‹ La création et l'humanité; poème en trois parties avec citations, notes et éclaircissements divers. Par J. ArbelotChapitre 57 sur 88 · Voyez, plus haut, la note 0 de ce chapitre vi · texte numérisé non relu

Voyez, plus haut, la note 0 de ce chapitre vi

10. « Les cellules nerveuses sont des corpuscules de forme assez iriéguliere, plus ou moins sphéro'idaux. Elles ont une paroi, un contenu, un noyau et un nucléole. Ce dernier, brillant et de couleur jaunâtre, est inclus dans un gros noyau transparent et sphérique, qui lui-même est entouré de foute part par une substance granuleuse et ^.olidc. D'ordinaire une membrane cellulaire assez épais.se recouvre le tout... Les fibres nerveuses se continuent directement avec les cellules. Ce sont en quelque sorte des lenlacules que cclle<- i iirojettent [)oui- ,-e relier aux autres organes...

f;h. LETolll.^EAc. />(o%(<?, pagcs o<>8 et ;jO;'.

Celle-ci" tout à coup, soit plaisir, soit douleur, Subit l'impulsion du principe moteur, S'ouvre, s"é]ianouit et garde à sa surface De la sensation la fugitive trace.

Ainsi parfois Ton voit, au-dessus de la mer, Les corps phosphorescents qui voltigent dans l'air. S'échauffer, s'éclairer sous leur trame légère Et du soleil fixer la mobile lumière.

Tel aussi le métal que le collodion Imprègne du mordant de sa vive action, A la clarté du jour qu'un voile épais ménage, Grave de ses reflets une fidèle image.

Et l'on conclut de là que l'acte conscient Dans la substance grise a son récipient : Et, comme sur ce fond jamais rien ne s'efTace, Le dernier arrivé du premier prend la place: Sous le tissu vibrant vivement repoussé, 11 recueille, il relient les échos du passé.

C'est là, c'est dans ce fait, si difficile à croire'-, Que se révélerait le don de la mémoire- Mais, avant tout, sur quoi portent les souvenirs? N'est-ce pas sur ce qui provoque les désirs ? On désire éviter le mal et la souffrance ; On désire du bien avoir la jouissance : Or, ces mille désirs, dont le mouvant tableau Va, vient et se reflète au miroir du cerveau, Sans être le produit d'impressions menteuses. Sont variés, divers. Formes capricieuses. Dans ce milieu sensible, impatient, actif.

11. « Tout d'iiboi-d l'.iclMiii irllcxc .'vt ,ilis..liiiii.'hl iiicoiiMinilc. Il y a ébranlement dos fibres affërentca, cxriUilion il.'-, rduilrs ,y\\ i .M^i^^nit mu- Ic^ lihii's l'fférentes (voii-plus hiiut la note 3). A un (lc;:i-r plus cIcnl', la rrllnir nrri-ni^r se sensibilise; elle a conscience de la vibration de ses molécules, elle éprou^e des sensations de tact, de goût, etc., plus ou moins variées et nombreuses, selon que l'organisme est plus ou moins perfectionne. En même temps, elle a des impressions de douleur et de plaisir. A ce stade l'être conscient est très inférieur encore : chaque sensation, chaque impression meurent aussitôt qu'elles sont nées ; nul enchaînement des phénomènes conscients, nul lien, nul rapport dans la vie psychique. Mais tout change dès que la cellule nerveuse garde \^ trace de l'acte rétioxe dont elle a été le centre. Elle s'en imprègne en quelque sorte.

12. « A partir de ce moment, les phénomènes conscients s'enchaînent l'un à l'autre; les derniers venus trouvent dans les centres nerveux l'éc/io de ceuxqui les ont précédés. Pour parler le langage des psychologues, on peut dire que les facultés naissent ; les traces des sensations et impressions passées deviennent des souvenirs : il y a là de In mémoire. » Ch. Letourneau, Biologie, page 450.

r.ini.O(ilK KT ANTIlUOPOLOr. [E 1«7

Ils s'iinissont siuivoiil m un i^i'oiiin' liclil''''.

Imagination'^, faculté créatri(;e, D'un jeu matériel le voilà donc complice ! Et toi que nous placions, mère de l'idéal, Hors des calculs mesquins de ce monde banal, Tu serais ramenée à ce rôle sans gloire De compléter des sens l'oinvre préparatoire !

En un mot, grands docteurs, la sensibilité. Le système nerveux ému, sollicité, Pour vous voilà l'agent de ces hauts pliénoinèncs Qui nous viennent, à nous, des régions sereines Et du milieu divin où la pure Raison Engendre les concepts et, par comparaison. Rapprochant, combinant les mots et les idées, En jugements précis donne un corps aux pensées !

Misérable doctriiK^ cl triste aveuglement ! Que dis-je? admiraleuis de cet arrangement. Vous disséquez, fouillez l'organe pièce à pièce ; Vous faites éclater la parfaite justesse Qui de cet instrument dirige les accords ; Mais votre enthousiasme et vos bruyants transports Ne sont que faux-fuyants... Votre science louche Ne veut pas voir Celui qui fait vibrer hi tmirhr.

Je n'insisterai pas : tout le monde cnniiircnd Ce que cette doctrine enseigne de navr;int. Point d'âme, ni de Dieu ! La matière vivante D'elle-mCMîie, h son jour, devient intelligente.

Nous n'avons au début que d'informes grumeaux : Du progrès pas k pas remontez les niveaux,

13. L'arte de la mémoire une luis a(r(]in|ili, roiiinn' il est dil plus haut, nute 12, les souvenirs se disjoignent, se grdiijieiit capririinisement, l'ormeiit des talileaux complexes, fietifs dans l'ensemble, quoique foi-uiés d'anciennes sensations et impressions; il y a He rimnfjination... Mais des impressions persistantes de douleur et de plaisir sont nés les désirs de ressentir les uns et de fuir les autres. L'impressionnabilité, la sensibilité, l'imagination se groupent autour de ces désirs, et sont plus ou moins vivement incitées par eux. Cette coordination des impressions, des sensations, des images en vue d'un but à atteindre, devient un raisonnement, et la faculté d'opérer cette coordination est ce que les psychologues appellent entendement, intelligence, raison; de même que le résultat conscient de toute confrontation, toute comparaison, entre elles, des impressions, des sensations, etc., est appelée idée, pen.si'e. Enlin tout désir iirécédé et accompagné d'un raisonnement, d'une évaluation relative du rnoliilr, do\ient une volilion, d'où la volonté des psychologncs.

<( Mais derrière tout ce labyrinthe de phénomènes psychiques, il y a siinplcnn nt des actes réflexes (voir la note 1 de ne chapitre), des sensations et des impressions transformées. Déplus, tout ce travail mental, dont l'excessive complication chez l'homme a si longtemps défié l'observation, résulte simplement des propriétés spéciales du tissu nerveux. " t'.li. I.huuhnuau, Hiolof/ie, [lagçs 4,")(l et -ItiO.

;» I. A l.lil- \TM'\ I-; 1 I. Il I M A ^ I II,

Et vous arriverez par couches successives

Du minéral inerte aux substances actives''.

Voici le végétal, et Tanimal le suit :

Tout être, quel qu'il soit, du hasard est !<• IVinl.

Et la ci'éation. dnns sa Ibrce énergique.

N'est (|iic l'cliel tViIni d'iiuc mlion cliimiqiii-.

n'iiii élii' sniininiaiii '" Loiile intervention Sur le monde et sur nous est une fiction, Dont les esprits bornés innocemment s'abuse ul. Mais combien d'esprits forts savamment s'en amusent Et, sous leur raillerie, immolant l'entité. Se font un dieu nouveau de la réalité! Or, la réalité pour eux. c'est la substance Que des faits positifs livrent à la science. Qu'on ne h'iir p;irlc pas des lois de la Raismi : L'IntelliiîPiici' ii;iil d'une combinaison''. Et, ({uel qui' sdil le corps où sa flamme s'éclaire. Son fover s'alimenle à la même mjilièn-.

