‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 273 sur 396 · TRIOMPHE DU PAPE EN AVIGNON · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DU PAPE EN AVIGNON

défendre la cause du pape dans la vallée du Rhône. Pierre de Beauvau rendit au neveu d'Eugène le service de prendre sous sa garde les châteaux de l'évêché d'Avignon ', et Jean Louvet, président de Provence, coopéra personnellement à la conquête du Gomtat 2.

Je m'empresse d'ajouter qu'Eugène IV eut le bon goût de ne point abuser de sa victoire. Il avait déjà remplacé, comme recteur et comme vicaire, son neveu Marc Condolmario : il n'essaya même pas de l'imposer comme évêque à une population prévenue contre lui 3. Rappelé en Italie dès le commencement de l'année, Marc fut d'abord nommé gouverneur de Bologne 4, puis ne tarda pas à échanger l'évêché d'Avignon contre l'archevêché de Tarentaise 5. Pendant ce temps, Pierre de Foix gagnait le cœur des habitants, qui conservèrent longtemps le souvenir du « bon légat » 6, et le pape, dont l'autorité recommençait à

1. V. une lettre assez aigre écrite par lui, de Tarascon, aux syndics et élus de la guerre d'Avignon, le 23 juillet 1433: «Je vous certifie que, se j'eusse voulu que j'eusse en ma main des bonnes places de la Comté de Venisse, mais je m'en suys voulu empeschier, se non tant que je pensoye qu'il vous plaisoit. Et croy bien que, se il ne feust par mon moien, les choses ne feussent pas es termes où elles sont, et aussy ne vous serviriez des subjetz du roy quand je vouldroie : mais je voye bien qu'on ne le cognoist point. L'evesque d'Avignon m'a prié que je voulsisse prendre en ma garde les places de son eveschié, ou autrement il y pourveoiroit au mieulx qu'il pourroit ; et doubtant qu'il n'y mist gens qui feissent guerre au païs et qu'on n'eust pas bouté dehors quant on eust voulu, et pour ce les ay prinses en ma main, vous certifiant que, tant que lesdites places seront en ma main, n'en sera fait guerre ne desplaisir à nul d'Avignon ne de la Conté de Venisse ne aultres, si on ne le commençoit. « (Arch. d'Avignon AA 35.) Cf. une lettre écrite, le lendemain, au légat d'Avignon par Antoine Hermentier, que Pierre de Beauvau avait chargé d'occuper Châteauneuf et Bédarrides, en lui ordonnant de vivre en paix avec les gens d'Avignon et du Comtat (ihid.).

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