‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 252 sur 257 · loan Fassi. qui devint {)lus tard évêque de Riez · texte numérisé non relu

loan Fassi. qui devint {)lus tard évêque de Riez

i. CI", une lettre du uKjis daoïit 1 131 dans laquelle le pape rend hommage au zèle de Jean Germain .1. Haller, I, 151 .

j. A. Traversai!, col. 159. 163, 168;.Eneas Sylvius (Mansi. XX.Xl, 225^ : Concil. li.isiL. y. 119 : Monuni. Concil.. H, '955.

6. A. Traversari, col 111. lôô. 159, 163; .Eiieas Sylvius ^Mansi. XXXI, 222).

394 LA TRÊVE ENTRE LE l'Al'E ET LE CONCILi;

dix-huit mois, conservait une croyance profonde en la suprématie conciliaire, une jurande irritation contre les autres présidents, une certaine méfiance à l'ég-ard d'Eugène IV, auquel il reprochait la violation des décrets, et qu'il soupçonnait de lui en vouloir. Dissiper ces préventions, réconcilier le légat avec ses collègues, excuser le saint-père à ses yeux, évoquer devant lui le spectre du schisme, et rabaisser, pour le mieux convaincre, sinon l'autorité des conciles en général, du moins celle d'un synode où, comme à Constance et à Bâle, la voix des évêques était étoulFée par les cris de la multitude, ce fut l'œuvre quotidienne, courageuse, persévérante, d'Ambroise Traversari et de son compagnon durant deux mois et demi. Ils avaient, du premier coup, reconnu en Gesarini un grand cœur, aussi incorruptible qu'intrépide : ils l'attaquèrent tantôt de vive voix et tantôt par écrit, quelquefois avec emportement, cherchèrent à l'enserrer dans leurs raisonnements, sortirent de ces disputes parfois découragés, le plus souvent pleins d'espoir : « C'est « incroyable, écrivait Traversari, comme je désire qu'il se con- « vertisse, afin que l'Église et le saint-siège ne soient pas plus « longtemps privés des services d'un tel homme ! » Le légat commençait du moins à être ébranlé. Traversari, quand il s'éloigna de Bâle, ne doutait plus de ses bonnes dispositions, de son attachement sincère au pape, de sa répulsion pour les entreprises schismatiques, ni aussi, malheureusement, de son impuissance de plus en plus avérée : Cesarini, débordé, était hors d'état de s'opposer, même quand il l'eût voulu, aux excès de la multitude '. Eugène l'y crut bien faire en lui témoignant sa confiance. Parla bouche d'un certain Leonardo, il l'assura qu'il était disposé à le prendre pour arbitre de tous ses différends avec les pères. Mais Cesarini n'osa pas accepter seul une telle mission; il demanda qu'on lui adjoignît les cardinaux Branda, Cervantes et

1. A. Traversari, col. SO. lil, 142, 145, 147,150, 151, 154, 157, 162, 169,170, 177.

KVoi.rriiiN i»i; (:r;sAi!iM

Aleman, ce qui eùl mis le sainL-sièf,^e en fort mauvaisi" jx^sture, el, (If l'ail, vn iH-poiulant au |)ai)e. il lui conseilla de ci-der presque sur Idus les points : dans l'alVaire du palliuui dt; larclievèque de Rouen, sur la question des élections, sur celle des annales, sur celle même des indulgences. Euj^ène pouvait seulement n'octroyer ces dernières que dans l'IiNpothèse où les Orecs feraient le voyag-e de Bàle : comme il était pres<pi(> sûr (pie les Grecs lefuseraient d'v venir, le pape demeurerait lihie de n'accorder s(tn concours (pi'au cas où les pères feraient choix, [jour le synode i'ulur, d un lieu où lui-même pût se rendre '.

Ces conseils furent médiocrement goûtés à l'iorence : Eugène IV ne donna pas suite au projet d'arbitrage. Cesarini ne revit donc point le messager Leonanlo, ce dont, d'ailleurs, il se plaignit'. Le moment n'était pas venu encore où la cause du saint-siège devait bénéficier des scrupules du très consciencieux et sincère

légat.