\i. . (es! Mni.|ii.iiiriil (l;iii< le- |ii(jpriétés spéciiiles. diimico-pliysiques, du carbone, . et miiImiiI (|,ii]> Il seiiii lluidil/' il l'instabilité des composés carbonés albuminoïdes, - (|iril laut \uir lus i;ui?c.> riiéiaiii(|iK'S (Ips [)lipiiom('iii's (In mmiVL'nieut p:irti'.-ulicrs par '< lesquels les organismes et les inoi-g.iMisines se diiréreiicieiit. et que l'iiti appelle dans « un sens plus restreint In vin. »

IIiiKCKEL, Histoire de. la création niiliirr}U\ Paris. IS71.

1.1. Voyez la noie 2.) ilii chapitre i'^'' de celte deuxième parlic

lli. « Il y a bien peu d'années encore, tous les nafiiralislcs ou presque tous cro\a:ent " à la parfaite immutabilité des espèces organisées (M. de Quatrefages, dont 1 autorité (' n'est pas à dédaigner, y croit encore, voyez la note 10 du chapitre iv de cette deuxième " partie), et, comme chaque époque géologique a sa faune et sa flore spéciales, il fallait '• admettre avec Cuvicr, et l'on admettait en effet une série de créations successives. « de changements à vue organiques. Au premier coup de sifflet de Dieu, irrévéroii- " cieusomcnl comparé k un machiniste d'opéra, un implacable cataclysme anéantissait u tout le monde vi\anl, et inie l'iiiino nou\çlle surgissait à la vie, » etc.

Ch. Letouhne.mi, Biologie, page 'ôti.

Voici conmicnt M. ilc Ouatrel'ages lépond sérieusement et scientifiquement à celte farjon légère de traiter une matière si grave : « ... Jusqu'ici nous n'avons eu sous les yeux que des espèces toutes faites. Nous ne pouvons donc rien connaître encore relativement à leur mode de production. Mais nous savons que la cause inconnue qui a donné naissance aux espèces éteintes et vivantes s'est manifestée à diverses reprises et par intermittences à la surface du globe. Rien ne permet de supposer qu'elle soit épuisée... il n'est pas impossible qu'elle ne soit à l'œuvre sur quelque point de notre terre, même à cette époque de calme relativement profond. S'il en est ainsi, peutêtre quelque hasard heureux viendra jeter un peu de jour sur le grand mystère des origines organiques. Mais jusqu'au moment où l'expérience et l'observation nous auront appris quelque chose, quiconque voudra rester fidèle à la science sérieuse acceptera l'existence et la succession des espèces comme un fait primordial. » Di niArRi.:FA.,rs. De f F.spi'rr himiainr. JiagC T'i. 17. Vovcz le- ii.ilcv |:i ,;l 11 ,1,. ,-.■ iiicrne chiipilrc.

Dans un lorpri moins puil'ail son éi;lal indistincl Ne va pas au del;\ dos l'oiinos de l'inslincl. Mais viennent les progrès que, par le Iransforinisine, Accomplit tôt ou lard tout vivant organisme: L'instrument, remonté par des ressorts nouveaux, Produira des effets plus dislinels et plus beaux '*"■.

(Ibacun aui'a le Irait qui le caraeliM ise. Burtbn''' en a laissé rattachante anai\s(! : Et qui sut jnieux que lui peindre île l'animal La nature et les nueurs ?.. Du lion, du cheval, Du fliicn iM du .■asl(»r. du >ini.'c cl de laid d'auliv'S. (Jui miiiix a runqiaré les qu.dilés aux mUros?

Le premier a la l'urce avec la majesté-'" : Le second a Télairel la docijili'-'.

I"*. '• l'Iiis los ri>i-(loii> iii'i'X('ii\ péri|ilirii(|iio> soroiit \ nliimiMciiK. plus les nov.iux (les • conciles oi)ti.[iios seront iJr\(;lo|ipé>. plus ;ilorslo courant des sonsatious et des improssions sera fort, et plus les centres iierceptcurs corticaux, les éléments nerveux qui ont conscience des sensations, «pii les pèsent, les comparent, les enregistrent, seront l'ortement ébranlés; plus par conséquent leur travail pondérateur sera difficile. Si en même temps ces coui'lies corticales ont peu de surface et de profondeur, on d'autres ternies, si les liémisplières cérébraux sont peu développés, l'animal ou l'homme sera -urtoiit instinctif : il obéira sur-lo-cliainp et aveuolément à l'impression actuelle. Si, au contraire, les centres peiceptcurs dominent, alors l'être sera intelligent, réfléchi, maître de lui-même. C'est en vertu de celte loi que 1 ■- \crtébrés inféiieurs, chez qui lis vésicules nerveuses intracràniennes, olfactives, optiques, etc., sont aussi voluiniiuu-:es que lis vésicules ( érélirales. ont une intelligence rudimentaire. »

l>li. I.FTOUHNEAL-, Diûlogip. pagcs 4G7 et 'iiiS. l"i. lUilfon ifieorges-I.ouis l.eclerc. comte de), l'un des plus célèbres naturalistes et des plus grands écrivains du xvni' siècle, naquit à .Montbard en iJourgogno, le 7 septembre 1707. Il mourut à Paris, le IG a\ril I78S, à l'âge de 81 ans. Membre de l'Académie des sciences dés 1733 et intendant du .lardin du roi, il publia, depuis I7i3 jusqu'en 1707, les quinze premiers volumes de son JJisloirc naturelle. Los neuf volumes suivants parurent de 1770 à 1783... Des sept volumes, dont le dernier n'a paru qu'à sa mort en 1789, le (ùnquième est un ouvrage à part, le |)lus remarquable de tous ceux de lîuffon : ce .sont les Époques de la Xature, où il présente, dans un style vraiment sublime et avec une force de talent faite pour subjuguer, une deuxième rédaction de sa théorie de la Terre. Ce grand travail, dont Buffon s'occupa sans relâche pendant cinquante ans, ne forme cependant qu'une partie du plan immense (pi'il s'était trace. (Voir la Jiiof/rup/iie unirerselle, Notice sur lUilfon.)

JO. I. 1,'extérieur du lion no dément iioint ses grandes qualités intérieures : il a la

ligure imposante, le regard assuré, la démarche fière, la voix terrible... sa taille csl

I. si bien prise et si bien proportionn 'e que le corps du lion paraît être le modèle de

« la force jointe à l'agilité : aussi solide que nerveux, n'étant chargé ni de chair ni de

n graisse, et tie contenant rien de surabondant, il est tout nerfs et muscles. »

liL'tFo.v, Histoire naturelle.

1\. - l.a plus noble eonquèlc que riinniine ait jamais faite est celle île ce fier et liiUgueu\ animal, qui partage a\cc lui les fatigues de la guerre et la gloire des comluts : aus-i intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'alTronte ; il se fiit

Le chien, bon, dévoué, toujours soumis, fidèle, Meurt niôiue, s'il le faut, pour témoigner son zèle^^: Le castor prévoyant, sous ses constructions, Sait se mettre à l'abri des inondations^^.

Quant au singe-'*, laïeul que Darwin nous fabrique. Il n'a raltachemeat ni Finstiiict domestique.

« au bruit des armes, il l'aime, il le cherche et s'anime de la même ardeur ; il partage « aussi ses plaisirs : à la chasse, au tournoi, à la course, il brille, il étincelle ; mais « docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu, il sait réprimer i< ses mouvements ; non seulement il fléchit sous la maiu de celui qui le guide, mais il « semble consulter ses désirs, et obéissant toujours aux impressions qu'il en reçoit, il « se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit que pour y satisfaire : c'est une créature Cl qui renonce à son être pour n'exister que par la volonté d'un autre, qui sait même la « prévenir ; qui, par la promptitude et la précision de ses mouvements, l'exprime et « l'exécute ; qui sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut ; qui, se (( livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède et même « meurt pour mieux obéir. » Buffon, Histoire naturelle.

