‹ La crise du monde moderneChapitre 40 sur 147 · SR EN ED · texte numérisé non relu

SR EN ED

de plus en plus accentuée, car la matière est essentiellement multiplicité et division, et c'est pourquoi, disons-le en passant, tout ce qui en procède ne peut engendrer que des luttes et des conflits de toutes sortes, entre les peuples comme entre les individus. Plus on s’enfonce dans la matière, plus les éléments de division et d'opposition s’accentuent et s’amplifient ; inversement, plus on s’élève vers la spiritualité pure, plus on s'approche de l'unité, qui ne peut être pleinement réalisée que par Îa conscience des principes universels.

Ce qui est le plus étrange, c’est que le mouvement et le changement sont véritablement recherchés pour eux-mêmes, et non en vue

d’un but quelconque auquel ils peuvent con- -duire; et ce fait résulte directement de l’absorp-

tion de toutes les facultés humaines par l’action extérieure, dont nous signalions tout à l'heure le caractère momentané. C’est encore la dispersion envisagée sous un autre aspect, et à un stade plus accentué : c’est, pourrait-on dire, comme une tendance à l’instantanéité, ayant pour limite un état de pur déséquihbre, qui, s’il pouvait être atteint, coïnciderait avec la dissolution finale de ce monde; et c'est encore un des signes les plus nets de la dernière

période du Kali-Yuga.

Page 1