‹ La crise religieuse en AngleterreChapitre 27 sur 30 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

l'union des églises est une affaire de prières. elle depend surtout de la

RÉALISATION DE l'œUVRE POURSUIVIE AU- TREFOIS PAR LE PÈRE IGNACE SPENCER.

Toutes les grandes affaires qui tendent à la gloire de Dieu et au salut des âmes doivent se traiter surtout par la prière, parce que leur heureuse issue dépend principalement de la plus ou moins grande abondance des grâces que Dieu accorde à rhomme, et que ces grâces s'obtiennent par la prière. Pour que ces affaires où la gloire de Dieu est particulièrement intéressée, soient menées à bonne fin, il faut

qu'à l'action de l'homme se mêle Faction de Dieu. Tantôt c'est l'action de l'homme qui paraît davantage, tantôt l'action de Dieu. Quelquefois Dieu se plaît à montrer que c'est lui qui fait tout et que l'homme n'est que son instrument. L'instrument, dans ce cas, n'est point dispensé d'agir : il est seulement dispensé de paraître. Dans ces sortes d'affaires ceux qui travaillent sont utiles, ceux qui prient sont nécessaires. Ces leaders invisibles , en demeurant cachés derrière les hommes de parole ou d'action, tiennent tous les fils entre leurs mains, et conduisent tout. Ils conduisent tout sans le savoir.

Il est peu d'affaires, croyons-nous, où la Providence ait suivi plus visiblement cette ligne que dans la grande affaire du retour de l'Angleterre à la foi catholique qui se dessine nettement au milieu du dixneuvième siècle. 11 se produit un mouvement soudain, extraordinaire, humainement

inexplicable, et dont, à ne pouvoir en douter, Dieu seul est l'auteur. Ceux qui Tobservent en sont vivement frappés. « Ce n'est ni l'habileté, écrivait en 1845 M^"^ Wiseman dont nous avons déjà cité la lettre aux évêques de France , mais il faut redire ici ses paroles, ce n'est ni l'habileté, ni la prudence, ni la puissance, ni l'adresse, ni la sagesse de l'homme, qui ont, même d'une manière éloignée, concouru au développement de ce qui se fait autour de nous. »

L'homme cependant avait concouru à ce développement. Tl y avait concouru par la prière. Le mouvement de conversion qui venait de se produire était visiblement la réponse de Dieu à une croisade de prières, organisée par « un très pieux disciple de saint Paul de la Croix », comme l'appelle Léon XIII, dans sa lettre au peuple anglais.

Car c'est Léon XIII lui-même qui a pris soin de nous révéler ce mystère.

« Nous-même, longtemps avant d'avoir été

élevé au Pontificat suprême, Nous avons vivement senti Fimportance de la sainte prière offerte pour cette cause, et Nous l'avons approuvée du fond du cœur. Et ce souvenir Nous est agréable : en effet , à Tépoque où Nous étions nonce en Belgique, Nous fîmes connaissance avec un Anglais, Ignace Spencer, qui était lui-même un très pieux disciple de saint Paul de la Croix. Il Nous exposa le projet qu'il avait commencé à réaliser, lui, Anglais, d'étendre une société de pieux fidèles, dans le but de prier, comme il convient, pour le salut de cette nation. C'est à peine s'il est nécessaire de dire combien Nous entrâmes cordialement dans ce projet inspiré par la foi et par la charité, et combien Nous favorisâmes cette œuvre, prévoyant que la nation anglaise en tirerait d'importants avantages. Les fruits de la grâce divine obtenus par les prières des hommes vertueux s'étaient déjà manifestés clairement auparavant; cependant.

ils devinrent plus abondants à mesure que cette sainte société se répandit davantage. Il arriva en effet qu'un grand nombre d'hommes, même d'un nom illustre, suivirent l'appel divin avec ardeur et piété, et cela souvent en s' exposant aux plus grands dommages temporels, qu'ils subirent généreusement. En outre, il y eut une attraction merveilleuse des cœurs vers la foi et la pratique du catholicisme qui vit croître envers lui le respect et l'estime du public, et plus d'un préjugé, longtemps entretenu, céda devant la force de la vérité. »