22. (1 Est-il rien de comparable à l'attachement du chien pour la personne de son « maître? On en a vu mourir sur le tombeau qui la renfermait ; mais, sans vouloir Il ciler les prodiges ni les héros d'aucun genre, quelle fidélité à accompagner, quelle <i constance à suivre, quelle attention à défendre son maître! quel empressement à i< rechercher ses caresses ! quelle docilité à lui obéir ! quelle patience à souflrir sa c< mauvaise humeur et des châtiments souvent injustes! quelle douceur et quelle humi- « lité pour tâcher de rentrer en grâce ! que de mouvements, que d'inquiétudes, que de Il chagrin, s'il est absent! que de joie, lorsqu'il le retrouve! »

Buffon, Du sentiment chez les animaux.

23. (I Les castors sont peut être le seul exemple qui subsiste encore comme un ancien Cl monument de cette intelligence des brutes, qui, quoique infiniment inférieure par son ce principe à celle de l'homme, suppose cependant des projets communs et des vues relacc ti\es; projets qui, ayant pour base la société, et pour objet une digue à construire, ce une bourgade à élever, une espèce de république à fonder, supposent aussi une macc nière quelconque de s'entendre et d'agir de concert... Ils emploient les mois de (c juillet et d'août à construire leurs digues et leurs cabanes; ils font leurs provisions Cl d'écorce et de bois dans le mois de septembre ; ensuite ils jouissent de leurs travaux

Cl ils goiàtent les douceurs domestiques : c'est le temps du repos. »

Buffon, Histoire naturelle.

24. (1 Le singe, quelque ressemblant qu'il soit à l'homme..., bien loin d'être le second Il dans notre espèce, n'est pas le premier dans l'ordre des animaux, puisqu'il n'est pas ïe ce plus intelligent... Toutes ses habitudes sont excessives et ressemblent beaucoup plus Cl aux mouvements d'un maniaque qu'aux actions d'un homme et même d'un animal trancc quille... On le dompte plutôt qu'on ne le prive : aussi l'espèce n'a jamais été domestiquée Il nulle part ; et, par ce rapport, il est encore plus éloigné de l'homme que la plupart des « animaux... Il en diffère aussi beaucoup par le tempérament : l'homme peut habiter ce tous les climats; il vit, il multiplie dans ceux du Nord et dans ceux du Midi :1e singe « a de la peine à vivre dans les contrées tempérées, et ne peut se multiplier que dans les Il pays les plus chauds...

ce 11 nous ressemble, a-t-oii dit, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur; il doit donc non Cl seulement nous imiter, mais faire encore de lui-même tout ce que nous faisons... Il Cl faut, avant de décider, examiner si cette imitation est libre ou forcée; le singe nous u imite-t-il parce qu'il le veut, ou bien parce que, sans le vouloir, il le peut?... Il n'y a

BiOLnriiE HT AXTurxOPoi.odii-: loi

Il peut nous imiter : oui sans doute, il le peut ;

Mais on se tromperait en disant qu'il le veut.

Il a nos l)ras, nos mains, triste similitude !

Nos mouvements aussi, presque notre attitude :

Et tout en lui pourtant est bestialité.

Il se meut en dehors de toute liberté :

Machine inconsciente, il procède sans suile ;

Sous son masque trompeur rien d"humain ne s'agite.

Il est des animaux où de bons traitements

Ont pu développer de tendres sentiments.

Le félien parfois, par un capi'ice étrange,

Sous notre volonté s'apprivoise et se range.

Lui, toujours répugnant, toujours revêche et bas,

Est dompté par la peur, mais ne se prive pas.

Sa constitution maladive, fébrile.

Rend son tempérament délicat et débile.

Il ne résiste pas aux climats tempérés :

Il lui faut du soleil les feux immodérés,

En sorte que ses mœurs, son instinct, tout en somme,

.lusqu'au tempérament, le sépare de l'homme.

rien de libre, de volontaire dans cette imitation ; le singe, ayant des bras et des mains, s"cn sert comme nous : la similitude des membres et des organes produit nécessairement des mouvements, quelquefois même des suites d.' mouvements qui ressemblent aux nôtres ; étant conformé comme l'homme, le singe ne peut se mouvoir que comme lui: mais se mouvoir de même n'est pas agir pour imiter... parité de mouvements n'est pas l'imitation ; l'une git dans la matière, et l'autre n'existe que par l'esprit : l'imitation suiipriso le dessein d'imiter : le singe est incapable de former ce dessein, qui demande une suite de pensées, et, par cette raison, l'homme peut, s'il le veut, imiter le singe, et le singe ne peut pas même vouloir imiter l'homme. »

BcFFON, Histoire naturelle.

i;eaïii)\ 1.

(:ilAPlTi{E Ml

L'Iiûiniiie. — Supi-iitiiilc de î^uu organisiiJe. — CaracLères pLysiquf qui le (liïliiiifiieiit de? autieà animaux. — La voix »-t le langage.

L'iiujiiiiie iiaiL' oL je vois I iiurizon s'agi-andii' ; Je vois des temps nouveaux l'aurore resplendir: Car en lui seulement est le type de l'être Où notre dignité reconnaisse un ancêtre.

On ne peut le nier : tout son extérieur Révèle un être h part, d'ordre supérieur. Quelle distinction! quelle noble prestance! Il est droil, élevé, sans effort il s'avance; Il suit di^s mouvements réfléchis, mesurés: li porte vers le ciel des regards assurés. Son maintien, sa tenue et sa taille élancée Communiquent la grâce à sa démarche aisée. Ses bras, indépendants, se rejoignent entre eux, Et ses doigts et ses mains, par leur tact merveilleux. Rapprochant ce qui plaît, écartant ce qui blesse. Prêtent aux autres sens l'aide de leur souplesse.

Bien d'autres animaux ont des doigts et des maiii^ Mais l'organe offre-t-il, en dehors des humains, Des moyens, des ressorts, dont le jeu prompt, facile. Pour l'exécution se montre aussi docile?

1. " Tout iii;ui|iii' (hiiiS riiDiiiiiic, iiii'inc à rc\léiicHir. >a siipérioritù >iu' tous h^s elles vivants; il so soutient droit (>t élevé, son attitude est relie du conimandoment, sa tète regardo le ciel et présente une face auguste sur ]af]uelle est imprimé le carartère de sa dig-nité; l'image do l'àrae y est peinte par la physionomie, l'excellence de sa nature perce à travers les organes matériels et anime d'un feu divin les traits de son yisage: son port majestueux, sa démarche ferme et hardie annoncent sa noblesse et son rang, il ne touche à la terfe que par ses extrémités les plus éloignées: il ne la voit que de loin et semble la dédaigner; les bras ne lui sont pas donnés pour servir de piliers d'appui à la nias.se de son corps ; sa main ne doit pas fouler la terre et perdre par des frottements réitérés la finesse du toucher dont elle est le principal organe; le bras et la main sont faits pour servir à des usages plus nobles, pour exécuter les ordres de la volonté, pour saisir les choses éloignées, pour écarter les obstacles, pour prévenir les rencontres et le choc de ce qui pourrait nuire, pour embrasser et retenir ce (|ui j.ent plaire, pour le mettre à portée des autres sens. >'

BuFFON, L'Homme.

BKii.ix.ii-: i; 1 AN riiKoi'OLUGii-: ma

1,'liuiiiiiM' seul ii";t-l-il |i;is, |»rivilège réel2,

Diiii |HMi(i' ailiciilc Tiisayc csseiiUel?

El la main, sans le |miii(i'. insliiinicril iin'Iieiisih^,

N'esl iiirune sim|ilc |piiicc, à loulc œuvre iiiliahilc

Aflirmu qui voudra (pi'il se trouve à la iiiaiu

Des types diirérents du groupe simien :

Chez eux, moi, je ne vois ([u'un iiilormc a[ipendicu

Du tarse dévié, sans tlc\inii • (|iii (miIsm'

Permettre que desdoiiiis il aillr a vulunlt'

Provoquer par le ixtid la scnsiliililé.

