Concil. Basil., II, 121, 127: V
2. Une autre copie des mêmes instructions (ms. lat. Vat. UHl. loi. 131 r", cité
ulATRlÈMK SESSION H)0
artisan de dissolution un autre nonce, Jean Macet, évêque de Màcon, que le pape envoyait dans le diocèse de Liège avec une mission pacificatrice. Un homme de la suite de Jean Macet fut arrêté ; il fut (juestion de saisir les papiers du prélat '. Les gens de B:\le, on le voit, se tenaient sur leurs gardes, prêts à braver tous les dangers.
Leur audace croissante explique les mesures prises dans la session du 20 juin 1432 -.
Non seulement ils s'y occupèrent de la conférence avec les Tchèques, si suspecte au souverain pontife ; non seulement ils v adoptèrent un sceau, symbole palpable de leur autorité -^ ; non seulement ils y déclarèrent qu'aucun serment ou promesse faite au pape ne pouvait empêcher les souverains, cardinaux, barons, prélats ou ecclésiasticpies de s'acquitter du devoir de participation au concile général et annulèrent les censures dont ceux-ci seraient frappés, puis, afin d'ôter aux cardinaux tout prétexte pour demeurer à Rome, décidèrent qu'en cas de vacance du saint-siège aucun nouveau pape ne pourrait être élu que dans le lieu oîi siégeait le concile '' : mais, empiétant manifestement sur les prérogatives apostoliques, ils prétendirent dénier au pape, tant qu'il ne serait point parmi eux, le droit de créer aucun cardinal; enfin, sortant complètement de leur rôle, ils osèrent
par .T. Ilaller fut confiée au Kcnéral des froi-es Mineurs, qui se dirig:eait alors vers la Caslille cf. .1. Ilaller. II. 134. V. le litre (|ue ce document porte dans l'histoire de Jeande Sépovie II, lâô.
1. Mansi. XXX. 12i ; Deutsche lieichslagsakten. X. 111 : .1. Ilaller. II, 120.
2. Mimiim. Concil., II. 19 J. 198etsuiv.: J. Ilaller. 11.115; cf. p. 140.
3. Ils y sonfjreaienl depuis le mois de février Mnnum. Concil., II. '1^.
4. Jufîeant avec raison que ce décret serait mal vu à Home, leconcilecrutdevoir écrire au sénat et au peuple romains : «Non sit vobis molestum.... neque e{rro anmiosuscipiatis... Cardinales ad hoc?. Concilium evocamus. quoniamin utilitatem ipsius Urbis procul dubio redundabil... Nil v.)bis utilius... quam quod in pacis et unitatis dulcedine unico Romano ponlifici universus orbis obediat... •> Le cas échéant, le concile priait les Romains dexhorter les cardinaux à se din- {jer vers Raie en toule hàle et de ne jamais reconnaître aucun pape élu contrairement au décret Hibl. Laurenlienne. nis. Strozzi 33. fol. 18 v» : Rihl. Vat., ms. lai. Vat. 1181, fol. il r" . Il écrivit dans le même sens à Charles \U Jhid. .
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s'immiscer dans le gouvernement crnnc portion du patrimome ecclésiastique. C'est ce rpi demande quelques explications.
L'année 1431 avait vu vaquer simultanément l'évêché d'Avio-non le rectorat du Comtat-Venaissin ' et le vicariat général apostolique au temporel de la ville d'Avignon et du Comtat- Venaissin ~. Pour remplir ce dernier poste, les États du Comtat avaient supplié le pape de choisir quelque prélat capable de bien gouverner et de bien défendre le pays, comme avait fait précédemment Jean de Poitiers, évéque de Valence, dont la longue administration avait laissé de bons souvenirs 3. En même temps, ils sollicitaient la désignation d'un cardinal, tel qu'Alphonse Garillo, comme légat en Gaule, ou tout au moins dans le Comtat '•. FAigène IV eut le tort de repousser ces demandes : il ne désigna aucun légat, et, qviant aux trois fonctions d'évêque ',
1. Par la mort de Pierre « Cottiai », que Gérard Machet remplaça, sur le sièfïede Castres, dès le 23 janvier 1432 (Eubel, II, 134).
2. Par la mort de François de Gonzié, archevêque de Narbonne. Une épitaphe consei'vécau couvent des Gélestins d'Avijijnon plaçait cette mort, s'il faut en t'rou'e la Gallia (VI, 100), au 31 décembre 1432. Le P. EubeMI, 220 a adopté cette date, pourtant inadmissible. Il faut peut-être corriger en 31 décembre J 131 cf. Albanés, Gallia christ, uoviss., Arles, col. 738).
3. De là vient peut-être la confusion de J.-F. .\ndré Histoire thi gouvernement (les recteurs pontificaux dans le Comtat-Venaissin, Garpcntras, ISÎT. in-ili, suivant lequel les États auraient fait choix de Jean de Poitiers pour renqilacer le recteur Pierre» Cottini ».
4. J. Girard, Les Étuis du comté Venaissin depuis leurs ongim-s jusqu'il la /in du XVI' siècle (Paris, 1908. in-X',, p. 88, 238. Cf. Monum. Concil.. Il, 497, et V. Ehrle. Der Cardinal Peler de Foix der Aile re, dans Archir fiir IJteratur- und Kirchengeschichte, ^'II, 470.
