LA VICTOIUE DU CONCILE
voyés de Bàle, mettait au service de Carillo l'appui de son crédit, et écrivait à Eugène de ne pas conliiM- le rectoral à d'autre qu'à ce cardinal '. C.oninie vice-recteur, Carillo, suivant le vœu de la population, nommait le vieux Jean de Poitiers, évêque de Valence -, <pù se faisait lui-même assister par une délégation permanente des l^^tats '.
(Contre de tels adversaires l'impopulaire et maladroit Marc Condolmario n'était pas de force à lutter. Son oncle, cette fois mieux inspiré que d'habitude, résolut de le remplacer, comme vicaire du saint-siège, i)ar un très habile et puissant personnage, le cardinal Pierre de Foix.
Si l'on s'en tenait à la date inscrite au bas de la bulle d'Eugène, cette nomination remonterait au 25 mai 1432 ''. Mais, par im procédé bizarre, dont il y a d'autres exemples •', la Chancellerie
gueri
„„__j'e d'Avignon ne soi faire partie cruncousté ne de l'autre ; ne nous ne voulons que aucunement s'en entremetteul sans nos confiés et licence... » ^Ms. d'Ayiy^non 2772, fol. 429 r" ; ms. 921 de Carpentras ; lettre inexactement citée et datée par Rey, op. cil., p. 253.)
1. .T. Ilaller, I. 26 i: II, 179, 229. 21,S : Moniiin. Conuil.. II, 248, 260.
2. Lellre de Carillo au concile du 31 juillet 1432 ^ms. 987 de Grenoble, fol. 53 r" . Assemblée du conseil de ville pour prêter serment à .lean de Poitiers (Arch. de Wiucluse, C 13, fol. 13 i v"). Ce choi.x ne paraît avoir soulevé d'objection que de la part du duc de Savoie (J. Ilaller, II, 212, 214, 261 : Moniim. Concil., Il, 266 : lettre du duc au concile du 1-- octobre 1432, ms. 987 de Grenoble, fol. 11 v). C'est sans doute avant sa nomination que ,leau de Poitiers adressa aux syndics d'Avignon une lettre datée ilu 2ô juin [1 132. et non 1 S33. comme le porte l'Inventaire sous presse], dans laquelle il annonçait (pie. pour plusieurs motifs et par respect pour le cardinal Carillo, il se rendrait prochainement à Avifrnon, mais par eau. ses infirmités l'empêchant lie monter à cheval (Arch. d'Avignon, AA 35).
:\. Assemblée des 2 et 3 liécenihre 1432 : les États désignent un représentant du clergé, un représentant de la noblesse et trois représentants des jndicatures de Carpentras, de l'Isle et de \'alréa-< pour assister Carillo (ou Jean de Poitiers), chaque fois qu'ils en seraient requis: mais il est stipule que l'institution de ce conseil ne portera aucune atteinte aix libjrtés du pays, et que le vote des Etats sera requis pour limpo'^ition de nouvelles taxes. Les États, en outre, déclarent ne von ■ loir en rien s'écarter de la fidélité ipi'ils tlnivent à l'Église et au pape '.\rch. de Vaucluse. C 12, fol. 7 v).
4. V. le vidimus conservé aux .Vrch. d.\.vi;nMn (boite i. n" I) et les deux registres du Vatican cités par le P. Khrle Der Cnrdiiutl l'eler de Foi.r der Mlerc. dans Archiv fiir Lileraluv- u. Kiicheiujoich., XW. 179).
5. Sui'toutiiourcertainesalTairesbénéficiales (K.von Ottentlial. Die BnUenveiiister Martin V u. Kinjen IV. dans MitUieil. d. (V.tlerr. Insliliits f. (ie^ichichlsforch .. Krgiinziinysh., I, 551). Les lettres de convocation du concile de Pise. en 1 108, avaient dû être antidatées (cf. La Vf. et le Gv. Sr/i. d'Orrid.. IV. 19^.