Un de ces hommes illustres qui suivirent l'appel divin avec ardeur et piété domine tous les autres. Le 9 octobre 1845, le célèbre docteur Newman, que les anglicans regardaient comme le plus solide appui de leur Eglise, et comme devant en être le réformateur, était aux pieds du Révérend Père Dominique, provincial des Passionnistes en Angleterre, et, après lui avoir fait sa confession.

il récitait humblement la profession de foi de Pie IV. A cette nouvelle inattendue, Fémotion fut grande parmi les anglicans. Ils comprirent que c'était là une victoire remportée sur eux par les prières des catholiques, et que cette grande âme avait été pour ainsi dire prise d'assaut. Ils n'ignoraient pas que, pour s'en emparer, les catholiques avaient fait un véritable assaut de prières. « C'est un grand mystère, disait à ce sujet le docteur Pusey dans une lettre célèbre, c'est un grand mystère de voir que la grande confiance que Newman avait autrefois dans notre Eglise anglicane ait tout à coup disparu... 11 y a plusieurs années que j'eus la première crainte de ce qui est arrivé depuis, et je l'ai eue uniquement en apprenant les ferventes prières que Ton faisait pour l'obtenir, lui nommément, dans beaucoup d'églises catholiques et de maisons religieuses du continent. — Voici la pensée qui m'inspirait cette crainte. Si les

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catholiques, me disais-je, prient avec tant d'ardeur pour qu'ils puissent le gagner comme un instrument de la gloire de Dieu parmi eux, ne pourrait-il pas arriver que, tandis qu'il y a parmi nous tant d'indifférence, chez quelques-uns mêmes tant d'aversion pour le bien, Dieu leur accordât celui qu'ils demandent, et que nous perdions celui que nous ne désirons point conserver (1)? Et maintenant les catholiques ne doivent-ils pas penser que les prières qu'ils ont faites pendant si longtemps, à certains moments,

(i) The firsl pang came to me years ago^ when I had no other fear, biil heard he was prayed for by name in so many churches and religions Houses on the continent^ The fear was suggested to me, « If they pray so earnestly for this object ihat he may be won lo be instrument of God's glory among them, while among us there is so much indifférence and in part dislike, may it not be that their prayers may be heard, that God will give them vhom they pray for — we forfeit whom we désire not to retain. Ani now, must may not think that their prayers, which they hâve offered so long — at times, I think, night and day, or at theHoly Eucharist — hâve been heard. — Armais of the tractarian movement fivm 1842 to 1860, by E. G. K. Browne, p. I20.

je crois, le jour et la nuit, ou bien au saint sacrifice de la messe, ont été exaucées? »

Ils le pensèrent en effet. C'est alors que, encouragé par ce magnifique succès, M^''\Visemanvint en France pour y demander des prières. Il fit une quête de prières comme d'autres font une quête d'argent.

De Paris il adressa à tous les évêques de France la lettre dont nous avons déjà cité des extraits. L'accueil que rencontra cette démarche fut digne de la France catholique. Voici comment le père Ignace Spencer en parlait onze ans plus tard dans une lettre qu'il adressa lui-même en 1856 à tous les évêques de France, toujours dans ce grand but d'obtenir des prières pour la conversion de sa chère Angleterre. Nous citons tout le début de cette circulaire. Le sentiment catholique y fait oublier ce que le français a de saxon.

