‹ La création de VersaillesChapitre 61 sur 118 · Molière, t. V, p · texte numérisé non relu

Molière, t. V, p

4. Aussitôt après la mort de la Reine mère, Louis XIV et la Reine se retirent à Versailles, où ils sont visités, le 22 janvier, par la reine d’Angleterre, Monsieur, Madame et toute la Cour. Monsieur et Madame se sont retirés à Saint-Cloud. {Gazette de 1666, p. 95.) Autres séjours, p. 392, 532, 555, 600, 1043, 1068. Le 14 octobre, le Roi, visitant la verrerie royale du faubourg Saint-Antoine, y choisit les plus belles pièces pour Versailles.

5. Gazette de 1667, p. 198. La Cour, arrivée le 20 février, ne retourne à Saint-Germain que le 28, « y ayant eu, durant huit jours, plus de vingt tables, outre les quatre principales, incessamment servies avec une égale abondance et politesse». La Saint-Hubert, cette année-là, est fêtée par six jours de chasse, avec concerts, comédies, festins et bals ; la troupe de Molière y joue Attila, tragédie nouvelle de Corneille; et, le 9 novembre, Leurs Majestés retournent a Paris, « pour passer l’hiver en leur palais des Tuileries ».

De l’année précédente est le célèbre mémoire au Roi sur la réduction des dépenses , que Colbert a écrit à Fon¬

tainebleau, le 22 juillet 1666, et qui commence ainsi :

« Voici, Sire, un métier fort difficile que je vais entreprendre... » La question des bâtiments n’y est plus touchée ; mais, au milieu des abus courageusement signalés au maître, figurent ceux qui proviennent des plaisirs et divertissements de Sa Majesté : « La quatrième dépense doit souffrir toute la rigueur des retranchements cl de toute l’économie possible, par cette belle maxime qu’il faut épargner cinq sols aux choses non nécessaires, et jeter les millions quand il est question de votre gloire. Je déclare à Votre Majesté, en mon particulier, qu’un repas inutile de mille écus me fait une peine incroyable; et, lorsqu’il est question de millions d’or pour la Pologne, je vendrais tout mon bien, j’engagerais ma femme et mes enfants, et j’irais à pied toute ma vie pour y fournir, s'il était nécessaire. Votre Majesté excusera, s’il lui plait, ce petit transport. » {Lettres de Colbert, t. II, p. ccxvm). Le rappel de ce document m’a semblé utile à cette place.

Page 55. — 1. Mlle de Scudéry, la Promenade de Versailles, p. 69.

2. Voir p. 77-78, et les notes qui s’y rattachent. Rapport du 4 mai 1665 : « Les appartements du Roi et des Reines seront finis et polis dans mercredi prochain. En môme temps, je ferai poser les volets dans l’appartement de Mgr le Dauphin, la salle de billard et la chapelle. » {Mél. Colbert , vol. 129, fol. 140.) Les quittances de Houzeau mentionnent les sculptures de cabinets et de cheminées qu’il a faites. {Nouvelles archives de l’art français, t. IV, p. 38.)

3. Comptes, t. I, 134. L’emplacement en fut changé en 1670 (t. I, 419, 486, 513).

4. D’après les dates établies plus haut, il s’agit presque sûrement des terrasses et des descentes du futur parterre de Latone.

5. Ces divers détails peuvent être retrouvés dans le tableau de Patel, n° 765 du Musée de Versailles, et dans l’estampe de Le Pautre donnée p. 59.

6. Le 17 juillet 1665, à propos d’un autre emplacement, Petit écrit : « Le sieur Franchine peut faire travailler présentement à poser les mastics et les toiles sur la terrasse de la Pompe. »

7. Journal du voyage du cavalier Bernin, par M. de Cliantelou , éd. Lud. Lalanne, Paris, 1885, p. 157.

8. François Francine, né à Paris en 1617, y meurt en 1668, transmettant sa charge à son fils aîné, François- Henri, comte de Villepreux. (Voir E. Coüard, Thomas Francine, intendant général des eaux et fontaines de France , 1572-1651 ; et V. Bart, Recherches historiques suites Francine et leur œuvre , dans les volumes de Comptes rendus de la réunion des Sociétés des Beaux-Arts de 1894 et de 1897.)

