‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 5 sur 60 · PALAIS CRETOIS · texte numérisé non relu

PALAIS CRETOIS

La Crète moderne regarde vers la Grèce; ses trois ports principaux, la Canée, Rhctymno et Candie, sont au nord. Du coté du sud, aucune ville importante n'a remplacé Phaestos et (iortync; aucun port ne s'ouvre au commerce avec l'Egypte.

C'est d'Athènes que partent les paquebots qui apportent dans Pile de Minos quelques objets fabriqués en échange du raisin et de riiuile. On peut aller directement en quelques heures du Piréc à Candie. Le port et hi ville ont gardé quelques vestiges de l'occupation vénitienne. Le touriste ne leur accorde plus (ju'un regard distrait. S'il n'est pas très décidé à ne pas faire de politique, il sera frappé de l'animation qui règne dans les rues et de la satisfaction qui se peint sur les visages. Les images qui décorent les boutiques, la lettre H q"c les écoliers portent sur leurs casquettes pour rappeler Héracléion, nom grec de la ville, les conversations, les allures, une certaine afTcctation de montrer aux étrangers qu'on jouit de la paix en même temps que de l'indépendance, tout respire ici un synq^athique patriotisme. Mais nous sommes venus pour voir des ruines. Nous demandons qu'on nous conduise à Cnossos. l ne route assez bien tracée y conduit en une heure de voiture.

lA CRtTE ANCIENNE.

L ARClIlTKCrrRE.

Le site de Cnosse est sans beauté. Delphes est dominée par le Parnasse et close de toutes parts; mais on n'y regrette pas l'étendue, absorbé qu'on est par le mystère de cette vallée-sanctuaire. Le tertre de Tirynthe domine une vaste plaine et la mer. Mycènes est bien l'antre du lion, caché aux premiers replis de la montagne,

telle qu'Homère l'avait vu, « réduit de l'Argolide où paissent les chevaux » (1).

Moins pittores([ue , Cnosse est entourée de collines aux formes molles; le mont louktas regarde par-dessus leurs têtes, mais il n apparaît que comme un mamelon plus élevé que les autres. De la mer on aperçoit seulement un triangle terminant la vallée. Cependant l'aspect des lieux a son charme. Du sud descend un torrent, presque une petite rivière, le Kaeratos des anciens, dont les rives sont encore bordées par les maisons du village de Makrilichos. Un affluent sans importance, ou plutôt une petite vallée sans eau, le rejoint de l'ouest. Les restes du palais sont assis sur un plateau borné au sud par la rencontre des deux vallées, à l'est par le Kaeratos, à l'ouest par une légère dépression; il n'a pas de limites naturelles du côté du nord. iMais ce plateau dont la partie ouest est plane, tandis que

(1) Od., III, 263 : ... (i.u/q> ""Xçi^to^ licTcoêÔToio.

Fig. û. — Cnossos. Schéma topogra|)lii(|ue.

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