(( Monseigneur,

(( Il y a plus de dix-sept ans qu'il me fut permis, dans Fan 1838, de m'adresser pour la première fois aux catholiques français afin de les intéresser au sort de l'Angleterre, mon pays, et d'invoquer leur assistance à sa conversion par leurs prières. Un second appel leur fut adressé plus tard, c'est-à-dire l'an 1845 par une voix bien plus digne de leur attention, celle de Son Eminence le cardinal Wiseman, qui envoya une circulaire à tous les prélats de France, leur expliquant l'état de notre pays, et le changement qu'il y avait lieu d'espérer par la grâce de Dieu, si les fidèles voulaient nous assister par leurs prières continuelles. On répondit partout à cet appel avec une générosité digne de votre grande nation. Pendant quelque temps il se fit dans toute la France un mouvement religieux des plus remarquables. Les évéques de toute part

publièrent des mandements pleins de sagesse et de zèle. Ils ordonnèrent dans leurs diocèses respectifs des saintes messes, des communions générales, des salut s, des neuvaines, des prédications pour attirer la grâce du Seigneur sur l'Angleterre; et il est à croire que ce ne fut nullement un mouvement de zèle passager. Les âmes pieuses de France ont toujours depuis continué leurs prières, et, du moins dans plusieurs diocèses, les dévotions publiques n'ont jamais depuis été interrompues.

« Et peut-on douter que Dieu ait exaucé tant de vœux? On a vu dans ces derniers temps en Angleterre, et surtout depuis cette dernière époque, une suite de conversions qui ont étonné et consolé le monde catholique, et qu'on ne peut attribuer à aucune chose de la part de l'homme, sinon à la prière. »

Aujourd'hui la voix qui exhorte à la prière vient de plus haut encore. C'est la voix

même du Vicaire de Jésus-Christ. Elle y exhorte les protestants aussi bien que les catholiques. Cette fois il faut que Tassant soit général. Il faut que tous les chrétiens s'entendent pour livrer un assaut à la miséricorde divine dans le but d'obtenir d'elle l'unité. « Vous tous donc qui êtes en Angleterre, quelle que soit la communauté ou l'institution à laquelle vous appartenez, Nous vous invitons avec une profonde affection à poursuivre ce saint but de ramener l'union. Laissez-nous vous exhorter, pour votre salut éternel et pour la gloire du nom chrétien, à adresser vos prières et vos vœux au Souverain Père céleste et à ne pas cesser de le faire avec ardeur. »

Cet appel a été entendu. Ce langage a été compris. Quelques jours après la publication de la lettre où Léon XIII exhorte ainsi tous les chrétiens à la prière, la Guardian, l'organe le plus autorisé de l'anglicanisme, exprimait cette opinion que l'u-

nion des deux Eglises était entravée par des obstacles qui, pour le moment, lui paraissaient insurmontables. Mais la feuille anglicane en tirait cette conclusion qu'au lieu de renoncer à l'espoir de voir cette union s'opérer, il fallait au contraire la demander à Dieu par d'instantes prières.

« Dans tous les cas, disait-elle, nous pouvons nous souvenir — et ici du moins il nous est permis d'être parfaitement d'accord avec Léon XIII — que la prière n'est point découragée par d'apparentes impossibilités, et qu'elle ne dicte ni ne limite les manières dont il lui sera répondu (1). »

Ce ne sont pas là de simples phrases; c'est l'expression très sincère de sentiments fort répandus parmi les anglicans et qui,

(i) At ail events we can i-emember — and here at least we may be in perfect accord wilh Léo XI [I — that prayer is not discouraged by seeming impossibilities, and neither dictâtes nor limits the methods in which it shall be answered.

depuis la lettre de Léon XIII surtout, se sont traduits par une véritable explosion de prières. « Nous nous réjouissons, disait au commencement de septembre 1895 le cardinal Vaughan dans le discours,déjà cité, nous nous réjouissons de voir tant d'hommes de bonne volonté recourir à la prière. Prélats non conformistes et anglicans, de leur propre gré, ont invité leurs disciples à prier publiquement pour F Union. »

