‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 6 sur 168 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Développement (les Principes énoncés rt-dessus.

Sou ma ire. — Élaboration des fluides dans l’espace, 19. — Leurs inod fleations dans notre atmosphère, 20. — Effets analogues qui se produisent dans le règne animal, 21. — Rencontre et réunion des masses de fluides; leur assemblage, 22. — Propriété do cet assemblage, 23. — Sa contraction , son rétrécissement , sa force attractive , 24. — Sa pesanteur, 25. — Formation du feu central , 20. — Belles conséquences du travail de l’assemblage , 27. — Mode de formation des planètes et des satellites, 28. — Loi relative aux satellites, 29, 30. — Système des anneaux, 31. — Densité des satellites, 32,33. — Exemple tiré de la planète Saturne , 34. — Limites dans lesquelles nous nous renfermons, 35. — Tableau de la densité des corps de notre système solaire, 36.

19. — Tout soleil, toule planète, a ses émanations con- , linuelles jour et nuit; une partie de ces émanations retourne

à sa source primitive, en vertu de la loi d’attraction, d’impulsion et de répulsion (1), sous des formes diverses de chaleur, pluie ou neige; mais une partie se disperse et voyage dans l’espace sous forme de molécules invisibles; ces molécules possèdent naturellement la propriété intrinsèque des corps existant dans l’astre ou la planète qu'elles ont quitté.

20. — Ainsi, les émanations de toute nature qui sortent continuellement de notre globe, s’élèvent et passent dans son atmosphère, qui est l’immense laboratoire où se purifient tous les éléments émanés de la terre. Cette purification s’opère au moyen de l’éther qui filtre constamment des régions supérieures dans les régions inférieures; c’est là que s’exé-

(t) Nous n’avons pas besoin de démontrer cetle loi; elle a été trop bien expliquée par les Képler, les Newton, etc.

eulenl les modifications chimiques de la matière dont une partie, poussée par les vents hors des limites de l’atmosphère, pénètre, par l’effet de sa subtilité, dans les régions supérieures et latérales en dehors de notre globe.

21. — De même, quand l’homme, quand les animaux respirent, il se fait line opération chimique dont les poumons sont le foyer; l’air aspiré s’y décompose; l’un de ses éléments, l’oxygène, suivant les physiologistes, entre dans le sang, et une partie des autres éléments est expulsée sous forme de ce qu’on appelle l’haleine ; l’haleiue n’est donc plus composée des mêmes principes que l’air; elle a changé de qualité, et en sortant des êtres animés, elle passe dans l’atmosphère, et se mêle à la masse des molécules dispersées dans l’espace.

22 — I! arrive un moment où une énorme quantité de ces molécules de toute nature, entraînées par leur propre poids, qui engendre les vents dans toutes les directions, sont poussées vers un point central, et se rencontrent dans les régions célestes; ce phénomène doit s’opérer dans les diverses sphères d’activité des astres ou constellations, au moins une fois tous les quatre ou cinq siècles, par une raison que nous verrons plus lard ; alors, la rencontre des molécules sur une immense échelle produit forcément leur union; cette union forme un amas très-considérable; c’est ce que nous appellerons un assemblage.

23. — Cet assemblage, quelque dilaté qu’il soit, est déjà un corps spécial et isolé dans l’espace ; ce corps a aussi la propriété inhérente à tous les corps, d’attirer à lui et d’absorber les molécules isolées qui s’approchent de son cercle d’action.

24. — L’assemblage, par la loi du mouvement universel, * ne peut pas rester stationnaire ; il se trouve poussé avec violence, il est entraîné par le courant, et doil suivre la marche

PREMIÈRE ÉPOQUE

ouverte devant lui sur un chemin qui sera bientôt son orbite régulière; dans sa course précipitée, l’assemblage se rétrécit, se contracte, en diminuant son volume, qui se durcit vers le centre, en même temps qu’il augmente sa sphère extérieure par l’adjonction constante de nouvelles molécules, lesquelles forment de nouveaux cercles successifs autour du premier corps. «

25. — Ce corps a déjà un poids suffisant pour se maintenir en équilibre ; il entre aussitôt dans les lois de la pesanteur qui régissent les autres corps célestes, et par conséquent, il est immédiatement en harmonie avec ceux de la constellation dans laquelle il se trouve, et commence à subir sa première règle organique^ qui est de faire ses évolutions rapides dans un sens circulaire ou ovale.

26. — Un rétrécissement progressif sera l'effet de ce travail continu, et la compression de l’assemblage sera relative ou proportionnelle à la vitesse de sa rotation ; la contraction produisant une dureté centrale, cette dureté engendrera le feu, et ce feu dominera la masse, classera les matières en les séparant de leurs parties liquides.

