AVANT -PROPOS
Ceci n'est pas une œuvre scientifique, encore moins une œuvre poétique. Il ne faut y voir qu'un résumé de quelques lectures en Géologie, Paléontologie, Biologie et Anthropologie, auquel j'ai ajouté, comme complément, un tableau succinct de la marche de la civilisation dans les sociétés humaines.
Si tout cela a été écrit en vers, ce n'est pas, certes, que j'aie senti en moi « du ciel V influence secrète », comme disait Boileau : j'ai, au contraire, le sentiment profond de mon indignité et démon insuffisance; et c'est très sincèrement que je demande indulgence et pardon pour tant de vers lourds et prosaïques, péniblement tournés, tenant à peine sur leurs pieds, et pour mes rimes si souvent douteuses.
Mais, à ce compte, me dira-t-on, pour parler encore comme Boileau, « que nécriviez-vous en prose? »
L'observation est juste assurément : bien plus, je reconnais que j'aurais dû ne pas écrire du tout.
Si pourtant j'ai écrit, si, ce qui est plus grave, j'ai osé faire
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en quoique sorte un usage profane de la langue des dieux, c'est (iiie, |)eu familiarisé avec les termes scientifiques et les l'etniniil (litlirilcmeiil, j'ai pi-nsé »|ue TefVort même de la rédaelion serait un stimulant pour ma mémoire devenue paresseuse.
De pareils essais, mnémotechniques, pédagogiques, ne profitent guère en général qu'à leurs auteurs en tant qu'exercices : et celui-ci serait resté dans mes cartons, si quelqu'un, à qui je ne saurais rien refuser, ne m'en avait demandé une copie pour son fils.
Cette C()j)i(' une fiùs jiromise, j'avais à rendre l'œuvre aussi instructive que possible. C'est dans ce but que j'ai multiplié, accumulé, allongé, au bas des pages, les citations et les notes, ce dont je me serais dispensé certainement s'il ne s'était agi d'un jeune homme qui est encore sur les bancs du collège.
Tel quel, ce travail a été divisé en trois parties, et les parties sont subdivisées en chapitres. Chaque partie est précédée d'un tilre, et chaque chapitre d'un sommaire. Titres et sommaires pourront paraître ambitieux : mais c'eût été prendre mon lecteur en traître que de l'introduire, sans avis préalable, dans un milieu où il eût peut-être mieux aimé ne pas me suivre.
Ainsi, dans la première partie, il est question de la coïistitution physique de la terre, de la disposition des différents terrains disséminés à sa surface, des matériaux qui en forment la masse fondamentale, et des êtres, végétaux ou animaux, qui s'y sont conservés, et dont la dépouille sert à caractériser rhaciin d'eux. Or, ce sont là les matières sur lesquelles porte l'élude de la Géologie et de la Paléontologie : cette première partie a donc été intitulée : Géologie et Paléontologie.
De même, pour la deuxième partie, comme en premier lieu, api-ès un exposé très court de la Genèse biblique et des principaux systèmes cosmogoniques, il y est traité des phénomènes de la vie en général, des organes où ces phénomènes se produisent et des fonctions de ces organes : comme, en second lieu, là aussi sont éliidiésles caractères essentiels qui
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distinguent Thomme des antres animaux, et que, pour les retrouver et les déterminer avec exactitude, il a fallu les rechercher dans l'homme de Gro-Magnon et de la Madeleine, et dans ce qui nous reste des races primitives qui peuplaient déjà la terre au début de la période quaternaire : comme enfin, l' examen des phénomènes de la vie\ et Vétude du groupe humain dans son ensemble et dans ses rapports avec le reste de la faune - sont ce qui constitue, d'une part, la science biologique, et, d'autre part, la science anthropologique, nous avons cru pouvoir donner à cette partie le titre de Biologir et Anthropologie.
I^a troisième partie étant, ainsi qu'il a été dit plus haut, un aperçu rapide de l'histoire du développement et de la marche de la civilisation dans les sociétés humaines qui ont jeté le plus d'éclat depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, a reçu le titre de Sociologie.
Chemin faisant, j'ai rencontré certaines doctrines qui ne sont pas conformes à mes idées. Ces doctrines, je les ai combattues dans la mesure de ma faible compétence et dans les limites du plan restreint que je me suis tracé, avec toute la déférence, d'ailleurs, qui est due à des savants de bonne foi, dont les immenses travaux ont si puissamment contribué au progrès des sciences naturelles.
Élève de l'Université, que j'ai depuis servie dans les rangs les plus humbles, je suis resté pénétré de l'esprit de son enseignement si libéral, si français, si humain, si profondément spiritualiste : et je dois déclarer ici que ma conclusion n'est que l'écho, un écho bien affaibli, hélas! des leçons de mes maîtres, parmi lesquels je me plais à citer le nom de mon cher et vénéré professeur de philosophie, M. Louis LefranC,