Le squelftlf du pied rTa pas moins d"iinportance '* : On iM'ul, en Idliservanl, mesurer- la distance De la jjrillV a I'oiIimI, en noter uu i)esoin Le jeu, la l'onction, tout ce (^ui, vu de loin. Se confond aisément, mais qui, par l'analyse Eclairci, démontré, nettement se précise. Or le pied chez le singe est or,i:ane i.'iimpeur ^, Tandis qu'il a chez nous ce ipi'il l.iiil au marcheur.

Eh hien! ces pieds, ces mains, ces liras, cette stature, Ce visage expressif où riiuuiaine naluie

2. <( Dans le système de Cuvier, l'homme forme à lui seul un ordre distinct, relui « des Bimanes; et, d'après Cuvier, ce qui constitue la main, c'est la faculté d'opposé»- « le pouce avec d'autres doigts jiour saisir les plus petites choses...

H L'homme est le seul animal vraiment bimane, tandis que les espèces de singes « supérieurs qu'on a prétendu raiiprocher de lui, sont des quadrumanes imparfaits.

« La main antérieure dos quadrumanes se distingue de la main humaine par ki « longueur et la courbure de la région palmaire, par un pouce moins avancé et rela- K tivement l'ourl, par la dépendance des doigts dans leurs mouvements; aussi cette « main esl-elic limitée à des actes de préhension qui n'exigent que des mouvements « d'ensemble... La main de Thomme est plus large à la paume; elle a le pouce plu» « long, mieux opposable : tous nos doigts sont indépendants et peuvent exécuter des • mouvements séparés. » Dli-inkv uk Vorepiehbe, Dict. encycl., passim.

3. M. Alix n'hésite pas à déclaiiT que le pli du pnuce manque ckez le sinye, et que, l>our les autres doigts, les trois, ([ui sont chez l'homme si distincts, se réduisent à deux.

4. « Le pied de l'homme est laigc ; la jambe porte verticalement sur lui; le talon " est renfle en dessous : se? doigts sont coiuts et ne peuvent presque pas se ployer; le " pouce, plus long et plus gros que les autres, est placé sur la même ligne et ne leur « est point opposable : ce pied est donc admirablement propre à porter le corps: mais « il ne peut servir à saisir ni à grimper.

« Chez les singes supérieurs, l'orang, par exemple, l'extrémité- des membres infé- « rieurs est une main imparfaite : elle porte sur le sol par sa tranche externe, et iik; V fournit pas une base de sustentation suffisante, de sorte que l'animal, dans la station '. normale, est obligé de se soutenir l'i l'aiile des membres antérieurs. »

DuriNEV DE VOBEPIEHBE, Dict. enCJ/cl.

.'). « Dans la théorie de Darwin, une fois l'oi-ganisme modifié dans un sens déterminé, <t il pourra subir des transformations se(-ondaires, tertiaires, etc. ; mais il n'en conservera pas « moins àjamais Tempreinte du type originel. C'est la loi de caractérisution permanente,

traits rclaluii

ts n'-vt^'le sa i;raii(leur,

;. ciiliii, (■!• !■()

l'ps CM tdut sii|i('>i'ii'ur,

|iin|Mii lidiis 1

•[ li'< i-diduiirs iiiiii|iii"-

il ivali^cr les

(•ijiii'('|)Ls l'sllii'linucs,

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JW I.A CKKATION 1-T 1/ 11 II M A N I T E

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Mien di' rcia, non, rien n'ég-ale l'avantage

(Jiie sur Its animaux nous donne le langage*'.

Les avis sont divers sur cette question''; Mais il n'en est pas un dont la discussion N'arrive à conlirmer la prépotence humaine.

De l'organisme ici la ressemblance est vaine; Sans doute l'animal de sa puissante voix« Peut faire retentir les profondeurs des bois ; L'oiseau, ce fils de l'air, caché sous le feuillage, Émeut souvent nos cœurs par son tendre ramage; L'un crie, un autre siffle, un autre a des accents Qui sont comme le bruit de longs chuchotements : Et ces chants, el ces cris, disons-le, ce langage

« en verta de laquelle tous les descendants des mollusques ont été des mollusques, tous « les descendants du pi-eraier vertébré out été des vertébrés... Or l'homme et les singes « en général présentent, au point de vue ilu ti/pe. un contraste très accusé. Les organes « qui les con<-tituent se répondent presque rigoureusement terme à terme. Mais ces « organes sont disposés d'après un plan fort différent. Chez l'homme, ils sont coordonnés « de telle sorte qu'il est nécessairement luarcheur ; chez les singes, d'une façon telle u qu'ils sont non moins impérieusement yriinpeurs... La conséquence de ces faits, au « point de vue de l'application logique de la loi de caractérisation permanente, est que « l'homme ne peut descendre d'un ancêtre déjà caractérisé comme singe, pas plus d'un « catarrhinien à queue que d'un calairhinien sans queue... Un animal ;«arcAeM/' ne peut <i descendre d'un animal grimpeur.

De ()u.4iREi-A(iEB, De l'Espèce humaine, liv. II, chap. xi, passim. li. •. /.('.s iiiiiiiiiiii.r mit la voix, l'homme seul a la parole. Cette vérité, proclamée " |):ir Ari t.ilc, ot uiiiver.sellement acceptée de nos jours. Tout le monde reconnaît que (. le langage c^t un îles plus liauls attributs de l'espèr-j humaine. »

De Qu.\ïrei-a(;es, De l'Espèce humaine, p. .iiU.

7. Les a\issoMt (Iinlis. ihim |i,(^ .m sujet de la supériorité du langage humain, mais au sujet de l'oi'igine du langagi'. I/Iiuiiimic a l-il iiiM'uti- li' laiijrage, ou Diru W lui a-t-il ré\élé'? Voilà où est la coiitn)\ ri>c

Nous n'a\ons pas à discuter i.-i ..II.' -i.ur ,|u.-li..ii. A ({ui \ hait l'elmli.-! pliilo-

sophiqueiiii'ut a\c,- Imit le sniii qii ,ll,. inrnlr, m, m- ,nii«,.iMeriiins de lire, dans les FnKjiiii'iits /i/iihi\ii/i/iii/iir\ ili- Ci.M-iii. le cliMiiiln- //// liiiK/iif/e; lire aussi, dans les Aoucraux .\/,l„,nirs .Ir ,l,,iit1iu\ . !,■ MM.ir.-au n.liliil.- F.,,/, ri '/>,;,sées sur les sii/m-s.

8. <. L'humme s.iil ;, la /„,,;. le, c'est-à-dire la rm.r „ rhruirr. Mai. d.Mix i-la^-r. d'a-

u nimaux ont la \r.l\. Il n'v a là encore chez wm^ (|u'nii |"Trc.liiiiiiii' ni iniiinri-r,

(I mais rien de railicalrin.iit imuM'au. Dans 1rs ili-ii\ ca». Ir~ siai- iundiiil- pai- I air

., dinsrnt drs ,,ii|.ivs.i..„.. ,|rs |,rnMV. pcrs, ,1111. ■Iles. ,-oiii|.ns,s |ui 1rs iiMliiiilus do

>, méi -pcrc. rt piilois par ,|.- rliaiiL'.'!--

Dk Oiiathei ai.es, De l'Espèce hiiniame, page !:>. '

l!l(ll.O(,l K KT A NTlIKOl'OlJKil I-; 19:!

D'un (ir-aiir vocal atlcstciil liicii liisa,!.'.'.

Mais le Irait dumiiianl de leur cxprussinn

.N<' va pas au delà d'une exclamalion'*,

Kl ririi n'indique en eux, si beau que soil leur rôle,

l.ailindatioii'". -lui lixe la [.ai'ole.

Varie à linliiii les miik, el les Iradiiil,

l'ai dis euiidunaisons ddid la lau.-ue esl le i'i'uil.

L'aiiiiiial a la voix eoufornie à son espèce; Son lar}iix esl doué de l'oi'ee ou de souplesse; Mais le son n'en saurait suliir de elian^^emeid. Il fut, sera toujours ee qu'il e<l luaiiileiiaid . En dépit du milieu, lideir à llialuliide, Sa nature inmiiial.!.- e>l ivl.rllr a l'/'iiide. Le lion sé(piestré eesse-l-il de ru.uii', Le chat de miauler, et le Ijo'uf de inugii? Aupiès de la jument qui lui tient lieu de mère, Loin des ânes, l'ànon désapprcnd-il à braire ? Tandis que nous voyons l'enfant Tasmanien, Le Nègre du Soudan, le Polynésien, Oubliant leurs parents, aisément, avec l'âge. De leurs nouveaux voisins adopter le langage n.