Les catholiques, au moins en Angleterre, prient davantage encore. Nul doute que ces prières ne soient exaucées. C'est Dieu luimême qui les provoque par la voix la plus autorisée qui soit sur la terre. Pourquoi les provoque-t-il sinon pour les exaucer? Ce qu'il nous fait demander il pourrait nous l'accorder sans en être prié. Mais, selon la remarque de saint Grégoire le Grand, Dieu veut que nous lui demandions ce qu'il prévoit que nous lui demanderons et qu'il nous accordera. Sedpeti vult id quod et nos pe-

tere et se concedere prsenoscit (1). Voilà pourquoi le cardinal Vaughan, archevêque de Westminster, que la divine Providence a placé à la tête de la hiérarchie catholique en Angleterre, et qui est, nous tenons à le dire ici parce qu'en France un grand nombre l'ignorent, non seulement un homme d'étude et un homme d'action, mais avant tout un homme de prière, a tenu à proclamer bien haut et avec une vive énergie que, dans les circonstances actuelles , prier et faire prier pour le retour de l'Angleterre à l'unité catholique est un grand devoir. Les belles et fortes paroles de Son Eminence ont ici leur place.

(( Il est bien évident que la divine Providence dans ses desseins secrets prépare quelque chose pour l'Angleterre. Si nos yeux ne peuvent pénétrer ces secrets, nous devons nous en tenir au simple enseigne-

(i)Homil. in Evang., lib. I, hom. ii.

ment de notre sainte religion. Si mon influence ne peut s'étendre sur ceux qui sont en dehors du catholicisme, mon devoir m'oblige à indiquer à chaque catholique la nécessité de prier avec foi, espérance et charité afin que Dieu daigne hâter le moment de sa visite et manifester plus abondamment sa miséricorde. Les mots me manquent pour exprimer ma conviction à cet égard, mais je conjure ceux qui m'entendent et ceux qui me liront de remplir ce devoir de la prière privée et publique. Oui, prêtres et laïques, familles et individus, enfants dans leurs écoles, vieillards et infirmes, malades et mourants, tous doivent s'unir dans cet apostolat de la prière pour hâter l'Union.

« Le Saint-Père a adressé aux Anglais une lettre où il recommande la prière à tous ceux qui désirent le salut dans l'unité de foi. On a critiqué cette lettre parce que, a-t-on dit, elle ne spécifie pas de différences

et ne marque pas de concessions, et ne fait pas faire un pas de plus à la question. Ceux qui formulent ces critiques ne voient pas que le Vicaire de Jésus-Christ a parlé comme son Maître dans le sermon sur la montagne et qu'en nous ordonnant de persévérer dans la prière, il fait faire le premier grand pas, le pas le plus fécond en résultats vers Funion de l'Angleterre avec le Siège apostolique. »

« Ne vous contentez pas d'assister à ces cérémonies et aux prières publiques pour la conversion de l'Angleterre qui ont lieu le second samedi de chaque mois dans toutes les églises d'Angleterre ; ne vous contentez pas de dire la prière indiquée par le Saint- Père dans sa Lettre aux Anglais et qui, en certains diocèses, est récitée après la bénédiction, dans certaines familles est jointe à la prière du soir (1). »

(i) Nous donnons ici le texte de ceUe prière pour ceux qui voudraient la réciter en latin :

O beata Virgo Maria^ Mater Dei, Regina nostra et Maler

« Employez cette prière, employez-en d'autres, fréquemment et en divers moments, ou priez, si vous le voulez, sans aucune formule, pour la conversion de l'Angleterre. Ce qu'il faut, c'est la prière d'âme et de cœur, la prière humble, fervente et constante. Enrôlez dans cet apostolat de la prière toute communauté religieuse d'hommes et de femmes non seulement de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, mais

dulcissima, benigna oculos tuos couverte ad Angliam quœ Dos TUA vocalur^ converte ad nos qui magnâ in te fiducia confidimus. Per te datus est Christus Salvator mundi, in quo spes nostra consisteret; ab ipso autem tu data es nobis per quam spes eadem augeretur. Eia igitur ora pro nobis quos tibi apud crucem Domini accepisti filios, o perdolens Mater : intercède pro fratribus dissidentibus ut nobiscum in unico vero Oviii adjungantur Summo Pastori, Vicario in terris Filii tui. Pro nobis omnibus deprecare^ o Mater piissima^ ut per fidem bonis operibus fœcundam mereamur tecum omnes contemplari Deum in cœlesti patria et collaudare per saecula. Amen.

