‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 85 sur 257 · Ibid., ]). U · texte numérisé non relu

Ibid., ]). U

i. Lettre de Cesarini aux cardinaux datée du 22 janvier (Mansi, XXXI, 166); lettre au ])ape du 2.^Mansi, XXIX, 66:., et XXXI. 171 ; Monum. Concil. ,U, 108; dans la première de cescditions,elleest donnée comme anonyme). C'est elle sans doute qu'emportèrent Jean de la Palu et Henri Stader (cf. ihid., p. 109).

5. L'affaire del'afiression du comté de Ferrette avait été arrangée grâce à l'énergique intervention du duc de Bourgogne : Humbert, comte de la Roche et seigneur de ^■iUers, dont les terres avaient été saisies à cette occasion, lit sa soumission et offrit de remettre à Philippe le Bon les prisonniers faits par le sieur de Varambon (19 décembre 1431 1 : cette oITre fut acceptée le 2.3 décembre, et l'on convint (jue la question tie droit serait déférée au concile de Bàle (Arch. de la Côte-d'Or, B 11942, n" 16i, 165; cf. n" 172). - D'autre part, les trêves entre les ducs do Bourgogne et d'.\utriche furent prorogées d'aboril jusqu'au 2 février 1432

INDIGNATION DES PÈUF.S KT hl" LÉGAT 135

de jour en jour, malgré les rigueurs de l'hiver : on prévoyait pour le printemps une ariluonce considérable. Le légat avait même célébré, le li décembre, une première session '.

Quant au péril hussite, c'était précisément l'argument ({ue Cesarini développait de préférence pour montrer l'impossibilité d'ime dissolution ou dun ajournement à dix-huit mois. Dix-huit mois ! il n'en fallait pas tant aux hérétiques pour répandre leur venin, et aux Allemands pour achever de se déchaîner contre les clercs. Soit qu on prît le [)arti de recourir encore aux armes, soit qu'on se décidât à ne plus user que de la persuasion, la présence du concile était indispensable : dans le premier cas, pour voter les subsides, pour se procurer les fonds que le saint-siège n'avait point su, ou n'avait point voulu réunir; dans le second cas, pour soutenir la discussion loyale à laquelle les Ilussites étaient convoqués. Fallait-il donc que, l'Eglise se dérobant au dernier moment, les hérétiques pussent se proclamer invincibles aussi bien sur le terrain de la doctrine que sur les champs de bataille? Fallait-il laisser croire aux fidèles stupéfaits que la raison, comme la force, était du côté de ces hommes qui, dans leurs libelles inso-

{ibid., n" 17()),puis'pour sixans lettres du ductrAvilriche, d'Iiinsbruck, le 2i mars 1W2: Arch. de la Cùtc-d'Or. B 119.{.3: cf. lî l()17. fol. 78 r" et v°; I). Plancher, IV. Pp.. p. cxviii; Deutfube Ueirhstufisukien, X, 1(I2. note II. tandis (jue des trêves de deux ans étaient conclues entre Philippe le lîon et lévcque de Bàle {SLCla de l'évêque daté de Delémont, le 13 avril I l.W ; Arch. de la Côte-d"Or, B II9.?.l\ Le moindre incident riscpiail pourtant île renouveler la {ii^^Te, et. vers la lin de lannée I l.Jl, les pères eurent une alerte, connne il résulte de la lettre suivante adressée par le lé^al Cesarini et par le concile, le 31 décembre, au Conseil du duc de Bourfjofrne, à Dijon : << Renuntiatum est nobis quod dominus Enien Dufey, ca])ilaiieus de Mimtsauf^reon, et bastai'dus de Herf^ey noviter ilillnhu-unt doniinam Mnutisbcliirardi occasione cujusdani querele Philippi de Leni^rres, et suscitant novuni bellum. Ivx quo videnuis iterumsacro Concilio impedimentum alTerri, quod beneficio Ireguarum quas nostro rojiatu inivistiscredebamus esse sublatum. Nam. (|uocum((ue pacto j^uerre liant, tutus accessus venienlibus interdicitin-. Uof;anuis ma;,-nilicienlias vestras ut huic rei i)rovideatis, nec patiamini hoc tempore illi domine bellum inferri, preserlim cuui ipsa velit se submitterc domino bajflivo illustrissimi domini ducis Hurj^undie cl (piod judicatum fuerit adimplere. De eo nobis sin^Mdai-iter servictis. » Ihid., lî ll'.tl2, n° 171; cl", n"' 17!>, 18(1, IH8,

1. Miiiiiini. Citncil.. II. 17-()2, 7<i: .1. Ilallfi'. II. 21, J7j. 577.

13fi EUGÈNE IV ET LE CONCILE DE HALE

lents répandus par toute l'Allemag-ne, ne cessaient d'attaquer la foi, le clerg^é, la papauté? Disperser le synode, c'était renoncer volontairement aux secours armés (pii s'oll'raient — ceux de la noblesse allemande; — c'était tromper et irriter le duc Philippe le Bon, — qu'on croyait alors disposé à entreprendre une nouvelle croisade contre les Tchèques ' ; — c'était replonger sous la terreur et provoquer à la défection toutes ces populations auxquelles le légat avait appris à se tourner vers Bâle. Pour ce dernier, forcé de manquer à ses promesses, il ne lui restait plus qu'à se livrer lui-même à ceux qu'involontairement il avait abusés : ils seraient libres de le vendre, s'ils voulaient, aux llussites ! Il ne demandait pas mieux que de mourir martyr. Ce qu'il repoussait énergiquement, c'était le scandale et le déshonneur - !

Gesarini alléguait encore les autres affaires ((ue le concile, a l'insu d'Eugène IV, s'était mises sur les bras, et qui demeureraient en souffrance : les pourparlers entamés avec les villes de Magdebourg et de Passau, qui avaient expulsé leurs évêques. les tentatives de médiation entre le roi de Pologne, le duc deLithuanie et les chevaliers de l'ordre Teutonique, entre les rois de France et d'Angleterre. Ce dernier argument devait peu toucher le pape: il estimait sans doute son intervention suffisante ; à ce même moment, il occupait un de ses légats, le cardinal Albergati, à négocier le rétablissement de la paix entre les deux royaumes -^

Eugène IV devait aussi goûter médiocrement le ton distrait et

1. Au mois de novembre 1431, le concile cherchait, par l'entremisede IKlecleiir de Cologne, à entraîner Philippe dans une expédition contre les Tchèques. En prévision de racceptation du duc, il voulait persuader au pape de lui octroyer un subside et pour cela de lever une taxe sur toute l'Église (ihid., p. ,i58i. Au mois de janvier suivant, Gesarini se faisait l'illusion de croire que le duc de Bourgogne venait de traiter avec le roi de France par égard pour le concile et avait exprimé, dans cet accord, le désir de se consacrera l'extirpation de l'hérésie hussite {Monum. Concil., II, 100; J. Haller. II, 560: cf. L). Plancher, IV, Pr.,p. i.xxxixxcii ; Bcaucourt, II, 442: Kervyn de Lettenhove, OEuvre.t de G. Chastelhun, II, 213 et suiv. .

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