Par là, de plus en plus, qu'il soit noir, jaune ou blanc, L'homme utfranchi s'isole et se place à son rang.

9. <• Il fst M-ai niiu le langage des animaux est tics |iliis ludiini'nlaires. . . On pourrait dire qu'il se compose presque uniquement lïintcrjixl'mna. Ti'l ipi'il est pourtant, re langage suffit aux besoins des mammifères el des oiseaux, qui le comprennent fort bien. L'bomme lui-même l'apprend sans trop de peine. »

De Quathefages, De l'Espèce humaine, page 15. lu. u La l'oLc uiiiiiude est un caractère foniameiital. tenant évidemment à la nature de l'ètri', susceptible de légères modilications, mais ne pouvant disparaître et se transmettant intégralement : c'est un caractère d'espèce.

« La laiifjue humaine n'est rien de pareil. Elle est essentiellement variable et se modifie de génération en génération; elle se transforme, elle emprunte et elle perd; elle est remplacée par une autre: elle est manifestement sous la dépendance de l'intelligence et du milieu. On ne peut donc voir en elle qu'un caractère secondai ix-, un caractère de race.

« Au point de vue linguistique, l'attribut spccifique de l'bomme n'e.st pas la langinspéciale qu'il emploie, c'est la faculté d' articulai ion, la parole qui lui a permis de creiM- un premier langage et de le varier à l'infini, grâce à son intelligence et à sa volonté plus ou moiiis impressionnées par une foule de circonstances. »

De Quatrkk.vgks, De l'Espèce humaine, pages 324 et :!-2;i.

il. Voyez, plus baut, la note 10 de ce même chapitre.

Ajoutons ici cette remarque que nous empruntons aussi à M. de Quatiefages Jamais une espèce animale n'a échangé sa voix contre celle d'une espèce voisine L'ànon ailaitj par une jument et isolé au milieu des chevaux ne dé'appienil pas . braire, pour apprendre à hennir... Au contraire, chacun s.iit cpie le Itlane le plu pur, placé dès son bas âge .111 milieu des Chinois el des Au-lraliens. w pnleia qu leur langtge et que la reiiproque est également vraie. »

19,i LA i.liK Al ION ilT L'HUMANITÉ

Entre les animaux il Iraiiciic en son espèce '^ : Partout il est lui-inênie; il est un; il progresse Avec variété'^, suivant les acciileuls Du sol et du climat; et les événements, Heureux ou malheureux, où nous suivons sa trace, Font foi des qualités propres à chaque race*'\

12. « L'cspi-ci- est Lensenible des iiidiviilus plus ou moins semliliihlis entre eii\ <nii <( peuvent être regardés comme deseendus d'une p^dn- pi iiniti\e uni(|ue, pur une siie- ;< cession ininterrompue et naturelle des familles. >'

13. i( Voici comment peut s'expliquer la formation des variiités dans l'espèce : « Lorsqu'un trait individuel s'exagère et franchit une limite d'ailleurs assez mal déter- « minée, il constitue un caractère exceptionnel distinguant nettement de tous ses plus <i proches voisins l'individu qui le présente. Cet individu constitue une variété.

.1 Le même nom est dû à l'ensemble des individus qui, chez les végétaux, se repro- « duisent par greffe, bouture, marcotte, etc.

<i 11 est facile de comprendre combien peuvent être nombreuses les variétés d'une (I seule espèce. »

14. <• Lorsque les caractères propres à une variété deviennent //«•eJi'/fnVes, c'est-à-dire <i lorsqu'ils se transmettent de génération en génération aux descendants du premier « individu modifié, il se forme une race.

« La race sera donc rcnsemi)le des individus semblables appartenant à une même « espèce, ayant reçu et transmettant, par voie de génération sexuelle, les caractères « d'une variété prifnitioe. Ainsi l'espèce est le point de départ : au milieu des individus « qui la composent, apparaît la variété; quand les caractères de cette variété devien- « nent héréditaires, il se forme une race.

» En d'autres termes, l'espèce est l'iniitc cl l.s i iices sont les fractions de cette « unité. — Ou bien encore, l'espèce est le lionc il'un aibre, dont les races des di\ers « degrés représentent les maîtresses branches, Ivs rameaux, les ramuscules. »

Les extraits qui précèdent ont été tirés de l'ouvrage de M. de Quatrefages.Z'f /'A'*-' pèce humaine, livre l'^'', chap. ni, iv, v et suivants. Il faut lire avec soin tout ce livre premier ; on y verra que, si l'éminent auteur accepte la variabilité de Tespèce, il ne veut pas qu'on confonde cette variabilité avec la transmutabilité de Lamarck, de (jeoffroy, de Darwin. Pour ces derniers, la variation n'est, à vrai dire, qu'une phase de quelque chose de bien différent, la transformation, de laquelle il pourrait résulier que des types spécifiques fussent remplacés par des types nouveaux. M. de Uuatrefages discute cette doctrine et, après avoir exposé la nature véritable des variations dans les races végétales et animales avec application à l'homme, il arrive à la conclusion suivante :

« En toiU et partout le croisement entre groupes humains montre les phénomènes « du métissage et jamais ceux de l'hylnidation. lliinc, i es i;roiipc.- humains, quelque « différents qu'ils puissent être ou parallic, ni' sont cpie tr^ rnirs d'une seule et inèine .. espère, et non des espèces distinctes.

« Donc, il ii'ecist/ qu'ime seule espèce hii„i(une. „

|;T WTIIUOPOF

nni'iTiJK vin

Sociabilité. — i.cs s...i,.t,.> piimilivrs. — li.iccs <lr Caustadt, dp Nr-aiidortlial. do Knrfnnz, do Gronollr Caractères intciloctiiclis. inoi'aux cl rclifjicux. — Lt

La langue osl le lien de l,i sncirlc, Et l'homme est sixial». A sa si'-ciuilr Il faut le irrand concours, ijui jamais ne le laisse Sans un appui certain, quand il tombe en détresse. Seul, il ne vivrait pas; seul, il n'eût pas vccu. Si, malgré sa faiblesse, il demeure invaincu. C'est qu'au nord, c'est qu'au sud, entre les doux lr()pi(iuos. Familles et tribus, guerrières, pacifiques. En corps de nation, avec leurs mœurs, leurs lois, Pour la vie en commun se groupent à la fois. Non, non, ne croyons pas à l'homme solitaire : A cette fiction la science est contraire. Le présent est ici l'imagre du passé : Le terrain quaternaire en tous lieux défoncé. Sous les marais bourbeux, dans les cavernes sombres. Au milieu des déblais, parmi tant de décombres Et d'ossements divers, fracassés, confondus, Laisse voir des trésors naguère encore perdus.

Du fond du Cro-Magnon et de la Madeleine - Surgit dans sa beauté la face crânienne,

1. « L'Homme est un éti-e essentiellement sofial. — Si f/uetf/u'un montnit nu ciel « sELL et entpniinit skiii, l'hnrmonie des moivlex, il ne jouirait pas de ces nieri^eillcs, a « dit un sa]?e d(! la (jrère. Aussi tnmvons-nous partout l'espèce humaine réunie eu soie riétés plus ou moins nomlireuses. ■»

I)k OtiATni-FAiiEs, De l'Espèce liumnine, p. 329.

2. Le Cro-Mapiioii et la Madeleine sont deux des plus importantes stations humaines qu'aient fouillées les a\itlii-opologistes. Elles sont toutes deux situées dans la vallée de la Vézcre, à quelques kilomètres au-dessus du village des Eyzies (département de la Dordogne).

