‹ La criseChapitre 16 sur 28 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTOINE, DESSOLES, Tenant de la serre.

DESSOLES

Bonjour, Jérémie !

ANTOINE

Je suis votre serviteur, monsieur.

DESSOLES

Je croyais madame de Marsan dans ce salon?

ANTOINE, aTec hésitation.

Non... non... monsieur... Madame m'a chargé... de le dire à monsieur...

DESSOLES, vivement.

Quoi?

ANTOINE

Que vous l'attendiez ici... (a part.) sous Forme !... Tant pisl

DESSOLES

Merci, mon ami! (il «'étend dans on fauteuil, près du guéridon.)

ANTOINE

Si monsieur veut le journal? (U lui donne un journal qu'il prend sur la console, et ajoute à part avec bonhomie naïve :) — car il ne faut

pas le priver de tout, non plus !

DESSOLES

Je te remercie. (Déployant le journal.) Voyons! qu'est-ce qu'il y a de neuf là-bas?

ANTOINE, avec intention.

U y a beaucoup de maladies, monsieur, à ce qu'il parait.

DESSOLES

Ah ! tant mieux ! Bravo ! bravissimo !

ANTOINE

Ah! ah! monsieur me rappelle le temps où j'étais militaire... Le bruit de la bataille nous transportait... nous marchions au canon... Quand on parle à un médecin de maladies, ça lui fait le même effet... Il faut qu'il y aille. Eh! eh ! c'est ce que j'admire, monsieur, dans le caractère^ des médecins.

DESSOLES, distrait*

Oui!

ANTOINE

Oui, monsieur... Monsieur serait peut-être bien aise de connaître les heures de départ du chemin de fer? Nous avons avant midi trois convois : celui du Havre...

DESSOLES

Merci... merci... je ne pars pas ce matin.

ANTOINE

Le soir, monsieur, nous avons trois convois également. Le

premier... (On entend au dehors la yoîx de de Marsan qui chante : II emporta la feuille et le serment, ou touuutre air à volonté.) C'est mon

maître !... 11 me fait mal! (Entre de Marsan, chantant, par la gauche.)

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