I. Le 5 décembre 143.'î Mnnum. Concil .. II
■J. Le texte de Jean de Séj;ovie p. 5311 porte ici par erreur « Piczelinus », c'està-dire Piccinino. Celui-ci, à la date indiquée, n'avait rien fait encore pour mériter les reproclies de Sijïismond,
3. On a cité encore, sous la date du 27 juillet 1 S35, un acte où Fortebraccio s'intitule « sacrosancte SinodietS. M. Ecclesie capitaneus « (Archiv. stor. it.iliano, XVI, I, 1S50, p. 36fi\
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remettre les provinces, sauf à les reslitiu-r à Eugène IV (\un\u\ ce dernier aurait accompli sa soumission '.
Si^ismond se borna donc à écrire, de son côté, à un certain nombre de villes des Etats de ri^:j,^lise -, ce qui ne l'empêcha pas d'insister de nouveau aui)rès des pères le i janvier 1 i3i : les nouvelles d'Italie étaient ilc plus en plus ti'istcs ; il avait honte dé son inaction ; il fallait exhorter le duc à cesser ses entreprises, au besoin l'y forcer. Pour lui, ses lettres étaient rédigées, toutes prêtes à partir. Mais les pères ne perdaient point leur calme pour si peu : les scrupules de l'Empereur leur semblaient excessifs ; la prétention de Sfor/.a d'agir par ordre du concile ne méritait vraiment pas (ju'on y attachât tant d'importance. Sanche Carillo ne s'était-il point paré autrefois du même titre de « capitaine du « concile», et à l'instigation de l'Empereur? Allusion malicieuse k une faute dont le souvenir devait gêner le prince actuellement si ému des attaques perpétrées contre le saint-siège. Cesarini lui-même ne croyait pas à l'existence de la prétendue commission de Fortebraccio et de Sforza ; il interrogea les pères : aucun n'en avait connaissance. Il n'y avait donc point lieu d'écrire; il fallait même que Sigismond s'abstînt de toute démarche compromettante •^.
Les choses en restèrent là, l'Empereur manifestant seulement de loin en loin son impatience '', jusqu'au jour où, Eugène ayant fait parvenir à Bàle copie de la i)ulle du concile du 21 août 1432 et de la lettre du duc de Milan du 27 octobre 1433 ^ il fallut
1 . Itj-ls décembic I iS.i Monum. ConviL. II. 531-533 i. Cf. Deutsche Reichstii;/s-
aklen. XI. 12:>.
2. Des ambassadeurs qui parvinrent à llonie au mois tic janvier 1 i3» montrèrent ces lettres au pape. Ils avaient ordre, en s'en retournant, de faire savoir qu'aucun vicariat n'avait été concédé parle concile au duc de Milan FI. Biondo. déc. MI. lib. V. p. 17H .
3. Mnnum. Coiuil., II. 533, 53i; cf. Concil. linsil.. V. 7i. —Dans une assemblée jjénérale tenue le 1 1 janvier. Cesarini justifia le concile du reproche d'avoir encoura^'é par ses bulles les ccmdoltierià envaliir les États de TK^rlise J. llaller, III. 5; Moninn. Concil., II, 588 .
i. Par exemple, les 30 mars et 1'' avril ihid., p.iiU, 6i3;.
5. \'. plus hatit. p. 398. 29». — Copies jijintes à un bref du H", janvier I IHl. dans
352 LA Tni':vi; i.MitK i.i; i'apk i;t i,i: conçu, !•;
bien se rendre à l'évidence : le concile, inconscieminenl peut-èlre, avait fourni au duc une sorte de blanc-seing dont celui-ci abusait étrangement.
