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tisme » et est digne de tous les éloges; quand elle est le fait d’un peuple oriental, elle s'appelle “ fanatisme » ou « xénophobie » et ne mérite plus que la haine ou le mépris. D'ailleurs, n’estce pas au nom du « Droit », de la « Liberté ». de la « Justice » et de la « Civilisation » que les £uropéens prétendent imposer partout leur domination, et interdire à tout homme de vivre et de penser autrement qu’eux-mêmes ne vivent et ne pensent ? On conviendra que le « moralisme » est vraiment une chose admirable, à.
moins qu'on ne préfère conclure tout simplement; comme nous-même, que, sauf des exceptions d’autant plus honorables qu'elles sont plus rares, 1l n’y a plus guère en Occident que: deux sortes de gens, assez peu intéressantes l’une et l’autre : les naïfs quise laissent prendre à ces grands mots et qui croient à leur « mission civilhisatrice », inconscients qu'ils sont de la barbarie matérialiste dans laquelle ils sont plongés, et les habiles qui exploitent cet état d'esprit pour la satisfaction de leurs instincts de violence et de cupidité. En tout cas, ce qu’il y a de certain, c’est que les Orientaux ne menacent. personne et ne songent guère à envahir lOccident d’une façon ou d’une autre; ils ont, pour le moment, bien assez à faire de se défendre contre l'oppression européenne, qui risque de
les atteindre jusque dans leur esprit; et il est au moins curiéux de voir les agresseurs se poser en victimes.
Cette mise au point était nécessaire, car il est. certaines choses qui doivent être dites; mais
nous nous reprocherions d’y insister davantage, la thèse des « défenseurs de l'Occident » étant vraiment par trop fragile et inconsistante. Du reste, si nous nous sommes départi un instant de la réserve que nous observons habituellement en ce qui concerne les individuahtés pour citer M. Henri Massis, c’est surtout parce que celui-ci représente en la circonstance une certaine partie de la mentalitécontemporaine, dont
il nous faut aussi tenir compte dans cette étude
sur l’état du monde moderne. Comment ce «traditionalisme » d’ordre inférieur, étroitement borné et incompréhensif, peut-être même assez artificiel, s'opposerait-il vraiment et efficacement à un esprit dont 1l partage tant de préjugés? De part et d'autre, c’est, à peu de chose près, la même ignorance des véritables prineipes; c’est le même parti pris de nier tout ce qui dépasse un certain horizon; c’est la même Ina ptitude à comprendre l'existence de civilisations différentes, la même superstition du « classicisme » gréco-latin. Cette réaction insuffisante n’a d'intérêt pour nous qu’en ce qu’elle marque
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une certaine insatisfaction de l’état présent chez quelques-uns de nos contemporains; de cette.
même insatisfaction, il y a d’ailleurs d’autres manifestations qui seraient susceptibles d’aller plus loin si elles étaient bien dirigées; mais, pour le moment, tout cela est fort chaotique, et il est encore bien difficile de dire ce qui s’en dégagera. Cependant, quelques prévisions à cet égard’ ne seront peut-être pas entièrement inutiles; et, comme elles se lient, étroitement au destin du monde actuel, elles pourront en même temps servir de conclusions à la présente étude, dans la mesure où il est permis d’en tirer des conclusions sans donner à l'ignorance « profane » l’occasion d'attaques trop faciles, en développant imprudemment des considérations qu'ilserait impossible de justifier par les moyens ordinaires. Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que tout peut être dit indifféremment. du moins lorsqu'on sort de la doctrine pure pour en venir aux applications ; il y a alors certaines réserves qui s'imposent, et des questions d’opportunité qui doivent se poser inévitablement ; mais ces réserves légitimes, et même indispen- Sables, n’ont rien de commun avec certaines craintes puériles qui ne sont que l'effet d'une ignorance comparable à celle d’un homme qui, Suivant lexpression proverbiale hindoue.