‹ La création et ses mystères dévoilésChapitre 15 sur 114 · FOUMATION DE L'EAU ET DES MERS · texte numérisé non relu

FOUMATION DE L'EAU ET DES MERS

85. — Les courants , après avoir déposé ces aliments nouveaiix au service du feu , s'ouvrent des passages pour sortir dans toutes les directions possibles, et s'échappent , soit par tiltration , soit par des cataractes, reparaissant ainsi à la surface à des points plus ou moins éloignés de celui où ils avaient disparu .

Ainsi a commencé le passage des eaux à travers les couches terrestres , et de là Torigine des sources, principe de formation des ruisseaux , des rivières et des fleuves* Les inondations du Nil sont causées principalement par de pareils dépôts formés dans les lacs souterrains de l'Afrique (1).

86. — Lorsque le voyage des eaux est suffisamment prolongé, elles déposent, par une loi de la filtration , des détritus hétérogènes pour alimenter les plantes , et sortent fraîches, claires et potables ; mais lorsque ayant peu voyagé, elles arrivent directement du contact du feu, elles reparaissent à la surface, encore chaudes et chargées de sels, de. soufres, de bitumes, ou d'autres matières minérales. Ce sont ces eaux que Ton nomme thermales.

87. — Dans ces courses à travers les couches souterraines, les eaux rencontrèrent des cavités dans lesquelles se tirent des dépôts , qui sont devenus des réservoirs, ou des lacs intérieurs. Il s'est produit encore de ces lacs ou réservoirs toutes les fois que les eaux ont r^contré des matières assez molles pour y former un bassin , et lorsque ces bassins se sont approfondis par les affaissements volcaniques , ils sont restés ouverts à la surface, comme la mer Caspienne et le lac Baïkal (2).

88. — Lorsque, dans l'intérieur du globe , le travail du feu multiplie les vides, les cavernes, les voûtes, les bour-

(i) Voir la note B à la fin du volume. (2) Voyez la note C. -

soufflures , préparatifs des révolutions physiques qui en seront la conséquence, ces vides se remplissent d'air qui se dégage de toutes les parois des cavités pour être absorbé parle feu souterrain qu'il alimente ; cet air doit se renouveler au moyen de communications avec la surface extérieure, soit par les crevasses , soit par les volcans, qui représentent, pour ainsi dire, les cheminées du grand laboratoire terrestre; mais toutes les fois que les courants des eaux portent sur leur passage des couches de matières solides, telles que les sables, les limons, elc, et qu'en passant, ces couches restent déposées dans les crevasses ou dans les cratères , alors le feu se trouvant comme emprisonné et privé du contact de l'air , cherche une communication; pour Toblenir, il fait de si violents efforts, qu'il s ensuit des explosions ; ces explosions produisent de nouvelles ouvertures et des volcans nouveaux; ces phénomènes s'annoncent toujours par des secousses intérieures ; c'est le principe de ce que nous appelons les tremblements de terre.

89. — L'eau, l'air et le feu, cette trinité merveilleuse dans son action, prodigieuse dans son activité, incompréhensible dans ses effets, ont été les éléments , les principes de division et en même temps de classification de tous les corps, de tous les composés ^ dans la formation du globe terrestre.

Que de produits s'engendrent sous nos yeux par l'eau et pnr l'air! Combien de combinaisons, de transformations ne voyons-nous pas se produire aussi par l'eau au simple rapprochement du feu ! Nous l'éprouvons chaque jour dans la satisfaction de nos besoins matériels ou de notre curiosité ; à l'aide de l'eau, nous fabriquons des creusets dans lesquels le feu nous ouvre les secrets de l'analyse et décompose les plus durs métaux; dans une marmite, il nous permet de changer la forme des produits bruts pour les rendre utiles à notre alimentation, à la condition d'employer l'eau, car l'eau est aussi nécessaire

FORMATION D£ l'ëAU ET DES MERS. 5!^

pour aider à la cuisson des aliments qu'elle est indispensable pour Tacililer notre digestion.

