L'extérieur de la planète jouissant d'un climat
presque toujours égal, F accroissement du règne végétal sur la terre et sous \eé eaux va progressivement se développer avec tout le luxe possible, et naturellement les animaux qui sont aptes à se nourrir de plantes se hâteront de paraître sur toute l'étendue.
139. — Comme il serait curieux de connaître les qualités des plantes qui ont fleuri à celte époque ! Elles étaient certainement de formes gigantesques ; mais cette époque est trop loin de nous pour qu'il en reste des vestiges dans nos mines de houille; car, il est facile de le comprendre, les végétaux dont les empreintes se rencontrent dans les fossiles des houillères sont d'une période plus récente, et peuvent tout au plus appartenir à la quatrième époque; et encore nos fouilles dans la terre sont jusqu'à présent trop rapprochées de la croûte du globe, outre que les plantes des époques primordiales ont dû être toutes consumées par l'action du feu pour entrer dans la composition des minéraux.
D'ailleurs les couches de houilles n'ont pu se former qu'à l'instant d'un refroidissement ultérieur, à mesure que le feu se retirait pour se diriger sur d'autres points de l'intérieur, abandonnant les matières végétales et animales surabondantes. Ces matières restant à leur place se refroidissaient, et nous les trouvons, ainsi refroidies, au milieu ou à côté d'autres minéraux qui avaient déjà subi toutes les métamorphoses que le feu avait à opérer sur eux. Telle fut la formation des houillères.
Aujourd'hui on reconnaît, au microscope, dans les charbons déroche, des impressions de plantes et de troncs d'arbres entiers, souvent atteignant 20 et 30 mètres de hauteur; parfois on trouve des modules de minerai de fer argileux, des feuilles, des branches et des fruits, autour desquels la matière métallique s est concrétionnée ; on y rencontre également des formes d'animaux et surtout abondamment des poissons dont les os
et les épines sont d'une dimension irès-étendue, et des écailles gigantesques carbonisées.
UO. — Sur la surface encore extrêmement dilatée du globe à cette époque, Teau n'était pas profonde, ainsi que nous l'avons constaté, et même, à peu d'exceptions près, la profondeur ne pouvait guère être, en moyenne, que de 1 à 2 mètres; en conséquence de cette disposition^ les animaux les plus nombreux, après les coquilles et les polypes, devaient être les amphibies, les tortues, les crapauds, etc., de formes colossales, et dont les espèces ont disparu de la même manière que les grands végétaux.
141. — Aussitôt qu'un animal, de quelque espèce qu'il soit, paraît sur la terre, dans ces petites races qui se multiplient prodigieusement, il en nait incontinent un autre d'une espèce plus grande destiné à le dévorer. Ainsi, après les coquilles parurent les animaux géants qui devaient s'en nourrir et ayant des organes appropriés à ce genre de nourriture; alors aussi, pendant cet intervalle de repos, se multiplièrent considérablement les polypes et les mollusques, que nous avons déjà vus figurer dans l'époque précédente.
142. — Dans le même intervalle, que nous continuerons de supposer de 60 siècles , l'intérieur de la terre eut le temps de consommer les matières fraîches qui lui avaient été fournies par le cataclysme qui a terminé la seconde journée.
Nous devons donc placer à cette époque la formation des pierres les plus solides et les plus pures. Lorsque ces minéraux, par l'effet de leur propre disposition, emprisonnaient comme par une cloison le feu qui les avait formés, ce feu cherchant h se remettre en contact avec l'air, s'ouvrit un passage en faisant de nouveau éclater les masses solides qui l'enlaçaient; les explosions qui en résultèrent bouleversant les matières latérales ou superposées, il se produisit des cataclysmes partiels
à différents points, ce qui dut se renouveler assez fréquemment dans le courant d'une époque.
Nous admettons que l'intervalle, qui a été un temps de repos sans aucune commotion de ce genre, cesse du moment qu'un de ces cataclysmes partiels a paru sur le globe.