‹ La crise religieuse du XV. siècleChapitre 348 sur 396 · COMPLICITÉ DU DUC DE MILAN · texte numérisé non relu

COMPLICITÉ DU DUC DE MILAN

des Romains, dont la tactique, semblable à celle dePorcello, fut de prendre violemment à parti le saint-siège. Il s'éleva contre le pape avec si peu de ménagements que l'archevêque de Tours, peu suspect de complaisance pour Eugène IV, dut pourtant rappeler l'orateur aux règles de la charité l. Il n'est pas sûr que le concile eût écouté si patiemment cet audacieux réquisitoire s'il eût su (ce qu'il n'apprit que six jours plus tard) ~ la manière dont on traitait, à Rome, ses propres commissaires.

L'évêque de Brescia et Pierre dal Monte, arrivés trop tard en Italie pour contribuer à la libération de Marc Gondolmario 3, avaient tâché de s'employer du moins à la délivrance du camerlingue. Ils s'étaient heurtés, d'une part, à l'outrecuidance des Romains, qui, en échange du camerlingue, réclamèrent d'abord la délivrance des prisonniers de Balthazar d'Offida, la remise du Château-Saint-Ange et peut-être même celle d'Ostie et de Cività Vecchia 4, d'autre part, à la ferme résolution du pape, qui, revenu à un juste sentiment de ses devoirs, préférait voir périr son neveu dans les fers plutôt que de sacrifier ses dernières citadelles5. Cependant, après diverses allées et venues6, l'évêque et le docteur quittaient Rome, une dernière fois, pour s'en aller soumettre au pape et au concile des préliminaires de paix, quand, vers le troisième milliaire, un certain Barthélémy de Gualdo, homme d'armes à la solde de la république, les arrêta pour les conduire en prison dans une forteresse 7. Ce guet-apens

1. 30 octobre 1434 {Monum. Concil.. II, 767; Concil. Basil., III, 239; V, 106).

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