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est l'impossibilité de faire revivre présentement
une tradition « atlantéenne », ou même de Sy rattacher plus ou moins directement; il y a d’ailleurs bien de la fantaisie dans les tentatives de cette sorte. Il n’en est pas moins vrai qu'il peut être intéressant de rechercher l’origine des éléments qui se rencontrent dans les traditions ultérieures, pourvu qu’on le fasse avec toutes les précautions nécessaires pour se garder de certaines illusions ; mais cesrecherches ne peuvent en aucun cas aboutir à la résurrection d'une tradition qui ne serait adaptée à aucune des conditions actuelles de notre monde.
Il en est d’autres qui veulent se rattacher au « celtisme », et, parce qu'ils font ainsi appel à quelque chose qui est moins éloigné de nous, il peut sembler que ce qu'ils proposent soit moins irréalisable; pourtant, où trouveront-ils aujourd hui le « celtisme » à l’état pur, et doué encore d’une vitalité suflisante pour qu'il soit possible d'y prendre un point d'appui? Nous ne parlons pas, en effet, de reconstitutions archéologiques ou simplement « littéraires », comme on en a vu quelques-unes; c'est de tout autre chose qu'il s’agit. Que des éléments celtiques très reconnaissables et encore utilisables soient parvenus jusqu'à nous par divers
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intermédiaires, cela est vrai; mais ces éléments sont très loin de représenter l'intégralité d'une tradition, et, chose surprenante, celle-c1, dans les pays mêmes où elle a vécu jadis, est maintenant plus complètement ignorée encore que | celles de beaucoup de civilisations qui furent | toujours étrangères à ces mêmes pays; ny a-t-il pas là quelque chose qui devrait donner à réfléchir, tout au moins à ceux qui ne sont pas entièrement dominés par une idée, pré- | conçue? Nous dirons plus : dans tous les cas comme celui-là, où l’on a affaire aux vestiges laissés par des civilisations disparues, 1l n'est possible de les comprendre vraiment que par comparaison avec ce qu’il y a de similaire dans les civilisations traditionnelles qui sont encore vivantes; et l’on peut en dire autant pour le moyen âge lui-même, où se rencontrent tant de choses dont la signification est perdue pour les Occidentaux modernes. Cette prise de contact avec les traditions dont l'esprit subsiste toujours est même le seul moyen de revivilier ce qui est encore susceptible de l'être; et c'est à, comme nous l’avons déjà indiqué bien souvent, un des plus grands services que l'Orient puisse rendre à l'Occident. Nous ne nions pas la survivance d’un certain « esprit celtique », qui peut encore se manilester sous des formes
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diverses, comme il l’a fait déjà à différentes époques; mais, quand on vient nous assurer qu'il: existe toujours des centres spirituels conservant intégralement la tradition druidique, nous attendons qu’on nous en fournisse la preuve, et, jusqu’à nouvel ordre, cela nous paraît bien douteux, sinon tout à fait invraisemblable.
La vérité est que les éléments celtiques subsistants ont été pour la plupart, au moyen âge. assimilés par le Christianisme; la légende du « Saint Graal », avec tout ce qui s’y rattache, est, à cet égard, un exemple particulièrement probant et significatif. Nous pensons d’ailleurs qu'une tradition occidentale, si elle parvenait à se reconsiituer, prendrait forcément une orme extérieure religieuse, au sens le plus strict de ce mot, et que cette forme ne pourrait être que chrétienne, car, d’une part, les autres formes possibles sont depuis trop longtemps étrangères à la mentalité occidentale, et, d’autre part, c’est dans le Christianisme seul, disons plus précisément encore dans le Catholicisme, que Se trouvent, en Occident, les restes d'esprit. traditionnel qui survivent encore. Toute tenbative « traditionaliste » qui ne tient pas compte de ce fait est inévitablement vouée à l’insuccès, parce qu’elle manque de base; il est trop évident
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qu'on ne peut s'appuyer que sur ce qui existe d’une facon effective, et que, là où la continuité fait défaut, il ne peut y avoir qué des reconstitutions artificielles et qui ne sauraient être viables; si l’on objecte que le Christianisme même, à notre époque, n'est plus guère compris vraiment et dans Son sens profond, nous répondrons qu'il a du moins cardé, dans sa forme même, tout ce qui est nécessaire pour fournir la base dont il s’agit. La tentative la moins chimérique, la seule même qui ne se heurte pas a des impossibilités immédiates, serait donc celle qui viserait à restaurer quelque chose de comparable à ce qui exista au moyen âge, avec les différences requises par la modification des circonstances; et, pour tout ce qui est entièrement perdu en Occident, il conviendrait de faire appel aux traditions qui se sont conservées intégralement, comme nous lindiquions tout à l'heure, et d’accomphr ensuite un travail d'adaptation qui ne pourrait être que l’œuvre d’une élite intellectuelle fortement constituée. Tout cela, nous lavons déjà dit; mais 1l est bon d'y insister encore, parce que trop de rêveries inconsistantes se donnent libre cours actuellement, et aussi parce qu'il faut bien comprendre que, si les traditions orientales, dans leurs formes propres,
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