I. — LES ERREURS DES CLASSES DITES DIRIGEANTES APRÈS
Après la guerre, les classes moyennes, alors qualifiées de dirigeantes, avaient le pouvoir, rinfluence sur le nombre et l'argent. Pour qu'avec de tels éléments, elles aient perdu la partie, il faut bien admettre qu'elles ont commis des fautes graves. Ces fautes, en effet, sont indéniables.
-, . . La bourgeoisie, aisée et iudépen-
La bourgeoisie. , , , . , , • j
dante, n a pas senti, au lendemain de
la guerre, que c'était à elle qu'incombait le devoir d'appliquer dans leur véritable esprit les principes républicains. Elle s'est d'abord obstinée à servir des idées usées et, quand elle a constaté l'impossibilité de faire triompher ses formules périmées, elle a boudé la République et déserté la vie publique laissant le champ libre aux arrivistes politiciens .
^ Pendant la même période, les
Les patrons. , ... . .
patrons, qui se recrutaient aussi dans
les classes moyennes, n'ont pas compris l'évolution moderne ni voulu admettre ce qu'il y avait de juste dans les réclamations ouvrières. Ils ont ainsi facilité la tâche des agitateurs qui visaient à persuader aux travailleurs que leurs intérêts étaient radicalement opposés à ceux des employeurs.
. Le clergé catholique, lui, n'a pas
voulu admettre que son rôle était en dehors de la politique. Il a suivi dans ses erreurs la bourgeoisie. Il a manifesté fréquemment ses préférences antirépublicaines et oppositionnelles, favorisant ainsi le progrès du mouvement anticlérical. Même l'autorité suprême du grand et clairvoyant pape Léon XIII a été impuissante à convaincre le clergé du danger de cette attitude.
, , , . De ces incompréhensions et de
L amvee aupouvoir , , ,. ., , - ,, .
,.^. . ces abstentions, il est resuite que,
des politiciens. , . , .' . .
pendant les vingt années qui ont
suivi la guerre, ceux qui normalement auraient dû être les guides de la nation ont perdu toute autorité sur les masses, abandonnant progressivement le pouvoir aux seuls politiciens. Or, ceux-ci, à leur tour, perdant rapidement de vue les intérêts généraux du pays pour ne se préoccuper que des avantages particuliers de leurs factions, ont faussé dans l'application, comme nous l'avons vu, tous les principes républicains.