ASSEMBLAGE
44. — La neige étant la seule matière venant du ciel que nous ayons eue à notre disposition , alin de nous rendre compte des qualités qu’elle pouvait avoir acquises dans l’atmosphère, nous avons rempli de neige un verre, et, l’ayant placé dans une chambre à température modérée, nous avons remarqué que la neige contenue dans le verre s’est peu à peu rétrécie sur elle-même en formant une boule compacte; ses molécules se resserraient autant que possible vers le centre, et, lorsqu’elles ne purent plus se comprimer, quand tous les pores se trouvèrent fermés par leur propre contraction, alors seulement la boule a commencé à se fondre extérieurement et a continué de se liquéfier constamment par les couches extérieures, sauf la partie supérieure, qui résistait et qui s'est fondue la dernière.
45. — Nous avons donc la preuve que l’élaboration des matières dans l’espace est telle, que chaque molécule, même de la neige, reçoit sa part d’élasticité, d’électricité et de magnétisme; que partout où les molécules se rencontrent en masse, après s’être élaborées dans l’atmosphère, elles tendent à l’union et à la compression entre elles, et que, lorsque le durcissement est parvenu à son maximum, alors, si le corps est composé de molécules totalement aqueuses, la compression continuant en amène la dissolution; dans le cas, au contraire, où les molécules seraient d’une nature sèche ou solide, la compression poussée à son maximum engendrerait le feu.
46. — L’opération suivante nous a servi de base pour le calcul.
Nous avons pris un litre de neige dans son état naturel, et nous l’avons laissée fondre; elle nous a donné le quart de la mesure en eau ; cette eau, bouillie quelques minutes, s’est réduite à la huitième partie; un huitième s’est donc perdu en évaporation. Nous disons s’est perdu, quoique une diminution de l’eau ne soit pas une véritable perte, attendu
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que la partie transformée en étal de vapeur est allée quelque part dans l’air.
Le flocon ou le grain de neige, quelque minime qu’il soit, est un géant en raison des molécules élémentaires, qui sont imperceptibles; aussi cette comparaison ne doit-elle servir que pour démontrer le degré de réduction d’une matière provenant du ciel, et la seule qui puisse avoir de l’analogie avec les molécules élémentaires en question.
Nous avons considéré que la plus petite parcelle de neige est, relativement à une molécule, ce que le chiffre 600 est au chiffre 1 , et que la densité du corps de notre globe est quatre lois et demie celle de l'eau. Nous avons tenu compte de la différence d’épaisseur et d’élasticité des molécules dans les abstractions de notre calcul, et nous avons obtenu pour résultat 800 •><. 1 ; donc, huit cents lieues de molécules ou de fluide primitif équivalent à une lieue du corps de notre globe en son état actuel.
47. — L’espace que l’assemblage de notre globe a occupé dans le ciel , et la quantité de molécules employées pour arriver à sa formation, peuvent être appréciés d’après sa grosseur actuelle, qui est de 9 ,.000 lieues de circonférence en outre de son atmosphère. Pour le former, il a fallu, d’après ce qui précède, 7,200,000 lieues de circonférence de molécules ou fluide primitif. Toutefois, comme cette quantité de fluide n’a pas été réunie d’un seul coup, on conçoit qu’en réalité, il ne se soit pas produit une circonférence aussi vaste pour l’enfantement de notre globe.
48. — Le maximum de molécules qui a servi au premier assemblage a été tout au plus de la moitié du nombre cidessus, c’est-à-dire de 8,600,000 lieues de circonférence, et encore le choc primitif a-t-il instantanément réduit cette masse de fluide à une condensation de moitié; donc 1 ,800,000 lieues ont été la plus grande circonférence qui se soit mise eu
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mouvement de rotation, lors de la formation du globe terrestre, et, dès ses premières évolutions , la pression de l’assemblage en a continué le rétrécissement.
<9 — Pour connaître le progrès de la pression qui s'est opérée vers le centre, suivre à l’œil la diminution de la circonférence qui a été le travail des siècles, et voir en même temps l'adjonction progressive de la seconde moitié des molécules indiquées, il suffît de se reporter aux belles lois découvertes par Képler, et de considérer les célèbres principes de Newton ; c’est là ce qui nous a mis sur la voie de notre calcul.
50. — Il serait long et fastidieux de suivre pied à pied la marche du rétrécissement des 1,800,000 lieues de fluide, et le remplacement successif des couches transmises à l’intérieur, par de nouvelles couches déposées à l’extérieur pour entrer, à leur tour, dans l’intérieur de la masse, et faire place à d’autres molécules qui seront attirées également jusqu’à la concurrence des 3,600,000 lieues qui doivent compléter la quantité voulue de 7,200,000, lesquelles graviteront encore sur elles -mêmes avec uue autre addition de fluide qui devra appartenir au satellite. En vue d’abréger, nous partageons en cinq périodes le rétrécissement progressif effectué dans l’assemblage de notre globe à celte première époque.
51. — Dans les premiers temps, la matière étant légère, se resserrait plus facilement; mais à mesure qu’avançait le travail de la compression, plus la matière se consolidait, plus il lui fallait de temps pour se rétrécir davantage. Dans cette première époque de formation, nous avons cependant la compensation des molécules fraîches qui viennent se joindre périodiquement à la masse, et nous devons à cette combinaison la facilité de calculer en périodes égales le temps du travail depuis le jour du premier assemblage jusqu’au moment où le
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rétrécissement s’est trouvé assez réduit pour détacher le cercle satellite qui formera la lune.
52. — Ce satellite de notre globe s’est détaché de la masse, lorsque, par son propre poids, il pouvait se maintenir comme un corps isolé. Deux puissants auxiliaires ont contribué à cette séparation : l’un était le refroidissement de la couche pâteuse, presque liquide, du cercle intermédiaire; l’autre, l’explosion violente de millions de volcans, qui, éclatant au même instant, ont produit le cataclysme de la fin du premier jour ou de la première époque; celte explosion a séparé le satellite de la planète, en le laissant à la place qu’il occupait, pendant que le corps de cette planète sc resserrait sur son centre.