« Qui rite precem recilai^erint quam huic epistolx suhjicimus, indulgentiam singulis , etiam non Anglis, dieruni trecentorum tribuimus, plenariam prxlerea^ seniel in mense, recitantibus quotidiè consuetis seivatis conditionibus. »

de toute la chrétienté catholique, avec cette assurance que Dieu vous exaucera en son temps et que vous verrez la réalisation des paroles du Psalmiste : ce II a abaissé son regard sur la prière de l'humble, il n'a pas rejeté sa demande, racontez -le à toute génération à venir (1). »

On ne saurait rien dire de plus fort ni le mieux dire. Ce qu'il faut, ce qui sera décisif, c'est un enrôlement de toutes les âmes vraiment catholiques dans une sainte croisade de prières. C'était la conviction du père Ignace Spencer ; ce fut là le projet à la réalisation duquel il travailla toute sa vie, 11 a pris soin de nous dire comment, d'après lui, cette croisade devrait être organisée.

C'est dans sa circulaire aux évêques de France datée du 8 mars 1856 dont nous avons cité le début qu'il expose ses vues sur

(i) Discours prononcé par son Éminence pour i'ouverire du congrès de la Catholic TriU commencement de septembre 189^.

ture du congrès de la Catholic TriUh Society à Bristol au

ce point. Après avoir fait remarquer que pour provoquer et entretenir le mouvementde prières qu'il regarde comme nécessaire, si Ton veut obtenir la conversion de l'Angleterre , il faut de toute nécessité employer certains moyens particuliers. « Et ces moyens quels sont-ils? » se demande Tapôtre anglais, avec son esprit pratique.

Voici ce qu'il répond :

<( Je ne peux mieux répondre à cette question qu'en citant les paroles par lesquelles la Propagande, dans une seconde lettre qu'elle a daigné m'accorder, a voulu qualifier l'œuvre dont je m'occupe, et que le Saint-Siège, par sa bouche, recommande à la protection des prélats de l'Eglise. Elle en parle ainsi : opus quod R, P. Ignatius

a S. Pauloy etc , promovere satagit ut

nempe catholici pro acatholicorum^ prsesertim Angliœ^ conversione, velut agmine factOy ferventiori jugiter ratione preces fundant. Les moyens donc, il semble, se

résument tous dans la prière, mais la prière accompagnée des conditions et des qualités qui la rendront irrésistible : l'^ Qu'elle soit faite avec une pleine confiance et une ferme résolution de ne jamais se relâcher jusqu'à ce qu'un succès complet ait couronné nos efforts. C'est là ridée que me donnent ces paroles : {>elut agmine facto. 2® Que ceux qui veulent entrer dans cette grande entreprise , se forment la résolution de s'avancer euxmêmes de plus en plus tous les jours dans les vertus chrétiennes. C'est ainsi que je comprends les paroles : ferventiori jugiter ratione. Nous ne demandons pas qu'on multiplie ses prières , mais qu'on y ajoute la force et l'efficacité par la sainteté de sa vie, et qu'on les accompagne par la toute-puissante influence du saint exemple. 3** Comme tous les catholiques en général sont appelés à s'unir à cette grande entreprise, ut nempe catholici^ nous demandons à chacun de s'intéresser, suivant

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qu'un ardent zèle guidé par la sainte prudence l'inspirera, à gagner partout des associés, afin que ce ne soient pas dorénavant des efforts isolés comme nous avons vu jusqu'ici, mais les nations catholiques, qui se remuent. Et peut-on douter que le bon Dieu qui a répondu si richement par ces conversions individuelles si éclatantes aux prières qui se sont offertes jusqu'ici, répondra à ces vœux universels par les conversions en masse, par la conversion de nations entières? 11 faut aussi lever le scandale que ceux qui sont séparés de r Église doivent nécessairement subir à voir tant de catholiques entièrement indifférents à la diffusion de leur foi , et tant qui la déshonorent par leurs désordres et leur crimes.