27. — Plus l’assemblage se durcit, plus il augmente sa force d’attraction , en sorte que pendant longtemps il sera destiné à faire un double service. D’abord, il absorbera les molécules vagabondes dans l’espace, et provenant des fluides, superflus des autres astres; son travail aura ensuite pour conséquence la formation d’une nonvelle planète dans le cadre du firmament ; enfin il sera, de plus, uti moyen de purifier Pair du ciel en balayant, pour ainsi dire, les fluides hétérogènes, et en les rendant utiles pour une nouvelle transformation.

28. — Le temps que durera ce premier enfantement d’une nouvelle planète sera subordonné à la quantité de molécules ou de fluides superflus qui se trouveront disponibles pour elle

dans l’espace, el à l’aptitude qu’aura le nouveau corps pour les recevoir ou les rejeter; ainsi, il les recevra tant que ses parties extérieures, déjà liées au centre par une affinité directe, conserveront la même énergie d’attraction. Dans le cas contraire, les nouvelles couches de molécules qui se disposeront circulairement et se fixeront autour du corps principal ne pourront pas filtrer et se fusionner jusqu’au centre; elles ne pourront qu’être rejetées par celui-ci, s’il arrive que la cause qui a fait obstacle à la tiltration immédiate devienne plus puissante; alors la répulsion ou le rejet aura lieu, soit par le détachement d'une couche tout entière, soit par la séparation de quelques fragments; chaque portion, ainsi détachée, formera autant de satellites toujours adhérents au corps principal, ainsi que nous voyons la lune graviter autour de notre globe, et les satellites de Jupiter et de Saturne tourner autour de ces planètes.

29. — Les satellites se formeront à mesure qu’ils seront détachés du corps principal. La place dans laquelle chaque satellite aura été déposé lui restera acquise pour toujours sans qu’il puisse jamais s’en écarter, à cause du rapport d’affinité et de dépendance tout à la fois qui unira ce satellite à sa planète; il restera presque sous sa domination; son mouvement de rotation sera assujéti au mouvement du corps principal, quelle que soit la distance qui les sépare.

30. — Chaque satellite se trouvera éloigné de sa planète à une distance plus ou moins grande , la cause de cette distance provenant sÿaiplement du rétrécissement du corps principal, car chaque satellite reste au point où il a été déposé.

31. — Un anneau peut se détacher tout entier de la circonférence de la planète, à un moment donné de refroidissement, et conserver sa forme ; cela arrivera toutes les fois qu’il lui manquera la chaleur et la force, soit pour se ré-

PREMIÈRE ÉPOQUE

trécirsur lui-même, soit pour se partager en plusieurs corps; alors cet anneau, et successivement d’autres anneaux, se maintiendront en état circulaire autour de la planète, quand même cette planète continuerait à se rétrécir vers son centre ; c’est ce qui est arrivé à la planète Saturne, dans la constellation de notre soleil. Il existe sans doute, et il y aura, dans la suite des temps, bien d’autres planètes présentant des phénomènes semblables, et peut-être avec une douzaine et plus d’anneaux autour d’elles, dans les constellations que nous ne parvenons pas à apercevoir.

32. — Les satellites, après leur formation, restent généralement plus légers que la planète dont ils dépendent, ainsi que le prouve la lune, qui n’a, à peu près, que sept dixièmes de densité relativement à la terre.

33. — Cependant, une planète peut se refroidir à la première où à la seconde époque de sa formation, et dans ce cas elle restera toujours très-légère, tandis que ses satellites peuvent conserver leur chaleur spéciale, continuer l’œuvre de leur rétrécissement particulier; dans ce cas, le satellite deviendra un corps plus compacte, mais sa petite dimension le laissera toujours soumis aux lois dominantes de sa planète, à laquelle il a laissé la quintessence de ses fluides.

34. — Saturne n’a qu’un dixième du poids ou de la densité de notre globe; celte circonstance, et celle de son immense circonférence, prouvent que la planète Saturne s’est refroidie aux premières époques de sa formation, après cependant avoir détaché ses satellites, et peu de temps après la séparation de ses derniers anneaux, qui, refroidis eux-mêmes, lui sont' restés forcément adhérents.

35. — Notre but n’étant point d’entrer dans les détails de l’astronomie, nous nous arrêterons aux indications strictement nécessaires pour expliquer l’origine et la suite de nos recherches de formation primitive ; quant à la planète

Saturne, nous l’avons prise comme point de comparaison ; nous pourrons y revenir, mais nous donnerons , surtout lorsqu’il en sera temps, des détails sur le soleil, astre qui domine dans le cercle de notre constellation. Il nous suffit, pour le moment, d’indiquer la densité des principaux corps célestes de notre système solaire comparativement à la terre.

Nous nous bornerons aussi à indiquer les grands faits primitifs de la nature, car les petits phénomènes qui se produisent dans l’espace, comme la foudre, les comètes, les aérolithes, et tant d’autres accidents momentanés, n’entrent pas dans le plan de cet ouvrage; ils sont expliqués dans les traités spéciaux d’astronomie et de météréologie.

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