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« n est plus danj^ereux que de soumettre à un examen Tadminis- <■ tration du saint-siège. » Ce danger se compliquait encore, à Sienne, de la présence des Aragonais et de 1 indiscrète intervention des habitants dans les alïaires ecclésiastiques. Le moyen le moins héroïque, mais le plus sur, d'enrayer ce mouvement, (jui ris(juail tU- tout emporter, c'était la dissolution. L'opération, fort délicate, tut préparée de longue main, l)rusquée seulement ii la lin. Elle réussit à souhait, pour cette fois, en dépit de la résistance intéressée des gens de Sienne. Toutefois, quelles qu'aieni été tour à tour rhabileté,la fermeté, la souplesse et la brusquerie des présidents, gardons-nous de leur attribuer toute la gloire, ou toute la iionte, d'une mission dans laquelle ils ne manquèrent point de coopérateurs.
Et d'abord, la responsabilité de l'échec du concile retombe lourdement sur tous ceux, princes, prélats, docteurs, — et ils sont légion, — qui, convoqués à Sienne, négligèrent de s'y rendre. Annoncé depuis cinq ans, ouvert à Pavie dès le mois d'avril et à Sienne au mois de juillet 1423, le concile, on ne doit pas l'oui)lier. siégea dix mois presque sans interruption. Durant ce long espace de temps, qui répondit k 1 appel de Martin V? Un nombre insignifiant de pères. A la session du mois de novembre on ne compta que vingt-cinq mitres, tant évèques qu'abbés. Jean de Uaguse, les Siennois s'épuisèrent en démarches inutiles. On se souvient de l'appoint que le clergé de la ville et des environs fut invité à fournir pour combler une partie des vides de la « nation « italienne ». C'était là ce qu'on appelait l'assemblée de ll'lglise imiverselle 1 Une seule Université, celle de Paris, un seul souverain, le roi d Angleterre, envoyèrent tardivement des représentants : on sait le rôle dissolvant qu'ils jouèrent, obéissant à im mot d'ordre qui s'explique trop bien ])ar des considérations étrangères à la réforme ecclésiastique'. Le 12 mars, Martin \'
I. ^' . Uist. de lu l'rugnuil. Sanction de liounjes sons Ch. 17/. p. .\xi-\.\iii.
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put constater que le nombre des pères ne répondait en aucune manière à rimportance des questions qui doivent être at^itées dans vm concile œcuménique : vainement on avait attendu; ceux que leur titre oblig'eait à prendre part au synode continuaient de s abstenir; personne n'arrivait plus; au contraire, dans le petit nombre de ceux qui étaient venus, des départs forcés creusaient chaque jour de nouveaux vides '. Un contemporain l'assure : « Le concile fut dissous, en mars, faute de prélats'-. »
Ces abstentions, du moins, simplifièrent la tâche des présidents. Elle fut encore facilitée par la complaisance résignée de la plupart des pères. Il faut le reconnaître : les voix ardentes d'un Jean de Raguse ou d'un Guillaume Josseaume rencontrèrent peu d'échos. L'indilïérence des uns, la timidité des autres, jointes au désir que beaucoup avaient de regagner leurs foyers ou de se rapprocher de Rome, source de toutes grâces, firent la partie belle au saint-père. C'est à peine si l'annonce du dénouement prévu souleva une clameur d'indignation vite étouffée : on se dispersa, le silence se fit, et les espérances de réforme furent ajournées à sept ans.
Je parle de la réforme radicale rêvée par les esprits les plus téméraires : car, au contraire, pour bien montrer qu'il n'était point ennemi d'un autre genre de réformes, Martin V, par la bulle même qui prononçait la dissolution, institua une commission cardinalice chargée de recueillir, au sujet des abus de la cour romaine et de 1 "Eglise, tous les avis, tous les renseignements qu'on vou-