R' PARTIE, SCÈNE VII
DE MARSAN, après un instant.
Tu as raison. Je suis injuste, et pis que cela. N’y prends pas garde. Je t’aime et te vénère, tu le sais;., mais je suis tourmenté, vois-tu — je suis malheureux... Tu me pardonnes, n’est-
ce pas ? ( Il lui tend la main.) > ,
ANTOINE, attendri et lui baisant la main.)
Oh! monsieur... Mais si c’est madame qui vous tourmente, c’est bien à tort. Fiez-vous-en à ma vieille expérience... (Riant «n vieillard.) Le médecin y perdra son latin... Il n’y a pas de danger.
DE MARSAN, se lerant.
Non... n’est-ce pas? C’est ce que je me disais, c’est un caprice !
ANTOINE
Un pur caprice.
DE MARSAN
Et au fait, je ne me donnerai même pas le petit travers de courir après eux.
' ANTOINE
Vous ferez bien , monsieur.
DE MARSAN
Au moins je ne partirai que ce soir, s’ils ne sont pas revenus... Tiens, Antoine, je dînerai en garçon, à mon petit couvert — comme il y a douze ans. Tu me serviras. Nous causerons de ce temps frivole... hé! hé! nous nous rappellerons bien des choses, mon vieil Antoine. ( Il se rassied.)
ANTOINE
Je m’en fais une fête, comme monsieur.
DE MARSAN, après un silence — se levant brusquement et prenant son chapeau sur la cheminée, il se dirige virement vers le fond, à droite.)
Décidément , je vais retrouver ma femiçe !
w ANTOINE, le suivant.
Eh bien , monsieur, vous avez raison !
DE MARSAN. * „ '
N’est-ce pas? Viens avec moi, Antoine... partons!