MÉCONTENTEMENT DES PÈRES
Constance, qu'il semblait méconnaître, il était tenu d'obéir. La forme même du document choquait leur susceptibilité : dans les énumérations, les membres du concile y venaient en seconde ou troisième ligne, après la foule des gens de la Chambre ou de la curie, à laquelle, ô scandale ! se mêlaient, disait-on, des souteneurs et des courtisanes *.
Infortunés Siennois qui, pour avoir cherché à contenter le pape, encouraient les reproches des pères! Ceux-ci, chaque jour plus nombreux, avaient célébré par une session, dès le 21 juillet, la réouverture du concile2. Vainement, pour les satisfaire, le consistoire siennois leur octroyait diverses franchises ou facilités 3. Vainement il leur concédait un sauf-conduit comportant la faculté de venir et de s'en retourner librement (21 juillet) : dans ce même acte, les Siennois réservaient les droits du pape, ainsi que ceux du concile, stipulaient qu'ils entendaient respecter les conventions conclues, ou prêtes à conclure, avec le souverain pontife 4 (comment eussent-ils pu faire autrement?), et c'étaient là précisément des restrictions qui, aux yeux des pères, enlevaient toute valeur aux asseurements du consistoire.
Ce que voulaient les membres du concile, c'étaient des sauf-conduits sans condition, seuls capables de garantir leur indépendance et leur sécurité : ils en jugeaient du moins de la sorte 5. Leurs exigences furent trouvées tellement exorbitantes