c( Mais comme rien de grand et de sérieux ne peut s'accomplir sans une organisation, j'ose supplier Votre Grandeur que, selon le plan que Sa Sainteté a déjà approuvé pour

Rome, elle daigne désigner dans son diocèse un prêtre pour recueillir les noms des fidèles qui voudraient entrer dans TAssociation et veiller sur son progrès, et surtout qu'elle veuille bien ordonner que les prédicateurs, à des temps convenables, ou des prêtres spécialement choisis excitent les chrétiens à la grande œuvre en leur expliquant son importance, tant pour le bien des peuples catholiques qui y entreront que pour celui des nations qui en sont l'objet immédiat.

« Le souverain Pontife a accordé le 9 mai 1851 une indulgence plénière à gagner une fois par mois, à condition de confession et de communion un jour à son choix, et de dire chaque jour trois Ai^e Maria pour la conversion de F Angleterre, ajoutant à chaque Ave : Maria auxilium christianorum, ora pro nobisy secours des chrétiens, priez pour nous.

(( Outre cela, en mai 1850 il accorda

300 jours d'indulgence à tous ceux qui prieraient dévotement, comme par exemple un Ave Maria, pour la conversion de l'Angleterre. Cette grâce a été étendue à ceux qui prieront en général pour tous ceux qui sont séparés de l'Eglise . Il a accordé de plus 100 jours d'indulgence pour toute bonne œuvre qui se fera à l'avantage de cette Association ainsi étendue. »

D'autres indulgences encore ont été accordées par les souverains pontifes à ceux qui prieraient pour la conversion de l'Angleterre. Celles que signale le père Ignace Spencer suffisent pour nous faire comprendre l'importance que le Saint-Siège attache à ces prières, et pour nous donner une idée des encouragements qu'il leur a toujours prodigués.

Si des conversions en masse, et même la conversion de la nation anglaise tout entière n'a pas été obtenue, n'est-ce pas

parce que Tappel fait aux évêques de France en 1856 par le père Ignace Spencer ne trouva pas Técho qu'il espérait?

La France catholique avait eu un beau mouvement; malheureusement c'était un de ces mouvements comme il s'en produit souvent en France, qui sont généreux, mais qui ne durent pas. Du reste, c'est partout qu'on se lasse vite de - prier. Voilà pourquoi le pieux Passioniste s'efforçait de faire comprendre aux évêques de France que la prière pour la conversion de l'Angleterre ne pouvait être ce qu'il fallait qu'elle fût, c'est-à-dire ardente et persistante, sans des prédications qui exciteraient la flamme du zèle et la ranimeraient, quand elle serait près de s'éteindre, et sans une organisation qui, au lieu de laisser cette prière à l'inspiration fugitive de chacun, en ferait une œuvre ayant dans chaque diocèse son fonctionnement propre et régulier, et susceptible de se développer, sous la haute

direction de Tévêque et la bénédiction du chef de l'Église.

C'est de cette œuvre plus que de toute autre chose que dépend l'issue de la crise religieuse que traverse en ce moment l'Angleterre. Si l'on nous demandait : Cette crise aboutira-t-elle à l'union des deux Églises? nous répondrions : Dites-nous d'abord si l'œuvre ardemment poursuivie par le père Ignace Spencer sera réalisée.

Cette œuvre sera réalisée, si les évêques le veulent. Le sort de l'Angleterre est entre leurs mains.

Fin.

Avant-propos 1

Lettre apostolique du souverain pontife Léon XIU aux. Anglais î>

GHAPITRK P"-

Dieu mène la nation anglaise par des voies extraordinaires. Le rétablissement de la hiérarchie catholique en Angleterre en 1850 est un vrai miracle de la Providence. — Grande part qu'y a eue la prière 41

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