11 n'en est pas moins vrai que le pape entrevoyait dès lors la possibilité de détacher Cesarini du groupe de ses adversaires. Au surplus, ce ne serait pointle premier cardinal qui reviendrait à lui-'. On a déjà noté le retour de Jean Casanova ''. Avant la fin de l'année I i'^o. Eugène IV vit reparaître aussi les cardinaux de Rochetaillée •',

1. J. liallci-, I, 387, 392 ; cf. p. 13 i faux inss. cités par l'étli leur joindre le lai. Val. 518", fol. 18 v''-23 v). Cf. Monum. ConciL, 11,889.

2. Le 25 mars 1136, Cesarini écrit de Bâle au marquis de Mantoue: " Utinam Dominus noster voluissel miclii credere, videlicel quod rcmisisset janidiu dominum Leonardum cum illis pelilionibus, ad hoc ut ante tcmpus isli dimisissent iilam diffidciitiani, et lune misissct islos dominas cardinales, vel allerum ex eis ! Nuncautem videhitur islis qiujd quicquid per Dominum noslruni olïerelur, fiât ul possit hinctransferri Concilium : propter quod isti erunl difliciliorcs. » (Archivio Gonzaga de Manluue, Cnrlerfriin (Icrfl' inviuli cil' nitri ne' Svizzeri. K xvii,

3. Le concile pourtant avait tenu la main, dès 1 été de 1 131, à ce que les cardinaux venus à Bàle touchassent tous les émoluments qu'ils auraient perçus s'ils étaient demeurés en cour de Rome .1. Ilaller, III, 163; Monum. Cnncil.. II, "22.

■1. y. \Au> haut, p. 316.

â. Le I" décembre vMural., XLX, 979). Dès le 20 avril 1 131, Georges Cesarini avait écrit, de BAle. A Matliieu Correr. secrétaire du marquis de Mantoue : <- Dominus cardinalis llolhomaj^ensis, qui ad ecclosiam suam ivit, nundum reversas est : timetur, quando intellijict Papam Fiorentiam venisse, immédiate ad

de Castig^lione ' et même Colouna"-. Ce dornicr, considère comme assez simple d'esprit, ne pouvait, au dire de Traversari, ni rendre de grands services, ni causer de grands dommages : il convenait cependant de ne point faire li de ses avances et de le rassurer quanta la restitution de ses biens '^ C'est ce que comprit le pape, et, malgré les etïorts des jîères pour le retenir '', le jeune cardinal deux fois fugitif et rebelle revint, à Florence, grossir la cour d luigène IV.

Précédemment celle-ci avait fait une recrue beaucoup plus importante en la personne de Gapranica. Entrelepape etle cardinal qui s'étaient mutuellement contesté leurs titres, la paix avait été conclue, à Bàle, le 30 avril li.31, par les soins des présidents, g-arantie par la république de Venise, puis ratifiée par Eugène IV. Le pape finissait par où il aurait dû commencer : il reconnaissait à Gapranica le titre de cardinal, le réintégrait en possession de tous ses biens, dignités, évêché, bénéfices, s'.engag'eait à bien l'accueillir et à lui laisser toute liberté. Gapranica, de son côté, promettait de rendre à Eugène le respect et Tobéissance dus au souverain pontife, de défendre en tous lieux la cause du saint-père et de le rejoindre, dès qu'il pourrait le faire convena-

ipsimi proficiscatur, postquam pacifica possessione vicecancellariatum jam oljtinet, pro quo obtinendo sepe vertit se ad illam parlem unde ventiim secundum valuit captare.

Quid non mortalia pectora cnj^is.

Au ri sacra famés !

Non dedissem aliquo modo ori meo ita diniissam habenam, nisi vidissem lileram quamdam a Roma mihi directam, in qua sij;nificata est michi hec pratica. » ( Archivio Gonzaga de Mantoue, Carlecfgio der/V iniuali ed altri ne' Sinzzeri. E xvii, n° 3.)

1. Qui célébra à Florence la messe de minuit (Murât., XIX, 979).

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