Pour se rendre compte du grand fait que nous
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venons d'exposer, il suffit de sMmaginer que le gouffre immense qui existait dans le centre ardent du globe avait besoin de recevoir un renouvellement d'air en même temps qu'il se trouvait surchargé de matières solides qu'il fallait éloigner. De cette double nécessité devaient résulter tout à la fois l'ex* plosion des volcans et le soulèvement des montagnes. C'est aussi ce qui est arrivé ; mais en même temps , les crevasses qui avaient été déjà faites et dont les bords et le fond étaient plus cristallisés que les autres endroits de la terre , devaient être les premières à céder à l'impétuosité des explosions.
SU« — Il en est donc advenu que partout où la matière était comparativement faible, elle a été soulevée par-ci par-là, en masses plus ou moins grandes, plus ou moins élevées.
La place que ces soulèvements laissaient vide dans l'intérieur, fut immédiatement remplie par des matières nouvelles qui se portaient naturellement dans l'enfoncement des terrains les plus mous ou les moins cristallisés.
Où se trouvaient-ils, ces terrains moins cristallisés?
Naturellement, c'étaient en grande partie ceux qui se trouvaient les plus éloignés du foyer des combustions de l'aride des derniers siècles; c'étaient donc les terrains qui étaient couverts d'eau à la partie opposée de l'aride actuel; c'était enfin la partie tout-à-fait ouest (pour ne pas dire Tantipode de la masse de Taride actuel), qui allait céder du sud au nord.
En cédant, cette immensité de matières pesantes produisit une force de pression telle qu'à l'instant même les crevasses de la partie opposée s'élargirent , et en s'élargissant transportèrent tout le corps du terrain qu'elles entouraient.
C'est ainsi que la masse du continent, aujourd'hui américain, qui touchait la masse principale, ou l'ancien monde, depuis le sud de l'Afrique jusqu'au pôle du nord, a été d'un seul coup déplacée par une violente commotion* Dans ce mouvement, elle a obéi à sa propre pesanteur; elle s'est arrêtée à
la place précisément laissée vacante par l'affaissement qui venait de se produire et où son poids, comme nous T avons dit , devait faire équilibre au globe terrestre.
515. — On nous dira que l'ancien monde a subi le déluge simplement par l'effet des pluies, et que, si les choses s'étaient passées comme nous venons de les décrire, la masse portée à l'ouest, ou l'Amérique, aurait été inondée par Teffet des eaux aussi bien que l'ancien monde.
Nous allons répondre à celte double objection.
516. — ly abord, quant à la pluie, certes elle a été plus abondante qu'à aucune époque, quelle qu'elle fût, dans le courant des siècles, et c'est précisément pour cela qu'elle a contribué à faciliter la séparation des continents, ainsi que nous l'avons indiqué.
En effet, elle a dû s'amasser longtemps d'avance dans l'at* mosphère pendant que le soleil exerçait toute l'énergie de sa chaleur sur la terre, ce qui dut produire une violente sécheresse qui concourut à l'achèvement de la cristallisation dans certaines localités, cristallisation qui était fort avancée déjà par l'action continuelle du feu souterrain.
La pluie n'est que la restitution de l'humide que l'at^ mosphère attire du globe; plus elle en absorbe, plus elle en rend.
Si donc il a plu à torrents pendant 40 jours, il est natanil de penser^ car c'est physiquement prouvé, que l'atmosphère avait absorbé antérieurement presque la moitié de l'eau qui ci^uvrait la terre et qui remplissait le bassin de la mer; donc l'eau était très-basse tout autour du globe.
11 est prouvé aussi que plus la terre est sèche, plus elle absorbe d'eau; de manière que, quand même la pluie serait tombée autour du globe en raison d'un à deux mètres par jour pendant 40 jours, ce qui est énorme sur une cii'confé' rence de 12,000 lieues, ce qui serait même impossible, car
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toute l'eau de la mer n'y suffirait pas; mais en accordant cette impossibilité, la terre desséchée au point OA elle se trou-vait avec ses crevasses, et les trous formés par les éboulemenis nouveaux, devait absorber la plus grande partie de rbuiçide ou de Teau à mesure que la pluie tombait.
Donc, en ce qui concerne la pluie, elle ne pourrait à elle seule avoir fourni au maximum que 20 à 30 mètres d*eau en état de rester sur le sol le plus bas du continent de l'est, et encore cela n'aurait pu s'opérer qu'à Taide d'une inondation venant de l'Océan et pouvant se maintenir sur la surface de la lerre.
Pour ce qui regarde le continent qui se transférait à l'ouest, toute inondation sur lui-même était impossible, comme on va Texpliquer.
517. — Nous disons, en réponse à la seconde objection, que l'Amérique ne pouvait pas avoir d'inondation permanente ni à son est, ni à son ouest; c'est tout naturel à l'endroit de Test, puisque ce continent s'éloignait de sa position primitive, et comme il se transportait avec sa base, dont la racine était au centre de la terre, dans la marche de son écartement il laissait un énorme vide qui appelait l'eau de tous les côtés par la loi du nivellement; or ce vide était forcé, et l'eau devait pénétrer et affluer, comme par mille cataractes, dans cet immense et profond lit que l'imérique abandonnait à rOcéan.
Du côté opposé, à l'ouest, TAmérique ne pouvait pas non plus être atteinte par l'inondation: d'abord nous avons vu combien l'eau devait être basse par suite de la grande absorption, de l'atmosphère; ensuite le mouvement du nouveau continent, qui s'avançait vers l'ouest, pressait et poussait l'eau, qui était forcée d'entrer dans l'Océan, dont le grand lit atlantique se formait et s'étendait à mesure que la même masse^u continent l'abandonnait.
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En trpisièiiie lieu» il faut remarquer que tout reitrême ouest, qui comprend Tocéan Pacifique d'aujourd'hui, ayant subi le plus fort affaissemeat de tout le globe, Teau est tombée daos les gouffres de sou propre lit; ainsi l'eau se trouvait plus basse que le niveau du sol du nouveau continent qui venait s'installer au milieu des deux océans.
U faut encore noter que l'eau a ses passages sout^rains à travers tous les continents, et que l'Amérique emportait avec elle les meilleurs fleuves de l'ancien monde, dans les lits desquels l'écoulement des eaux de la pluie torrentielle s'effectuait rapidement.
518. — On peut demander ce qu'a gagné l'ancien monde à ce cataclysme et à cette séparation. Ce qu'il a gagné, le voici : l'élévation des montagnes que cette révolution a éle- Tées plus qu'elles ne l'étaient auparavant, et d'autres monta-gnes ou collines qui ont été nouvellement soulevées, ont fourni l'occasion de fixer les différents degrés de purification de l'air atmosphérique, ce qui est assez important pour la salubrité des climats de toutes les régions et pour l'hygiène aussi bien des hommes que des oiseaux.
L'ancien monde a gagné encore à cette révolution que la mer Méditerranée, la mer Noire, l'Adriatique, se sont formées par les affaissements survenus aux terrains qui composent leurs lits. A cette occasion, les eaux venant de l'Océan, ayant trouvé une crevasse entre l'Espagne actuelle et l'Afrique, se sont ouvert un passage que les Grecs appelaient détroit des Colonnes d'Hercule (le détroit de Gibraltar), et sont venues remplir les bassins indiqués, de la Méditerranée, de l'Adriatique et de la mer Noire , en se conservant en outre un passage souterrain qui maintient une communication perpétuelle et des échanges continuels de leurs eaux avec celles de l'océan Atlantique.