Sigismond, cette l'ois, ne se possédait plus. On n'avait pas voulu le croire 1 Ce qu'il avait appris par des lettres de Venise, il l'avait répété, crié dans les députations : on lui avait fermé la bouche ! El ce pendant s'accomplissait la spoliation de l'Ég-lise en vertu d'une bulle du concile ! Les pères avaient écrit de la sorte, en 1432, alors qu'il se trouvait lui-même en Italie occupé à plaider na'ivement près du pape la cause du synode ! On vovait bien que Philippe-Marie régnait sur le concile.
Cesarini plaida les circonstances atténuantes : au mois d'août 1432, le pape poursuivait la ruine du concile ; il importait de se défendre. On avait imploré le secours de beaucoup de princes, entre autres, du duc de Milan, mais sans lui parler d'envahir les terres de l'Eglise ; la lettre était conçue en termes fort honnêtes.
En ce cas, objecta Sigismond, pourquoi en nier si longtemps l'existence ^ ? — C'est que cette bulle n'avait été connue que d'un petit nombre de pères, ceux à qui en fut confiée la rédaction : le principal était l'archevêque de Milan, Barthélémy délia Capra. La mort récente de ce prélat rendait facile de rejeter sur lui la responsabilité de la faute.
La colère del'Empereur se tourne alors contre Pliilippe-Marie : (( C est un traître, s'écrie-t-il, qui m'a manqué de parole! Si je vis, « il faudra qu un de nous deux disparaisse. » (26 avril 1434.) Le lendemain, dans la députation de la Foi, les Milanais entre-
leqiiol le pape invite Sigismond à obtenir quelc concile enjoigne au Visconti de rai^ijcler ses troupes, de cesser les hostilités, de restituer les terres conquises (Rinaldi, IX, 169). — Au mois de janvier, les pères n'avaient encore reçu que des lettres missives envoyées d'Italie, de Venise sans doute, et qui mentionnaient l'existence et reproduisaient le texte de la commission donnée par le concile à Philippe-Marie (il/onum. C'ojic/i., II, 588, 657 ; J. Haller, III, 5).
1. L'Empereui- pi'étendaitque Cesarini n'avait pu ignorer l'existence de cette bulle: ne portait-elle pas la souscription d'un de ses secrétaires? — Mais non : Sigismond cimfondait le secrétaire du légat, Bartiiélemy Battilerri, avec celui de l'arclicvcque de Milan. Barthélémy de Lucignano (ilfon«;»i. (Joncil., II,659i.
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prenaient île mettre en garde les pères contre ce qu'ils appelaient des calomnies dorigine vénitienne, et le président de la députation assurait <[ue le concile se souvenait toujours avec gratitude des services importants de Philippe-Marie'.
Ri'duit à agir seul. Sigismond écrivit au duc de Savoie de se tenir prêt à marcher avec toutes ses forces contre le duc de Milan ; 1 1 mai) •'. Il eût voulu au moins obtenir des pères l'annulation dune huile expédiée ii leur insu par des délégués anonymes, et dont on avait fait un si étrange abus 'K Puis il revenait a la charge pour réclamer l'envoi de lettres destinées à mettre un terme aux spoliations. Le concile en délibéra, mit à 1 étude un projet '. mais, somme toute, continua de rester spectateur impassible des guerres et des ruines de l'Italie centrale. L impuissant Empereur, suivant une expression devenue banale, qui ne le semblait point dans .sa bouche, s'aperçut alors qu'il était, à Hàle, « comnu' une cinquième roue à un carrosse )> : il menaça
de repartii- '.
Il ne fallut vwn de moins que la nouvelle de la révolution du 20 mai et de la captivité du pape pour secouer un moment l'indifférence des pères. Sur la motion de Cesarini, l'on voulut bien rechercher les moyens de délivrer Eugène IV et de recouvrer l'État pontilical: une commission du moins fut formée à cet etVet (17 juin) ''. Mais presque aussitôt la nouvelle de l'évasion d lùigène IV, dont on témoigna d'ailleurs assez de satisfaction, lit ajourner encore le projet d'intervention '.