‹ La Crise CotonnièreChapitre 7 sur 53 · BURN · texte numérisé non relu

BURN

La consommation des filatures suit la même progression :

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nombre des broches augmente dans des proportions

énormes :

Nombre de broches en millions :

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1. Chitfres cilés dans le rapport de la Commission permanente des valeurs en douane, année 1915.

2, Chiffres cités par M.

Jacob,

Leroy-Beaulieu (Æconomiste français, 1911,

Cette augmentation se trouve encore amplifiée du fait de l’accroïssement de puissance des broches nouvelles.

Production annuelle d’une broche de chaîne de ?8 :

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En tenant compte de ce facteur, la capacité de production de filé a augmenté de 132 -% de 1895 à 1914. Il est fort vraisemblable que, dans cette période, la capacité productrice des métiers à Lisser augmente parallèlement.

En résumé, de 1895 à 1914, la production de matière première et la consommation augmente de 85 % environ, tandis que la capacité de production des industries croit de plus de 130 °/,.

A se borner à l'examen de ces chiffres, 1l semblerait que malgré le léger déséquilibre entre la production et l’outillage, que cette période fut pour le cultivateur comme pour l'industriel du coton une ère de prospérité, mais ils sont loin d'indiquer la situation réelle. L'industrie cotonnière subit, en effet, un malaise prolongé qui, sensible dès 1904, s’accentua en 1910 et se fit sentir jusqu’à la guerre. Il est indispensable de rechercher les causes de ce malaise pour comprendre à quel point était anormale la position industrielle de cette époque.

Nous exposerons successivement : les variations du prix

du coton fibre, la position des industriels.

Section II. — Prix du coton fibre.

On ne doit pas oublier que la période envisagée est une période de hausse générale des prix très accentuée, aussi convient-il d'observer la hausse du prix du coton compa-

rativement à ce mouvement d'ensemble.

En raison des variations annuelles des récoltes et des variations de prix qui en résultent!, nous ne tiendrons compte que des prix indiqués par la courbe de longue durée. (C'est la droite de longue durée des logarithmes de prix qui sera utilisée, cette droite étant dans le cas présent plus précise que la courbe de longue durée des prix réels).

On en déduit, pour le marché du Havre (voir Planche D), un taux annuel d’accroissement des prix de 3,6 % tandis que les indices fictifs des prix des années extrêmes 1895 et 1914 sont de 64,25 et 121,20, soit une augmentation de SO:

Quant aux indices des prix en France obtenus par le même procédé, ils sont de : 82,5 en 1895 et de 114,7 en 1914, soit une augmentation de 39 % seulement. On voit par ces chiffres que la hausse du coton fibre se sépare nettement du mouvement général des prix et que son ampleur est beaucoup plus grande.

Il reste à chercher une explication, mais une remarque liminaire semble indispensable?,

Il est bien évident que la production des matières première influe sur les prix, tout autant que leur consommation; autrement dit, le prix est une combinaison de l'offre et de la demande. Or, dans le cas du coton, contrairement à ce qui se produirait pour des matières premières extractives de production plus stable que la consommation, e’est au contraire la consommation réelle qui varie ici plus lentement, c’est done la production qui devrait exercer

une action prépondérante sur l'orientation des prix. C'est

1. Voir à ce sujet : Moore : Forccasting the yield and pricès of cotton. 1. Nous insistons un peu sur ce point car nous aurons l’occasion de voir le même processus se reproduire de 1926 à 1930,

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