétant, tout éperdu :
Mais ce n'est qu'un malentendu,
Personne ici ne s'extermine.
Que monsieur de Galars épouse ma cousine! L'officier me regarde et parait confondu ;
Il me répond en pantomime
Eu ma future se ranime.
Le bonhomme reste étendu.
Je cherche un moyen liéroïque;
Il avait, par hasard, sur lui.
Un flacon dans un étui.
Je l'en asperge, alors, d'une main frénétique.
Quand, se précipitant sur moi,
Camille crie avec effroi :
« C'est de l'acide prussique, »
AGATHE, effrayée.
Oh! mon Dieu!
OCTAVE, tombant assis près de la table. C'était fait.
FLORENTIN, gravement, de l'autre côté de la table. Ça devait arriver.
AGATHE
Mais, mon cousin, on pourra le sauver.
Ce chimiste a toujours du poison dans sa poche; Il en a quand il mange, il en a quand il dort;
Ne vous faites aucun reproche, Et s'il meurt cette fois, monsieur, il aura tort. — Mais repartez, repartez tout de suite.
Comment expliquer votre fuite?
Reparaissez tranquille et le front haut.
* Florentin, Oetave, Agathe.