M. Edouard Lartet et son ami M. I^hristy eurent l'honneur de faire les |irerriiiis une exploration sérieuse et soientifique de res grottes et de toutes celles que l'on ii ncontrii en remontant le cours de la rivière à partir du village des Eyzies : telles que l.i caverne des Eyzies, celle de la Gorge d'Enfer, l'abri de Laugeric-Basso, celui do F/iiigerie-Haute. voisin de ceux du Cro-Magnon et de la Madeleine, l'abri du Moustier et la caveruH du même il. m. I.i saga"ité prudente, dit M. il.- O.ialreniKes. ;M>p'irlée

in<; I,A Clil'ATION ET I/IIIIMANITE

Type de nos aïeux, ;ï nous-mêmes transmis.

Depuis combien de temps, dans la mort endormis,

Gisaient là ces f^rands corps, ces formes insolites

Par où se distinguaient nos pères troglodytes 3?

Qui le sait?... Mais j'ai vu leurs restes mutilés,

J'ai sondé ces tombeaux où sont amoncelés

Les crânes des aurochs avec les bois du renne.

Et les dents du mammouth '•, dont rindu>frie Inunnino

Kit des armes d'abord, el puis maint inslniincnl.

Les uns d'utilité, les autres d'ornement,

Qui ne mantjuent de f2;oût, de talent ni d'adresse.

Un art est révélé qui n'est pas sans promesse. Nous avons signalé les silex de Thenay^... Mais quoi ! d'une industrie est-ce bien là l'essai ? Ce tranchant imparfait, cette pointe grossière. Indiqueraient plutôt l'action régulière Des eaux, d'un frottement aux angles du rognon. En tout cas, qu'ils sont loin de ceux de Cro-Magnon'"'!

Auprès du grand vieillard'' les cendres tumulaires Cachent mille débris des Ages (juaternaires.

i( par M. Lartet dans rinterpi-étation de ses belles dérouveitrs. a valu à cet arilhroiio « logiste, aussi modeste que savant, le titre glorieux de Foirlnlriir tir In palrotHolni/ir <c humaine. »

3. Troglodyte, habitant des cavernes (xjwY>.o'ÎJ-y,.:, de Tf,.>Y"/.ïi, eaverne, et ^6;iv, entrer.).

4. Dans toutes les grottes ou abris de la vallée de la Vézère, on trouve des tassements d'os mêlés, brisés, souvent brûlés. Parmi ros os, on distingue ceux du mammouth, de l'aurochs ou bison d'Europe, de l'hyène, du rhien-loup, du renne, du cheval, du cermis Cnnadetisis, du bœuf ]iriniitif... (In .a même lii)u\é. sous l'abri du Moustier, des os de lion, d'ours, etc.

5. Voyez les notes 3Z et 34 du chapitre iv de cette deuxième partie.

6. La faille de ces silex de Thenay est tellement rudimentaire que le savant anthropolopiste M. Mortillet, renonçant à l'attribuer à l'industrie humaine, la rapporte au singe dryopithécus, le prétendu précurseur de l'homme. Quant aux armes, outils en silex, arcs, lances, épieux et débris de toutes sortes que l'on a rencontrés auprès du vieillard de Cro-Magnon, ils témoignent d'un progrès très sensible, d'une industrie déjà très perfectionnée. C'est ce qui apparaîtra dans la suite de notre exposition.

7. En 1858, des ouvriers retirèrent de l'abri sous'roche de Cro-Magnon les ossements de trois hommes, d'une femme et d'un enfant. Parmi ces ossements, les pièces les plus remarquables sont : un crâne de vieillard parfaitement conservé et un crâne de femme qui, quoique fendu et incomplet, fournit néanmoins des termes de comparaison suffisants entre les deux sexes.

l,e crâne du vieillard, « remarquable par ses belles proportions, l'est encore par sa " capacité. Selon M. Broca, il jauge au moins liiOO centimètres cubes, nombre très Il supérieur à celui de la moyenne chez les Parisiens modernes... .\insi, chez ce saun vagc des temps quaternaires, qui a lutté contre le mammouth avec ses armes de Il pierre, nous trouvons réunis tous les caractères crâniologiques généralement regardés (I comme les signes d'un grand iléviOoppcnient intellerluel. »

Ih UrsniriM.i-.. Dr l'Espèce hiimainr. p. 2.'i.3.

BlOI.OdlE ET ANTlIROr-OLOOIE 100

D'une femme voici le crâne... l']sl-il lirisé? — Non, fendu seulement, ou plutôt traversé P.ii' un trani'liant si Un qu'autour de la blessure On ni' peut (l»''Couvrir esquille ni cassure : Toiip teriilile, impli(juant un clFort furieux. Mais qui ne penserait à l'homme industrieux Oui' cc^. tpinps ri'culi's virent, d'inie main sûre, Aflili'i' II' sili'x. el sur la pi.MTi' dure Ol.li'iiii' lin li-anrlianl are pniiil acéré Oue l'os s'nuvi'i' en esquarre cl n'est pas déciiiré?

Dans l'attaque faul-il voir audace ou surprise? I.a volonté du moins n'était pas indécise. Ouelle force! ajoutons : et quelle passion! A quoi tendait l'auteur de cette lésion? Peut-être il fut l'auteur de quelque di-ame intime ; Peut-être en cette femnu' est la triste victime Du sauvage courroux d'un vainqueur irrité. Ou du lâche attentat d'un ]»rutal etïronté !

Eh bien! quoi qu'il en soif, quelque soit le mystère. Pour tous il est acquis qu'aux bords de la Vézêre^, Autour de Cro-Magnon, violent, mais complet, Un état social de bonne heure existait. Oui, dans tout ce bassin l'intellig-ence humaine Marqua vers le progrès sa marche souveraine.

Que tirait-on d'abord du silex ? — Des marteaux Des haches, des poignards, des grattoirs, des couteaux Toute sorte d'outils, des tlèches barbelées Des becs de javelots, des lances cannelées y — Sans doute, mais bientôt cela ne suffit plus : A l'utile on joignit les objets superflus'' ; Et le luxe naquit, le luxe et ses caftrices Qui des besoins pressants méiu'nl l'iiomnie aux délices.

8. La V'ozci-e est un iifflui'iit de droite de I;i Dorduguo. Elle jjrend sa source sur le plateau de Miilevaches (département do la Corrèze). Entre les Monédières, dans un étroit passage, elle forme la reniari|uable cascade appelée le Saut de la Virolle ; elle arrose ensuite la pittoresque vallée de Treignac. eontourne la ville d'Uzerclie, reçoit la Corrèze à 0 ou 7 kilomètres à l'ouest do Brive, passe à Larelie, entre dans le département de la Dordop-ne, y arrose Terrasson, Condat, Montitjnac, les Eyzies. le Bûgue et va se

etcr dans la Dordogne à Limeuil.

9. On a trouvé des aiguilles au Cro-Magnoii. Ces aiguilles devaient nécessairiMncut servir à coudre des vêtements. Les \ éléments une fois cousus recevaient dill'erenls ornements. A Laugerie-Bassc on a relevé une vingtaine de coquilles percées disposées par paires sur diverses parties du corps. Dans d'autres stations, on a pu recueillir des éléments de colliers, do r)race!ets. etc. ; riionime de Cro-Magnon y joignait dos dents de carnassiers, des plaques d'ivoire assez :irli-tcmi'nf fiçomiées. des pierres tendr.'s ou dures habilement arrondies, et<'.. etc.

00 r.A CUKATTOX ET I.' II l' M A M T K

l'arl.T (le r;irl. inoiilier st'S drl.iils, l;i li.nilciii- Où nous l'avons porli'î par un rude laheiir; Rendre, faire éclaler l'expression divine, Dont sa gi'âcc fw loiil Icinps s'éclaii'i' cl s'illiiiiiiin'. N'est-ce pas ilislin-uri- par iiii Irail spiTJal La raison de riiislirid, l'iKiiruiii' de l'aniiiial '" .'

Aiipriils sensuels, désiis insaliaidcs ", Oui, Imijoiirs renaissaiils, sonl hnijiMii^ iiid(ini|ilaiilcs; Hiiilairs passions que seul peiil rliàlier Un assouvissement absolu, journalier.