L'eau, Tair, et le feu, soit réunis, soit isolés, sont d'une nécessité absolue pour l'existence de Thomme , comme ils ont été nécessaires dans le grand laboratoire des entrailles de la terre, pour convertir, former et classer tant de minéraux que nous baptisons de mille noms différents; car le grand laboratoire du globe possédait tous les matériaux à combiner, puisque les éléments de ces matériaux se trouvaient par atomes dans les molécules de l'assemblage primitif.

90. — Le règne de l'eau, à cette seconde époque, a établi ses lois, d'après lesquelles les eoinantsont été chargés du transport des couches terrestres d'une situation à Tautre. La providence du Créateur a voulu, par ce point de départ, pourvoir à deux grands résultats à la fois : le premier au profit des êtres destinés à habiter sous les eaux, car Tenlèvenient des matières laissait des profondeurs dans lesquelles les poissons et les autres êtres trouvaient à des étages successifs des antres et des repaires pour vivre sépares selon les races ; le second, au profit des êtres destinés à habiter sur la terre, car les couches des matières terrestres portées par les eaux étaient riches d'engrais et propres à la végétation future préparée en vue du règne animal. Des couches d'une nature identique se formaient également au-dessous des mers , et lorsque le fond de l'océan s'est découvert pour devenir le plateau terrestre,* ainsi qu'il est arrivé à plusieurs reprises, la surface du sol a présenté ses couches enrichies des mêmes engrais que nous venons d'énumérer.

91. — Bien que les eaux, ainsi que leurs lits, aient souvent changé de place autour de la surface du globe, cependant les lois primitives de leur tiavail comme de leur existence , sont toujours restées les mêmes, ces lois ne pouvant plus subir d'altération ni de changements.

AU commencement, l'eau qui entourait la surface de la planète n'était que d'une mince épaisseur, à cause dé la grande extension de la superficie; mais à mesure que le rétrécissement du globe s'opérait, Teau se concentra, et les profondeurs se firent dans les endroits marqués par les chutes indiquées plus haut (83, 84), et toutes les fois qu'une profondeur partielle avait lieu, elle devait créer son courant particulier; ce courant formait une couche de passage indépendante de la couche du courant qui passait au-dessus d'elle; de là sont venus ces courants superposés que nous reconnaissons sous la mer, les gulph-stream ^ etc.

92. — Les courants des eaux, en creusant leurs propres lits, ont , suivant la vélocité dé leur parcours, établi à différentes profondeurs de magnifiques plaines, où l'herbe et le sable devaient convenir à certains poissons; les excavations inférieures furent formées pour le séjour d'autres races de poissons; plus profondément encore s'étendirent des espaces vides où des arbres et des plantes devaient servir d'abri et de pâturage à d'autres espèces d'individus. Chaque étage, pour ainsi dire, devait avoir des propriétés relatives et convenir aux nécessités des races qui allaient bientôt paraître. Au fond des mers, il existe donc de vastes plaines, une surface aussi inégale que la surface de la terre et qui présente des montagnes, des vallées , des ravins, des roches et des sables, ainsi %que des herbes , des plantes, des arbres, des forêts très-étendues et ayant le domicile de certains animaux qui y font leur

séjour, absolument comme certains animaux terrestres (1).

{{) Rien n*est plus curieux que la variélé des plantes sous-marines, les unes destinées au pâturage, les autres devant servir d*abri et d^ombre aux animaux nés pour vivre dans Teau. Le règne végétal sous-marin est très-riclie en espèces qui diffèrent des plantes terrestres, mais la quantité en est peut-être plus nombreuse que sur la terre; une grande partie appartient à une classe qui est entre le règne végétal et le règne animal, et qui finit par se transformer en minéral ; ces plantes, rcti-

Page 1