I. LA POLICE ET LA GENDARMERIE
La désorganisation générale semble bien avoir atteint la police. Son insuffisance s'est affirmée sous une forme burlesque par la prodigieuse histoire des bandits fantômes de Pegomas qui dure depuis des années sans qu'on ait pu trouver le mot de cette invraisemblable énigme.
L'impuissauce de la police est L impuissance \. , , .
, , ,. encore démontrée par son incapacité
de la pouce ^ , ^ . i
ou sa lenteur a retrouver les auteurs
du vol de laJoconde, du déraillement
de Pont-de-l'Arche, du cambriolage
du train poste sur le P.-L.-M. (le coupable a été arrêté à
Bruxelles par la police belge), de l'attentat de la rue Or-
dener, de la violation de la tombe de Lantelme au Père-
Lachaise et de tant d'autres méfaits encore.
11 n'est pas douteux qu'une des causes de la faiblesse de la police réside dans l'état d'esprit qui règne dans certains de ses éléments. Aujourd'hui, on distingue chez les policiers parisiens les réformistes et les syndicalistes. Or, VUni'on des réformistes, qui compte six mille adhérents, formule des revendications telles que M. Lépine, préfet de police, ne veut plus recevoir les délégués de ce groupement. {Voir Le Malin, 17 décembre 1911.)
Les gardiens de la paix à Paris ont toujours leurs grandes qualités, mais c'est peut-être parce qu'ils ne paraissent plus aussisùrsquejadisqueM. Achille, conseiller municipal, dans son rapport sur le budget, tout en rappelant les mérites des agents, les invite à conserver par-dessus tout u l'esprit de disciplinequifaitleurforce').(VoirjLeil/a/m, 24décembre 1911.)
U est intéressant de constater que les syndicalistes anarchistes semblent avoir des attaches sympathiques dans la police parisienne. En effet, quand le gouvernement ordonna chez les antimilitaristes des perquisitions prévues pour le 18 juillet 1911, celles-ci ne purent avoir lieu, les antimilitaristes ayant été prévenus à temps des mesures qui les visaient. (Voir L'Écho de Paris, 19 juillet 1911.)
^ ,..- , L'état de la gendarmerie mérite
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, , , de même la plus sérieuse attention,
de la gendarmerie.
La gendarmerie contient toujours
d'admirables éléments, mais elle est surchargée de besognes multiples qui la détournent de sa tâche. Quand une grève violente ou une émeute éclate, on prélève des gendarmes un peu partout. On les concentre dans la région troublée pendant de longues semaines, comme cela a eu lieu en Champagne. Durant cette période, les brigades, sur lesquelles les prélèvements ont été effectués, sont réduites à deux ou trois gendarmes au lieu de cinq. Les communes où sont situées ces brigades sont alors démunies de toute protection. Les cheminots, traîneurs de route, braconniers, malandrins de toute espèce proGtent largement de cette situation. Elle contribue à rendre nos campagnes de moins en moins sûres.
Il faut savoir, en outre, que le recrutement de la gendarmerie devient difGcile. Les traitements des gendarmes sont notoirement insufûsants. Aussi, les sujets d'élite qui quittent l'armée ne se soucient-ils plus comme autrefois d'entrer dans les légions. Maintenant, pour remplir même péniblement les cadres, il faut accepter à peu près tous les candidats qui se présentent. Il n'y a plus comme jadis sélection. De ce chef, le niveau moral de la gendarmerie autrefois si élevé est incontestablement en baisse.