NOUVEAU VICAIRF. APOSTOLIOIF EN AVir.NON 263
apostolique avait antidaté cette huile, pour i'aiio croire que l'expédition en était antérieure au décret de nomination de Garillo '. Eugène, (pu avait d'abord songé à Albergati -, ne fit connaître son choix à Pierre de Voï\ que vers le IG ou le 17 août '•. Le cardinal, peu séduit par une mission aussi épineu.se, couinieuva i)ar refuser. Il n'accepta, sur lavis de ses frères, le comte deFoix, le captai (h- lUich, le sieur de Navailles et le comté de Comminges, qu'après avoir re^u de nouvelles bulles contenant des pouvoirs plus amples et sur l'assurance que les États réclamaient sa nomination '. Ce n'est que le 22 novembre qu'Eugène put faire part de son choix aux .syndics et conseil d'Avignon, en leur enjoignant d'obéir à un prélat dont la sagesse, la vertu, l'expérience garantissaient la paisible et équitable administration '.
Dès lors la situation changea du tout au tout à l'avantage du saint-siège. Pierre de Foix sans doute, qui ménageait le concile, essava de négocier d'abord avec les pères. En .son nom et en celui de ses frères, lévêque de Conserans s'efTorça de démontrer que la nomination de Carillo. postérieure à celle-ci, devait être rapportée''. Mais le concile, alléguant <> l'ignorance » oîi il était
1. l'r. Klule, Der Cardinal Peter de Foix der Altère, p. 480, 181.
2. Lettre du pape aux {çens dAvi^-non du 2 Juin 1 ;:52 .Vi-cli. de \'aucluso.
Ci!).
3. Ce clioix est sans iluutc l'expédient auquel Ku^èue IV l'aisail des allusions mystérieuses dans ses lelli-es du 9 août adressées à Marc Condolmario. à ("ruillaumc de" Champcaux. à Tanfruy du Chàtel. à Pierre de Beauvau 'Fr. Khrle. p. i7i,
î. Détails empruntés à une déclaration l'aile par Rogner de Foix le 23 août 1133. - .\rch. de \'aucluse, C 12. fol. 3S v". . — On voit (lu'il n'est pas possible de reculer la nomination de Pierre de Foix. comme la fait le P. Khrle p. 181 ..jusqu'à la lin du mois d'octobre 1 132. D'ailleurs, dès le 22 septembre, la nouvelle en avait transpiré à liàle.
b. « A certo tenentes quod propter bonum rcgimen suum. cum sil vir maxime prudenlie et virtulis et in re^rendo expertus, incultu justicie et pacis tranquillitate poleritis consohn-i. « Arcli. dAvinnon. boite 1. n" 18; bref faussement daté du 22 décend)re dans un vnlumr de la rullectii>n Massilian, ms. d'Avi-non 210ii.
6. J.llaller. 11.291 ■Mniiiiin. Ctincil., II. 2k:). — Ne serait-ce pas le cardinal de Foix qui. pour pouvoir pri>duu-e cet ari,'ument. aurait exifjé que sa bulle fut antidatée? Du vient de voir qu'Kiit;éne I\' avait l'ail refaire la bulle dont il lui avait primitivement donné communication.
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des droits « antérieurs >^ de Pierre de Foix, maintint provisoirement son décret du 20 juin, et, défendant aux deux cardinaux de recourir à la violence, les pria de venir s'explicp:er à H;\le. J'ajoute qui! déclina l'olTre ([ue lui avaient faite le cardinal et le comte de Foix d'intervenir en médiateurs dans sa propre querelle
avec Eugène IV '.
Carillo réjxindit à l'invitation des pères : il se rendit au concile, où il se fit incorporer le 9 février 1433 '-. Pierre de Foix n'eut «rarde de suivre cet exemple. La « violence », que prétendaient lui interdire les pères, lui offrait précisément, grâce à l'appui des siens, des chances de succès bien autrement sérieuses que le recours pacifique à la juridiction bcâloise^. Dès le mois de mars, l'échec de tous les pourparlers et l'annonce des armements menaçants du comte de Foix obligèrent le vice-recteur nommé par Carillo à réclamer des États une série de mesures défensives '. Le 28 avril, de Montpellier, Pierre de Foix avertissait les Avignonnais, une dernière fois, qu'il allait être amené à recourir à la force ^ La guerre devenait inévitable.