LES COMÈTES
327. — La formation des comètes se fait bien naturellement suivant le même principe des autres corps, c'est-à-dire qu'elles sont un assemblage de molécules antérieurement vagabondes dans l'espace ; seulement la différence de la forme des comètes, leur demi-transparence et leur marche rapide à travers plusieurs constellations indiquent qu'elles sont composées d'une substance et qu'elles ont une destinée différentes des celles des planètes.
Les comètes comme tous les corps de la nature se divisent en plusieurs catégories : les petites appartiennent assez souvent à une seule constellation , et les grandes, au contraire, appartiennent à un nombre plus ou moins grand de constellations ; les unes et les autres sont certainement destinées à
purifier le ciel des atomes vagabonds dont la substance n'aurait pu convenir à aucun autre emploi.
Nous pouvons, par analogie, nous reporter au règne de Teau, où nous avons vu que la décomposition des corps donne un nombre infini d'atomes difiérents les uns des autres, et où nous avons vu aussi que le genre torpille absorbe une qualité particulière de ces atomes ; d'autres poissons en absorbent une autre qualité, et enfin, chaque classe d'êtres s'empare de la qualité homogène à sa production, et toutefois il reste encore assez de substances pour altérer Teau des mers.
Pourquoi ne verrions-nous pas, dans les espaces du cieK les mêmes dispositions ? Si certaine qualité de molécules est propre à la composition des planètes, à l'alimentation ou à la purification des soleils, à la formation d'autres phénomènes, il en reste aussi qui ne sont propres à aucune de ces combinaisons, ou qui, ayant déjà passé successivement par toutes ces combinaisons, ont été tellement épuisées, qu'il leur manque toute espèce d'élasticité ou d'énergie pour se combiner entre elles directement ; et alors, comme conséquence naturelle, il doit y avoir une loi de prévision, ayant pour effet de débjarrasser l'espace de ce superflu inutile, qui nuirait à la régularité des mouvements dépendant des lois générales.
328. — Dans cette hypothèse, un germe formé ad hoc de certaines molécules, doit avoir pour mission de parcourir les constellations de l'univers , et , dans sa traversée régulière, d'absorber en attirant autour de lui et à sa suite toutes ces molécules épuisées, de manière à balayer le ciel, à épurer tous les espaces, et nettoyer pour ainsi dire les sphères des systèmes solaires.
Ces germes deviennent des comètes ; en parcourant ainsi leurs orbites, ces comètes (1) attirent les fluides épuisés qui,
(1) Kepler constatait, il y a deux siècles et demi, que les comètes sont aussi nombreuses dans le ciel que les poissons daQs TOcéan.
DES GOMÈTËSi 191
en s'y attachant progressivement, forment des queues immenses.
Sans doute que leur -fin doit être de disparaître, en passant dans Tun ou l'autre des nombreux soleils de l'univers, car il y en a qui sont bien plus grands encore que le nôtre, et qui sont aptes à recevoir ces masses prodigieuses. En effet, on sait que des comètes traînent des queues de plusieurs millions de lieues de longueur, et peuvent très-bien servir momentanément à l'alimentation d'un soleil en se déposant tout autour de son disque*
Nous terminons le quatrième Jour, jour des astres, par ces courtes observations sur les phénomènes célestes.
Nous allons voir au cinquième jour la suite des produits terrestres, et surtout le grand travail du règne animal, qui va désormais dominer sur la terre.
OU
RË6NE ANIMAL
Les aoimaux, divers d'espèce et de figure. Sortirent du limon , berceau de la nature. Quand la terre échauffée aux traits brûlants du jour. Dans ses flancs que du ciel a fécondés Tamour, Eut mûri la semence arrivée à son terme, Et sous sa forme enfin développé son germe.
De Saint-Ange, Métamorphose» d'Ovide.