‹ La création et ses mystères dévoilésChapitre 40 sur 114 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

lie ISolell suivant les opinions s^nérales.

Sommaire. — Remplacements successifs des végétaux, 276. — Questions à résoudre au sujet du soleil, 277. — Opinions des philosophes et des savants , 278. — Opinions concernant les taches du soleil , 279. — Opinions sur Tenveloppe lumineuse, 280. — Alimentation^ du soleil, suivant Newton; erreur évidente, 281. — Nécessité d'alimentation du soleil, 282. — Silence des savants; ordre à suivre dans la solution de ces problèmes, 283. — Origine et formation du soleil, 286. — Son alimentation réelle , 285. — Sources et proportions des molécules , 286. — Échange d'émanations entre le soleil et les planètes , 287. —Purification des fluides dans le soleil, 288. — Comètes, 280.

— Opinions sur la formation de la chaleur el de la lumière; théorie des ondulations, 290. — Constitution du soleil suivant Herschell, 291.

— Habitants du soleil, 292. — Explication des modernes, 293.

276. — La quatrième journée, par conséquent, se borne à présenter à notre imagination l'antique magnificence de ses arbres gigantesques et de ses plantes qui poussaient, orgueilleuses, sous la puissante influence des lumières célestes. Leur venue sur la terre concordait avec celle des myriades d'animaux auxquels elles ont servi de pâture; puis elles ont fini par rentrer dans la terre et disparaître pour faire place à de nouveaux rejetons qui, à leur tour, ont été remplacés, dans les siècles successifs, par des espèces de plus en plus diminuées de taille, en proportion du rétrécissement du globe, mais allant toujours en se perfectionnant, car le renouvellement des choses, en vue de la perfection, est la loi du progrès.

277. — Ce qui doit encore nous occuper dans cette quatrième journée, c'est l'examen des astres annoncés par la Bible. Nous avons pris l'engagement (n** 35) de revenir sur le soleil; nous avons promis aussi quelques explications tou-

chant Saturne, pris comme terme de comparaison avec notre planète. Venons d'abord au soleil.

Cet astre aujourd'hui, dans notre sixième époque, fonctionne précisément comme il fonctionnait au quatrième jour de la Bible, bien que l'espace de temps que nous avons admis dans cet exposé soit au minimum de huit cents siècles, depuis ce quatrième jour jusqu'au moment où nous écrivons. Ce soleil, dont le rayon est 112 fois celui de la lerre, et le volume 1,404,928 fois celui de notre globe; ce soleil, toujours le même, toujours prêt à nous transmettre généreusement sa lumière, de quoi se compose-t-il et quelle est la matière qu'il emploie pour former cette grande chaleur qu'il rayonne et sans laquelle nous ne pourrions pas exister sur la terre? Qui lui en fournit l'aliment?

278. — Dès la plus haute antiquité, tous les philosophes s'accordaient à dire que le soleil était un feu continuel.

Anaximandre le proclamait un feu pur; ânâxagore le considérait comme une pierre enflammée ou même un fer chaud ; celui-ci ne s'inquiétait pas de savoir si une pierre ou un fer chaud pouvait naturellement se refroidir ; et le premier, pas plus que tous les autres philosophes de son opinion, ne cherchait point à connaître la nature du combustible nécessaire pour alimenter ce grand feu.

Ânaxagore, cependant, soutenait que le soleil était plus grand qu'il ne paraissait Têtre ; il publia même qu'il était plus grand que le Péloponèse. Toute la population d'Athènes se récria contre une telle impiété, et, pour le punir de son audace, on le jeta en prison, on lui fit un procès, et il fut condamné à mort. Ce fut à grand' peine que Périclès obtint pour lui la commutation de la peine de mort en celle de Texil.

Plutabque attribue à Épicure l'opinion que le soleil était une masse terrestre, percée à jour comme une énorme pierre ponce, et dans un état incandescent ; de ses trous sortaient les rayons qui nous arrivent sur la terre.

Archélaus disait que le soleil était une étoile surpassant en grandeur toutes les autres.

ZENON, le chef des stoïciens, enseignait que le soleil était un feu pur plus grand que la terre.

Newton affirme que le soleil est une masse, et que les comètes approchent quelquefois si près du soleil, qu'elles se trouvent embrasées d'une chaleur deux mille fois plus grande que celle d'un fer prêt à fondre, et qu'il leur faut cinquante mille ans pour seYefroidir.

Sir John Herschell écrivait en 1828 « que la chaleur pro- « duite par les rayons du soleil sur notre globe, qui en est « éloigné de trente-quatre millions de lieues, est cependant c( si considérable que Ton doit croire que la surface de cet c( astre est dans un degré d'incandescence qui passe toute « imngination. » (Philosophical Transactions,)

279. — Les observations des modernes ont découvert des taches dans le soleil; ces taches se montrent et disparaissent ; quelquefois elles sont très-grandes, aussi grandes que cinq, dix, quinze, et même vingt fois notre globe. Sgheiner les considérait comme des volcans en pleine activilé.

