INSUFFISANCE DES NONCES
bonnes volontés hésitantes, un Jean de Mella, que la maladie retenait en sa demeure [, un Tudeschi, dont le caractère inspirait peu de confiance 2, étaient par trop insuffisants. Il eût fallu des hommes de poids, des cardinaux, comme on le faisait remarquer à ce moment même, qui, sinon comme légats (on ne les eût sans doute pas reçus en cette qualité), du moins comme membres du synode, eussent pu parler, agir, tenir tête à Cesarini 3.
Sur ces entrefaites arrivèrent, à défaut de cardinaux, les deux nonces attardés qui, au dire de leurs collègues, devaient fournir des explications péremptoires : Jean Berardi, archevêque de Tarente, et, à la place de l'évêque de Traù, Barthélémy Zabarella, archevêque de Spalato (9 juillet).
Ils ne surent que prêcher la prudence, la patience, tenter, sans nul succès, la justification d Eugène. Afin de gagner du temps, ils déclarèrent qu'ils attendraient l'arrivée de nouveaux envoyés de Sigismond pour expliquer le sens des propositions dont ils étaient chargés.
Au moins pouvaient-ils dire s'ils apportaient, ce que les pères n'avaient cessé de réclamer, l'adhésion du pape pleine et entière ? On le leur demanda à plusieurs reprises, bien qu'on sût à peu près à quoi s'en tenir à cet égard. Ils refusèrent de répondre. Cependant ils laissaient entendre, au grand scandale de Cesarini, qu'ils étaient autorisés à émettre des protestations, à interjeter des appels. L'un d'eux, poussé à bout, parla même de faire connaître les « dessous » de l'assemblée. Cette attitude à la fois sournoise et menaçante n'était guère de nature à ramener le calme dans les esprits.
Nul, d'ailleurs, ne manifesta moins de faveur aux nonces que les cardinaux présents à Bâle. Cesarini et Capranica énumérèrent tous les sursis déjà consentis par les pères. Correr fit remarquer
1. Bibl. Laurentienne, plut, xvi , ms. 13, fol. 26, et Mansi, XXXI, 162.