‹ La crise du monde moderneChapitre 73 sur 147 · RATE · texte numérisé non relu

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licisme; c’est donc dans le domaine religieux 1 que nous allons avoir à envisager la révolte À contre l'esprit traditionnel, révolte qui, lors- :

qu’elle a pris une forme définie, s’est appelée le Protestantisme: et il est facile de se rendre compte que c’est bien là une manifestation de l’individualisme, à tel point qu'on pourrait dire que ce n’est rien d'autre que lindividualisme lui-même considéré dans son apphcation à la religion. Ce qui fait le Protestan- : tisme, comme ce qui fait le monde moderne, ; ce n’est qu’une négation, cette négation des principes qui est l’essence même de l'imdivi-

dualisme; et l’on peut voir là encore un des Ë exemples les plus frappants de l’état d’anarchie ! et de dissolution qui en est la conséquence. \4

Qui dit individualisme dit nécessairement refus d'admettre une autorité supérieure à Pindividu, aussi bien qu’une faculté de con-

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naissance supérieure à la raison individuelle; les deux choses sont inséparables l’une de l'autre. Par conséquent, l’esprit moderne devait rejeter toute autorité spirituelle au vrai sens du mot, prenant sa source dans l'ordre sSuprahumain, et toute organisation traditionnelle, qui se base essentiellementsur une telle autorité, quelle que soit d’ailleurs la forme qu’elle revête, forme qui diffère naturellement Suivant les civilisations. C’est ce qui arriva en eflet : ; l'autorité de l’organisation qualifiée pour interpréter légitimement la tradition religieuse de l'Occident, le Protestantisme prétendit substituer ce qu’il appela le «libre examen», c'està-dire l'interprétation laissée à l'arbitraire de chacun, même des ignorants et des incompétents, et fondée uniquement Sur l'exercice de la raison humaine. C'était donc, dans le domaine religieux, l’analogue de ce qu'allait être le « rationalisme » en philosophie; c’était la porte ouverte à toutes les discussions, à toutes les divergences, à toutes les déviations ; et le résultat fut ce qu’il devait être : la dispersion en une multitude toujours croissante de sectes, dont chacune ne représente que l’opinion particulière de quelques individus. Comme il était, dans ces conditions, impossible de s'entendre sur la doctrine, celle-ci passa

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