‹ La crise du monde moderneChapitre 22 sur 147 · ER, À · texte numérisé non relu

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Quelques-uns, qui n'avaient sans doute pas pris la peine de lire nos livres, ont cru devoir nous reprocher d’avoir dit que toutes les doctrines traditionnelles avaient une origine orientale, que l'antiquité occidentale elle-même, à toutes les époques, avait toujours recu ses traditions de l'Orient; nous n'avons jamais rien écrit de semblable, ni même rien qui

puisse suggérer une telle opinion, pour la simple raiSOn que nous savons très bien que cela est

faux. En effet, ce sont précisément les données traditionnelles qui s'opposent nettement à une assertion de ce genre : on trouve partout l'affirmation formelle que la tradition primordiale du cycle actuel est venue des régions hyperboréennes; il y eut ensuite plusieurs courants secondaires, correspondant à des périodes diverses, et dont un des plus importants, tout au moins parmi ceux dont les vestiges sont encore discernables, alla incontestablement de l'Occident vers l'Orient. Mais tout cela se rapporte à des époques fort lointaines, de celles qui sont communément dites « préhistoriques », et ce n’est pas là ce que nous avons en vue, ce que nous disons, c’est d’abord que, depuis fort longtemps déjà, le dépôt de la tradition primordiale a été transféré en Orient, et que c’est là que se trouvent main-

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tenant les formes doctrinales qui en sont issues le plus directement; c’est ensuite que, dans l’état actuel des choses, le. véritable esprit traditionnel, avec tout ce qu'il implique, na plus de représentants authentiques qu’en Orient.

Pour compléter cette mise au point, nous devons nous expliquer aussi, au moins brièvement, sur certaines idées de restauration d’une « tradition occidentale » qui ont vu le jour dans divers milieux contemporains; le seul intérêt qu’elles présentent, au fond, c'est de montrer que quelques esprits ne sont plus satisfaits de la négation moderne, qu'ils éprouvent le besoin d’autre chose que de ce que leur offre notre époque, qu'ils entrevoient la possibilité d’un retour à la tradition, sous une forme ou sous une autre, comme l'unique moyen de sortir de la crise actuelle. Malheureusement, le « traditionalisme » n’est point la même chose que le véritable esprit traditionnel; il peut n'être, et il n’est bien souvent en fait, qu’une simple tendance, une aspiration plus ou moins vague, qui ne suppose aucune connaissance réelle; èt, dans le désarroi mental de notre temps, cette aspiration provoque surtout, il faut bien le dire, des conceptions fantaisistes et chimériques, dépourvues de tout fondement sérieux. Ne trouvant aucune

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