De l'aninialité tel est le caractère.

I/Homme vit et se meut dans une aiihi^ alimisplirre. Avec discernement, si sauvage quil soil. Il règle ses désirs, il raisonne, il prévoit : 11 sent du lendemain les besoins, la menace, Et pour les conjurer il réserve, il entasse. Il saisit les rapports, fait des comparaisons. De la cause à l'effet il suit les liaisons; Il sait se diriger, il calcule, il combine. Et par l'amour du beau prouve son origine.

Le Beau, le Vrai, le Bien, sublime trinilé, Foyer de nos concepts, radieuse clai'té, Où l'âme des humains, dont la chaleur rayoïuif, Revêt l'éclat si pur de sa triple couronne, C'est en eux, c'est par eux ({ue, modeste au berceau, Tout état social élève son niveau '-.

10. .( Les animaux n'ont que des besoins physiques; ils y satisfont le plus romplètement possible ; mais, le but atteint, ils ne vont pas au delà. L'animal, livré à luimême, ne connaît pas de superflu ou le soupçonne à peine. Par suite, ses besoins restent toujours les mêmes.

« Qu'il s'agisse de l'esprit ou du corps, l'homnie au contraire court sans cesse après le sii|)erllu, bien souvent aux dépens de l'utile, parfois ,ui détriment du nécessaire. Il résiilli' de là qui' les besoins grandissent de jour eu jour. Le luy.e de la veille fli'viiiit polir lui l'iiidkspensable du lendemain, n

De Quathefages, Di' l'Ksprci' /iuiniii)>/', p. 3.37. " Les moralistes, ajoute M. de Quatrefages à la page suivante, ont de tout temps blàmé cette tendance [de l'homme à rechercher le luxe et le superflu]... Je ne saurais partager cette manière de voir. Loin de blâmer en principe ce qui n'est au fond que le désir du mieux, je ne puis y voir qu'un des plus nobles attributs de l'homme. Cette faculté est, en réalité, la plus sérieuse cause de sa grandeur. Le jour où l'iiomme serait pleinement satisfait, le jour on il n'aurait plus de besoins, il s'arrêterait, et le progrès, cette grande cl s.iiiitc lui di' riiiim.iiiité, s'arrêterait aussi... Eu réalité, c'est le besoin du SM|iirtlii qui ;i di'\r|..|i|ii'' »o^ imlustries; c'est lui qui a enfanté les sciences et tes hrinu- m/s . .

i-^^aiice (!.■ rçIlHcliir. iii.mmc ;iu plus petit ■e rie progrès ils acquerr^iicnf plus d'in-

Voyez, plus lia,

t. la 1

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'< Si les animai ré, ils seraient

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Ail C.n i-M.iLîiinii (l('j;i sriiciisi', ci'i'laiiic, l/iiuluslri.- cil {.lo-iv.s b.ill.' ;. I.i Ma.lcl.'inr. Klle proirresse encor et moiili' d nu iIi'lti' Dans les lieuroux iiroduits i|ii'iiii Imiivc à Suliilir'' : Ar-ilo iikhI.'I.'m', ds -ivivi'w, ,|,.|||-. ivoiiv, !>(■ rcs ti'ni|is lT'i-|||t''s riiriciix |i'|irrlniM'.

l'nil-Mii. -,in< T'Irc ('■nui, voir i-f l.irni'iix iKiitiii.ird ''*

DiMil Ir ni.iiirli.' snilpli'", vrril.ilil iiviv .l'.ii'l,

Ksi n.niin.' un -;|MM'itnon du liviv.id dr .cl ,i-r ? (;"(^sl (\'i\\) i-cniM' .irrroiiiH l;i -,i i-i-s,i u I c ini;i,i;'i'. Kn arri.Mv Ir. l„.i< mnljcninil iv|,.h's licn.iivivnl le-; janvj^ plirs dr-; dnix rnirs : l'ji av,-uil. en iH.ssdii', ^c ivlrsv la far.-. Kl \f tout si poli ipii- la main ([iii l'iMahrasse Serre, manie, étreini sans ycnf on IVoissemeiil.

Mais ici l'art traduit un ,erand événement. L'animal accroupi, c'est la preuve évidente Que le renne est dompté, que l'homme sous sa lenle L'apprivoise, le tient en domesticité, '•', Que nous avons enlin une société.

« dustrie;!es castors d'aujourd'hui bâtiraient aver plus d'art et de solidité qup ne bàtisn saient les premiers rastors, l'abeille perfectionnerait encore tons les jours la cellule « qu'elle habite...

« D'où peut venir cette uniformité dans tous les ouvrajrc^s des animaux .' rNiinipioi « chaque espèce ne fait-elle jamais que la même cliose. de la même façon ? et pourquoi « chaque individu ne la fait-il ni mieux ni plus mal qu'un autre individu? Y a-t-il de « plus forte preuve que leurs opérations ne sont que des résultats mécaniques et pure- « nient matériels? » Buiton, CoMpnraison di' l'homme fit de l'animal.

1.3. Solutré est un villafre situé aux environs de Màcon. Les paléontologistes y ont découvert une des stations humaines fossiles les plus remarquables, avec tin ossuaire géologique ou se trouvent entassés plus de (piarante mille chevaux. La supériorité des outils qu'on y trouve est telle que M. de Mortillet n'a pas hésité à les prendre comme spécimens d'une industrie particulièrement perfectionnée, laquelle constituerait ce qu'il appelle le type solutréen. Là, les pointas de lances et les javelots s'effilent plus ou moins en forme de feuille de noyer, de laurier, de plantain, s'amincissent et deviennent parfaitement symétriques. Pour les flèches, la forme générah;,. le poids, l'anfrle d'ouverture ont été évidemment calculés de manière à s'a«lapter aux diverses distances de tir, aux nécessités de la chasse, etc.

14. Ce n'est i)as un polj^fiiard. mais diMix poignard- ou du moins deux man'-lies de poignards. Ils ont été trouvés par M. l'eccadeau de l'isle. « Tous deux représentent « un renne accroupi, les jambes rejjliées. la tète allongée et les bois couchés le long « du corps de manière à ne |(as gêner la main qui tient cette poignée. Le naturel des « attitudes, l'exactitude d.js proportions sont tels que, de nos jours encore, un sculpteur « ornemcntiste, traitant le même sujet, n'aurait rien de mieux à faire que de co[iiir son « antique prédécesseur. » De QuArRhi-ACEs, De l'Espèce humaine, p. îJo'.».

1.5. A Solutré, parmi les restes de l'immense ossuaire signalé à la note l.i de ce même chapitre, ou remarqua que les poulains et les vieilles bêtes sont relativement peu nombreux... >< L'immense majorité a été abattue de quatre à huit ans. .Kn\

202 LA CHKATION ET I/IIUMANITE

Do 1,1 pim-i' fiiillrr ;nix Ifiiips nrolHhiques^'^' Il sr (il un aiirl (l.iiis (■!•> progrès antiques. Uc 1,1 Tcnr iMi li;i\,iil h's lioulpvprsomonts, Di'.-, rliiii;ils iii;il iV'-ir^s les siiliils cluingcmiMits. l,;i -T.iiiiii' ,illiivi(.i). (Icl.()i'(l;iiilc, s(.ii(l;iiiii', Piiivnl icihIiv mu iih.iimmiI l'rxi<lcihc inr.Tl;iiiio : VA tiiriiH' (les aiiloiii's, ri'|uili''s srricux, Disciil (|ii'cit Prri-oi'd d (iaiis iii;iiiils ,iuliv> lir'iix

l.'IlMiii ic Cro .M,i-n(ui dispiinil . cl .in'cii place

I!ni>,|urrnciil s-cl,il.lil une nouvelle i;i,c.

Que ces commolu>ns .sicul en |h)iii' ri>iill,il Do changer les milieux, les iimimiis cl rii;iliil,il, El fie modifier Icshcsnius, je r,icifir(lc. On a sin'pris poniLiiil .l.iiis'lcs -idllcs de Sonic''.