5. La nomination de Marc Condolmario au sièj^e épiscopal d".\vij,Mion remonterait au 9 janvier 1130, suivant une note de Garampi, qui a souvent confondu les promotions de la première année d'Eugène IV avec celles de la dernière année de Martin V : au contraire, d'après une note du xvn' siècle, elle serait du <- mercredi 9 janvier », c'est-à-dire de 1432. Eugène IV, en effet, s'attribue à lui-même cette
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de recteur ' et de vicaire g-énéral ~, il imagina de les réunir sur là tête d'un ancien apothicaire ''. son neveu '', pour le moment décoré du titre de sous-diacre de Sa Sainteté et remplissant les fonctions de châtelain du Chàteau-Saint-Ant,'-e\ le vénitien Marc Gondolmario.
Les tristes conséquences de ce fâcheux acte de népotisme ne tardèrent pas à se faire sentir. Marc ne demanda que pour la forme aux trois judicatures de lui fournir le conseil dont il avait besoin pour suppléer à son ignorance des choses du pavs : il n'en h"t qu'à sa tète, ou bien s'en rapporta à de jeunes italiens aussi inexpérimentés que lui. Les châtelains de Vaison et de Séguret cédèrent la place ;i des étrangers ; celui de Pont-de- Sorgues fut conduit pieds et poings liés à Châteauneuf-du- Pape : on l'avait menacé, s'il ne livrait le palais, de lui trancher
iiiiminahDn dans une bulle du 12 janvier 1 1.32. et Marc, évèque d'Avignon, sobli- {Tca au payement des droits le 2.5 janvier suivant Albanés, Problèmes d'histoire ecclésias:ique concernant Avignon et le Comtal, 1885. p. 48; Eubel. t. II. p. 113 ; Klirle, up. cit.. p. i65, i66 .
1. Je lis dans un mémoire adressé par trois notaires, en 1442, aux États du (".omtat : " Item, anmi ipso x\xi" fuit factus rector dominus Marcus. Avinionensis episcopus. et similiter fuerunt vocali très status et nobiles super homagiis, et facte liltere ctiam super obcdientia sibi prestanda. tanquam vicario apostolico. ultra xxv. .. Arch. de Vaucluse. C l.J. fol. l.'îi v".) — Peut-être la nomination de recteur, antérieure à celle dévéque, remonte-t-elle, en ellet. à ll-il. — Cf. le témoignage du provincial des Carmes d'Avignon Monum. Concil.. II. 497).
2. La nomination de Marc comme vicaire général est du 12 janvier 1432 Kiu'le. p. î6t] .
3. Louis de (Jlandevés. évcque de Marseille, déposa dans les termes suivants, le fi août 1438. au sujet de Marc Gondolmario : a Non erat homo magne auctoritalis. ymo. secundum quod lama referebat. lempore suo fuerat apotliecarius. Ktiam ipso leste traiiseunle per Hnnnniam. aliqui Irufabantur de Papa, dicentes : <■ Solebainus habere uiium cardinalem pro gubernator*-, et modo dominus noster Eugcnius dédit nobis hominem nullius condicionis : dédit civitati Avinionensi unum apothecarium et nobis unum magistrum lignorum. ■> et sic deridendo eum. »
Hil)!. nal.. ms. lai. IjII. fol. 1 13 v°.}
4. Ht non son frère, comme on Ta dit (L. Flourac, Jean I" comte de Foix, 1881, p. ljîi:H. Hey. Louis XI et les États pontificaux de France au XV' siècle, dans les .Mémoires de IWcadémie delphinale. \' série, t. .\II. 189'». p. 2j2i .
.'). Le 1 novembre 1131. payement de 100 florins « Marco Gondolmario, subdiacono l). N. Pape, caslellano Gastri S. Angeli de Urbe, pro fulciendo dictum castrum .. (Arch. du Vat., Inlr. et exit., 390, fol. 46 r"). Autres payements analogues les 21 septembre et 3 novembre 1131 et encore le 9 janvier 1132 (Arch. dKtat de Home. Bulletic. 1131-34. fol. 18 v, 57 v; Mandati. lian-,-?!. fol. 36 v">).
la tête. Bientôt Condolmario, ayant rendu son séjour impossible dans le Comtat. dut se réfui^ier en Provence '.
Il n'était pas jusciuà la l'orme de la l)ulle conférant à Marc le vicariat qui ne fût propre à blesser les susceptibilités avignonnaises. Par une étourderie singulière, le scribe avait copié une bulle remontant k lepoque du Grand Schisme ' : il en résultait que les détenteurs actuels du Palais des papes étaient qualifiés par Eugène IV de schismatiques. Les Avignonnais s'en plaignirent, comme aussi du peu de cas qu'on faisait de leurs privilèo-es, comme aussi du cumul des deux offices de vicaire et de recteur, qu'ils réputaient incompatibles (17 avril li32). Le pape, cette fois mieux inspiré, rassura les plaignants et consentit à remplacer Condolmario comme recteur •*. 11 devait même le remplacer également comme vicaire, sinon par Carillo. qu'il réservait à d'autres emplois, du moins par son collègue le cardinal Albergati. Plein de sollicitude, il promettait de prendre des mesures salutaires aux habitants de la vallée du P»hône dans le concile qui allait s'ouvrir incessamment en Emilie : « Con- « tinuez à nous respecter, écrivait-il en terminant , nous et l'évêque (( d'Avignon (c'est-à-dire Marc Condolmario). En vrais fils de (( l'Église, admettez-le à l'exercice des missions dont il est « chargé en vertu des pouvoirs que nous lui renouvelons ^. »