CHAPITRE IV — LE SYxNDICALISME i Of
C'est d'un sens social admirable. La femme rendue^ .au foyer, c'est la famille reconstituée.
A mesure que l'anarchie paralysait les organessociaux les plus essentiels, il y fallait suppléer par des expédients législatifs. Le parlementarisme, qui ne saurait remplir aucune des fonctions d'un gouvernement, au lieu d'arrêter l'anarchie, s'est appliqué à généraliser les expédients. Il a légiféré sur tout et contre tout, il étatise de plus en plus. Le syndicalisme nous ranime. Il attend les garanties du travail, la sécurité des travailleurs, l'ordre enfin dans, la production, c'est-à-dire Tincorporation du prolétariat à la société, non des textes législatifs, qui vont toujours contre ses fins en entravant l'industrie^ mais de ses propres forces, de ses capacités, de son action directe, des libertés revivifiées. Il ne veut point élaborer des lois nouvelles, mais des moeurs et des institutions.
Les mœurs? Elles ne se fortifient pas, évidemment, par la propagande malthusienne qui se fait dans quelques Bourses du travail, ni par les divagations sur Tamour libre qui s'y donnent libre cours^ Aussi bien y a-t-il mieux. Les anciennes corporations se préoccupaient de la moralité, de la tenue et de la dignité de leurs membres. Gela s'entend : on ne s'alourdit point de poids morl, on ne veut avec soi que des forces convergentes. Certes, dans notre^ épouvantable anarchie morale, ce serait trop beau miracle que les syndicalistes en fussent là. Mais ils se sont aperçus déjà que si on peut faire des barricades ou des élections avec les ivrognes, on ne sau-
rait entreprendre avec eux aucune action positive. Dans quelques Bourses du travail, on lutte donc contre le cabaretier, qui était indifférent, sinon sympathique au socialisme, et que le parlementarisme avait promu grand électeur.
La label, on le sait, est une étiquette corporative apposée sur les articles fabriqués dans les conditions admises par le syndicat. Cela pourrait être un moyen de moraliser la production et la consommation. En effet, pour faire accepter cette marque au public, il faudrait que le syndicat en fît une garantie sérieuse contre la camelote et la malfaçon. M. Charles Gide a fort bien remarqué que « la label a cette propriété nouvelle et curieuse de solidariser à la fois : les intérêts des ouvriers, car elle est l'attestation d'un travail loyalement payé; les intérêts des fabricants, car elle donne à leurs produits une marque de fabrique qui a son prix ; les intérêts des consommateurs surtout, car elle leur garantit un travail soigné ».
Voilà le corporatisme en jeu, — et c'est la meilleure réfutation pratique de la lutte de classe.
Certes, dans la pratique encore hésitante du syndicat, il en va autrement, et la label n'empêche point le <( sabotage ». Mais c'est contradictoire. Ces deux procédés se nient.
Quoique la loi de 1884 sur les syndicats, mêiue combinée avec celle de juillet 1901 sur les associations, ne permette aucune action positive étendue, au l^r janvier 1909, 5,500 syndicats avaient fondé : 1,162 offices de placement, 1,237 bibliothèques pro-