Page 56. — 1. L’étang occupait toute la partie basse de la ville actuelle, comme on le voit dans la grande estampe de Silvestre de 1674. Une estampe, plus petite et peu commune du môme artiste, reproduite p. 123, montre mieux encore la Tour d’eau à l’époque qui nous occupe. Celle qui est donnée p. 57 est plus rare encore; je n’en ai rencontré qu’un exemplaire, sans aucune lettre, dans le Recueil de l’œuvre de Silvestre à la Bibliothèque nalio-

NOTES

nale, 1. 1, fol. 14. — 11 est assez regrettable, pour le dire en passant, que la municipalité de Versailles, en changeant le nom de la rue de la Pompe en celui de rue Carnot, ait fait disparaître un souvenir historique intéressant, demeuré depuis Louis XIV.

2. Comptes de 1665, chapitre Plomberie. Le même Jolly reçoit Cl 000 livres de fournitures de plomb en

3. « Sa Majesté parut fort satisfaite. Elle eût monté au haut de la pyramide, n’eût été qu’elle est un peu indisposée de la jambe. » ( Mél. Colbert , vol. 134 bis, fol. 517, 650.)

4. Perrault, Mémoires , contes , etc., éd. P.-L. Jacob, Paris, 1842, p. 82.

5. Petit raconte à Colbert que le Roi, allant à l’Orangerie, voit le carré labouré pour faire une pépinière, dont les allées sont plantées d’arbres verts et de lauriers-roses. A la fin de sa promenade, le Roi revint à l’Orangerie et au Potager; puis, étant près de monter en carrosse, va voir les travaux de la Grotte. [Mél. Colbert , vol. 137, fol. 472.)

6. En regard du rapport cité dans la note précédente et qui est du 28 avril 1666, on peut mettre celui du 8 juin 1665 : « S. M. recommanda bien de tenir toujours plein d’eau le bassin du parterre à fleurs, pour en avoir son divertissement, quand il viendra ici... S. M. recommanda fort d'avoir promptement des ajustoirs différents de ceux que le sieur Jolly a ci-devant délivrés. J’ai demandé de faire faire des modèles en diligence et de me l'envoyer promptement, parce qu’il faut qu’on suive les humeurs. » ( Mél. Colbert , vol. 130, fol. 123.) Voici encore le récit d’une visite faite à l’improviste par le Roi, le lor mai 1667. Petit, étant à Paris, a été prévenu trop tard pour assister à cette visite : « On me donna hier avis à deux heures après-midi que le Roi serait à Versailles à trois heures. J’allai aussitôt à la Pompe [du Pont-Neuf], pour en avertir M. Jolly (lequel était allé diner avec M. Le Brun, aux Gobelins) pour l’amener avec moi. Je suis arrivé ici à six heures, et le sieur Jolly à neuf... Le Roi se promena partout à pied et parut fort content, à ce que j’ai appris. Quoique le sieur Jolly ne se trouvât pas, Sa Majesté eut le contentement des fontaines... » [Mél. Colbert , vol. 144, fol. 65.)

7. Mlle de Scudéry y décrit en 1668 un « Neptune dans son char tiré par six chevaux marins », qui fut sans doute un projet (voir p. 79 et la note) ; mais la description officielle de Félibien, qui est de la môme date, dit expressément : « Un dragon de bronze, percé d’une flèche, semble vomir le sang par la gueule, en poussant en l’air un bouillon d’eau qui retombe en pluie et couvre tout le bassin. » [Relation de la fête de 1668 , dans le recueil d’opuscules de 1696, p. 201.) Félibien parle aussi des amours et des dauphins du même bassin ; en 1674, il dit que « le tout est de bronze doré », ce qui se rapporte bien entendu à la couleur et non au métal, qui était le plomb. — Cette vaste décoration, due aux Marsy, avait disparu au dix-huitième siècle; elle a été reconstituée à la moderne, il y a peu d’années, sans aucune utilité appréciable.

8. Rapport à Colbert, du 18 septembre 1666 : « Monseigneur peut assurer le Roi que les jets d’eau autour du jet principal du bassin de l’Ovale seront achevés lundi pro¬

chain et que j’en ferai faire l’essai le même jour. Je crois qu’il serait bon d’avertir Sa Majesté qu’au lieu de quatre jets, il y en a six, qui feront un plus bel effet, à cause de ladite forme ovale et de la grandeur dudit bassin. » [Mél. Colbert , vol. 140, fol. 441.) Comptes de 1667, t. I, 203 : « AHouzeau, sculpteur, à-compte des termes de marbre qu’il fait pour poser autour du bassin en ovale et en divers lieux du jardin de Versailles. » — Il faut remarquer ici que les bassins sont encore dépourvus de motifs de sculpture; le premier acompte, aux frères Marsy, sur le groupe de Lalone, est de 1668; de même pour la grande commande du Char d’Apollon, faite à Tubi. (Comptes, t. 1,132, 133, 193.)

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