Hevelius voulait que le soleil fût entouré d'un océan de feu, ayant ses mouvements tumultueux, ses abîmes et ses. brisants, et avec une atmosphère sujette à des générations et à des corruptions analogues à celles que produit l'atmosphère terrestre.

KiRKER compose le soleil de la matière la plus dense qui soit au monde ; sa masse forme un globe immense de métal embrasé qui darde en ligne droite, de toutes parts de sa surface, des feux aigus, pénétrants, dévorants, et qui s'alimentent de la matière même de l'astre.

Derham dit que les taches solaires sont l'effet d'éruptions volcaniques, et qu'elles sont formées par la fumée et les scories que vomissent les cratères.

Maupertuis prétend que les taches sont des corps qui nagent dans un fluide incandescent.

Alexandre Wilson, 1774, établit que les taches ne sont autre chose que des excavations, au fond desquelles se trouve le noyau de Tastre.

280. — Lalande avance que le soleil est entouré d'une matière lumineuse, éprouvant un flux et un reflux. Par suite de cette marée, il se présente de temps en temps d'énormes rochers à la surface de cet océan de lumière ; ces rochers prennent ainsi l'aspect de taches noires, tandis que leurs pentes forment les pénombres dans les endroits où la matière lumineuse ofi're le moins de profondeur.

BoDE de Berlin, en 1776, trouva que le soleil était un* corps obscur comme la terre, mais recouvert d'une seconde atmosphère kl mineuse.

ëlliot, en 1787, croyait que la lumière du soleil provenait de ce qu'il appelait une aurore dense et universelle,

William Herscheix, en 1795, avait adopté Tidée d'EUrot, en déclarant que la matière qui donne au soleil son éclat n est ni un liquide, ni un fluide élastique, mais bien une couche de nuages phosphoriques, flottant dans l'atmosphère transparente de l'astre.

281. -^ Les anciens n'ont jamais indiqué, ainsi qu'on vient de le voir, comment pouvait s'alimenter cet immense corps du soleil toujours en feu, selon eux.

Il n'y a que Newton qui nous ait dit qu£ les comètes sont la matière destinée à réparer Us pertes du soleil , attendu que le soleil et les étoiles s'épuisent par des émissions continuelles de lumières et de 'vapeurs. ( Principes , livre III, prop. 42.)

Chetne, son disciple, prétend même que la lumière et la chaleur du soleil avaient été pins fortes autrefois que de nos

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jours, parce que, disait-il, le soleil se dissipe, et la matière dont il est œmposé s' épuise.

Un savant plus moderne, M. Waterston (Hull, 1853), soutient qu'il tombe, des espaces extra-planétaires, sur notre soleil un assez grand nombre de météores, pour engendrer la somme énorme de chaleur actuellement émise.

Mais ni Tun ni l'autre ne font nucun calcul pour établir la quantité probable de combustible, soit en comètes, soit en autres corps, qui serait nécessaire pour alimenter le feu de cet astre immense.

Le fait est que le soleil, ayant un rayon 112 fois aussi grand que celui de la terre, et un volume égalant 1,404,928 fois celui du globe, et répandant le feu et la lumière tout autour de lui, devrait, selon. Newton, consommer par jour, en raison de sa grandeur, au moins la masse d'un globe du volume du nôtre, soit en comètes, soit en planètes, et de cette manière, depuis le quatrième jour de sa formation ou de son apparition» selon la Bible, jusqu'aujourd'hui, c'^st-à-dire en huit cents siècles, il aurait consommé pour sa part la valeur de 2,920,000 planètes, ou comètes du volume de notre globe, indispensables à Tentrelien de son combustible.

Mais comme nous ne voyons point qu'une si énorme quantité de planètes ou de comètes ail jamais disparu de notre système solaire, il est très-probable que le soleil n'a pas eu besoin de ce genre d'aliment, ni d'une pareille quantité de combustible.

282. — Les auteurs plus modernes ne nous disent pas non plus quel est l'aliment nécessaire au soleil pour produire son phosphore; car, en acceptant avec Elliot et Herschell l'hypothèse d'une atmosphère de première, seconde et troisième couche autour du soleil, il est dans l'ordre naturel d'entretenir et de réparer ce qui se consomme pour produire la cha-

leur et la; lumière. On ne peut pas supposer que la matière phosphorique reste perpétuellement fa même, ni qu'elle serve toujours dans les mêmes conditions sans altération; une telle idée serait contraire aux lois de la nature, qui ne permet pas que les choses restent intactes et immobiles : tout change, se détruiLet se reconstruit de nouveau pour tous les corps dans le ciel et sur la terre; par conséquent, le principe atmosphérique de la phosphorescence ou toute autre source des effets du soleil doivent s'alimenter périodiquement d'une façon quelconque, afin qu'il puisse. fournir la chaleur et la lumière à tous les corps compris dans l'étendue de sa constellation.

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