(. yfii\ (le M. Tmissriint, rolti' arnimiiliition otrange de débris provenant d'une seule « ( •^|ll■^l■. If ,li<iiv d'animaux dans la foiic de l'âge sont inexplicables, si Ton n'admet (, pas l'exislenee de grands friiii]M>aii\ on l'Iininnie puisait à volonté.

(. Les arguments invoqués en r.ivnn' <li' la <loniestication du renne sont à peu près « de même nature. »

|)k Qi \ti!mm;fs. De l'Espèce humaine, page 24.'î.

Iii. l'eiidaiit toute la prcniière |Kulic dr l'.ige du icnne, la race de jCro-Magnon s'est maintenue dans un état social relallMincnt élc\é. Mais, dans la deuxième moitié du môme âge, il se manifesta une véritable décadence. On l'attribue en général à cette circonstance que pendant cette période le milieu général se modifia, (r Le sol européen achevait de sortir des flots: le climat maritime faisait place au climat contiricidal : le ciel se rassérénait; de chauds étés succédaient à des hivers plus fj'oids, iiiii- iiinins pluvieux... La faune, par suite, dut se partager. Les animaux amis du froid et organisés pour la vie de montagnes, comme le chamois et le bouquetin, émigrèrent en altitude et suivirent les glaces dans leur retraite vers les hauts .sommets. Le renne, qui n'est nullement grimpeur, dut émigrer en latiluie et remonta vers le nord... La société humaine, qui depuis des siècles sans doute vivait de cet animal, dut être profondément ébranlée. Avec le renne, elle perdait pour ainsi dire sa r.aison d'être. Qu'arriva-t-il alors? D'après MM. Cardaillac, Forel et de Mortillet, l'homme disparut ou émigra avec l'animal dont il ne jjouvait se passer, et les vallées du Périgord, du MacoiiMiiis. des Pyrénées restèrent désertes. Pour eux, après la fin de l'âge du renne, il y a iHic large et profonde lacune, un grand hiatus pendant lequel la faune se renouvclli- ; puis apparaît tout à coup une iiriiieelle riiee d'Iininmea qvi polissait la pierre au

(Voirl,'> pulilii alin]i> (1rs ;iiil,'in> (iti/s d:ins cette note, /WI.VSÙM.) 17. <mi\i- est ,11, vilhp,. situe sur l;i limite du p:iy^ basipn- et du Bé.irii dans le dé-

piMl.U.rnt (l,.s l;;,ss,..-|'v,-cnrc<.

MAI. Louis l,:iiirl it (lli;i|icl:iiii Ilu|i;in' mit trouvé, dans un abri méthoiliqucnient fouillé des eiivir(uis, iliilionl j l;i r.iurtie iiilV^riiuire des ossements humains associés à un collier de dents de liiui et dniirs. l'ius liiiut étaient des flèches barbelées et de nombreux outils et iiisiruuieuts ilu Iv|h' iu,iL;d:ileni'cn. Enfin par-dessus étaient entassés des silex tailles siudilaliLs au\ iiriM-edinls : siiderueid, parmi eux, ces habiles explorateurs découvrirent une lanei' itroil,' et uiniee. .iiiisi i|u'un poignard triangulaire qui, par la forme. \\u- la nature du travail, .se rattache intimement aux plus beaux produits de la Pierre pohe.

n H) 1.0 en: i:t \NTiii!(iiM)i,(Miii; 2o:i

Au iiiilicii (l"()ssctni'iils (IIkimiiiics ri (raniiiiiuix, l,{'> Miiciciis |iinc(''il('s raiiiirorlii's i\n> noiivcaiix : P.M,-n,inh ,Mi dur silrx, iiian.-lic. ru l.ci^ de ivmic. Ivoiiv an [MiiTiiiail. cl mlliris dniil la rliaiiir HallaclM' .Iriix à .IcM.x .les dciils dr .aiiiassicrs, (H'jivivs d'ai'l à ('(Mo de iinllr oliirls -rossiers, rirnr failhr cnliii avec pirn-r pnlir , One le prosrrs du l('iiip> riiMc à l'auliN' ndic.

Oiiaul a riidiimir, ij |MMsi>l,-, cl le Iv|m' vaiii(|ii(Mir S'arroiiliiccl s(^ l'ail liiiMiMMi iivaliissciir '^

Dans le hassin du llliiii cl ,c|im de la Scinc S'clail dcvcl.i|.|M'c une aiiliv race Iniiiiaiiic.

I a race de Caiisladl, ^\nu\ \r Ni'aiidcrllial ''' Paiail avoir Iransiiiis le liail i'nndarnenlal. Remarqualilc siirloiil par la forme- i^rossièri' One donne à l'os froiilal l'arcade^ sourrilièro.

II esl Ici en dlel .[uc de elia(inc cMc l/orMli^ cunslilne nue dillorniilé.

(hicl n^il diil ahrilci' celle nssaliire énortnc !

I,e IVonl a rocci|Hil |.ar sa courhe e,>l conlniaiie,

En sorte que l'aspecl du ci'Aikm.sI simien-".

c< MOUS voyons superposrw dniv /;//;,■< in-f/ifohiiiii/iirs. I,i /lirrn- /iiiUrr ri lu /liirrr « polie; nous ne trouvons (|ii'iiiic v.trr liiirnainr. i-illr ilf r rn-Mnijniiii . N'r~l il |i;is

« évidoot que retfe race n loiinii ici li's diTni.Ts I,mii|i~ di- l'iip'' 'lu i''' '• 1''^ T''"'"

» niicps de ri'|>or[uc actuelle? »

Dr QuATiiFFA^Es. Ih r/'Jy,,;-,' liini„m,r. |i. J'i.;, li'Hi. 217, /»r«/'/(.

l'i. En 1700, le dii'- Kberlmrd l.udwi- ,!.■ WinlriMl»-- lin-Mnl foMill.r ui |mliim

romain auprès du villnsc ilc Ciiiishnlt. d.ni-- |c< -iiMmns dr Shdtij.ii'd, l.s oiiMiiTs

IfOUVCrent une portion de \(ii'ilc n.inii'iin.' im mili'' i dr i Iii(>ii\ (k-cmhmU d iniiii.(U\.

Ce précieux fragment, conscrxc p.ti- li.i-.ird et lon;;lciii|(< nulilié. :i |hi cidiii èln' iMtl;iilie par M. de Quatrefages au fannniv .i-.uh' de Xn irirrih tl .

Le crâne du Né:uidi'i'tlril avait v\;- d.- v.tI, .-h |Si7, ilms une pelitr e.werne de C(;

nom aux environs (!,■ ()nssold,,i f.

Cette calotte rr Hiii'nin' pi/'s,.nli' rrr\ d- icm.i ripulilc .pic les sinus frontaux y ont acquis un dévelo]pp!'ni(iit cMcpliuiiMel. cl que les jicidcs sciorrilièrès, se rejoignant et se confondant sur le niilicni ilc la |,'lal)clle, y lo/Mncnt une saillie des plus étranges audessus de l'orliile. Cette conformation rappelant les crêtes osseuses que les singes anthropomorphes présentent au même endroit, on s'empressa de regarder cet individu comme ap(inrtenant à une espèce spéciale, intermédiaii'e entre l'homme et le singe. Mais il a lillii en ijIkiMt-c, l.u-qiie, dcpiii-. on a siçn d.' dans les dolmens, dans diis sépiHtures iniiiiis am iciuus. chez îles p. i ~nii na -c^ lii-ltiriques et jusque sur des individus actuellement vivants, ce- .aracieic, dcrjaie. nimpics Ir .p a la liàte. H a fallu rcconnaitre que l'homme de NiModerlIial appailcnait a une foinialion li-anelierncnt Ininiaiiie, à une race, dont il exaspérait siadenienl eiilains li-aits.

Celte race, c'était /r/ rr/ce dil<' d,. r,„(,v/„.//, la.pielle cl iMcenleslal.leiMcit la ra-r-

l.assins ,h, llln,, ri ,lr h, Sr,i,r.

20. Quant aux epithcles dt: ljr.,ti„l. simirn. tvni, s,„ncnt apiilicpi.-s an eràne de

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