La Croatie et la Confēdēration italienne
Opposer à l'Autriche, pour défendre contre elle la cause de la nation croate, les mêmes arguments qu'elle opposait naguère à l'Europe, pour défendre sa domination en Italie ; tel est le but de ce livre. On s'y propose, en outre, et c'est là son grand intérêt d'actualité, de prouver que le sujet qu'on y traite se rattache invinciblement aux événements qui viennent de s'accomplir ; que la Question croate est le corollaire naturel et logique de la Question italienne.
L'Autriche invoquait les traités; c'est aussi du haut des traités que la nation croate vient faire entendre sa voix.
Trop longtemps, cette fière et noble nation a été condamnée au silence. Opprimée par l'Autriche, au dedans, déconsidérée par elle, au dehors, elle a vu jusqu'à présent toutes ses protestations étouffées.
La nation croate est lasse de cet état violent; elle
veut revendiquer ses droits; elle veut réclamer de
l'Europe une appréciation plus juste, plus éclairée, de
son importance et de sa dignité; elle veut, enfin,
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puisque la Confédération italienne est un fait dorénavant reconnu, signaler aux puissances le lien intime, la corrélation nécessaire qui existent entre la satisfaction qu'elle demande et l'organisation sérieuse et durable de ce nouvel établissement.
Les guerres de principes ont presque toujours un rayonnement immense. En même temps qu'elles font trembler les uns, elles rassurent les autres et exaltent leurs espérances. C'est le moment où se posent les grands problèmes de solidarité humaine; et où cet axiome fondamental du droit social : Quod uni justum, alteri œquum, se dresse, dans son implacable logique, montrant que ce n'est que de lui seul, de son application rigoureuse et complète, que peut résulter la solution suprême.
Et voilà pourquoi les guerres de principes, si glorieuses en elles-mêmes, offrent néanmoins tant de dangers. Débutant par l'étincelle, elles aboutissent le plus souvent à l'incendie. A qui la faute? N'est-ce pas à ces traités de 1815, qui, sous prétexte de fonder l'équilibre européen, n'ont consacré, en réalité, que l'oppression européenne? Touchez à une de ces nationalités opprimées, soudain toutes s'ébranlent; et si vous hésitez à suivre leur mouvement, si vous restez sourds à leurs voix suppliantes, votre œuvre, quelque belle qu'elle paraisse, ne sera, peut-être, qu'une œuvre avortée; car
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vous aurez laissé derrière vous une foule de déceptions amères, une foule d'aspirations légitimes méconnues, nuages menaçants, du sein desquels, tôt ou tard, éclateront de nouvelles tempêtes.
La guerre d'Italie offre de cet état de choses un redoutable exemple. Le premier coup de canon tiré sur le Tessin a retenti partout où prévaut le système autrichien ; car partout où prévaut ce système, l'oppression est flagrante. Entendez-vous les cris tumultueux qui s'élèvent des régions de la Bohême, de la Hongrie, de la Gallicie, du cœur même de la monarchie des Hapsbourg? Est-ce une révolution ? Non, c'est une protestation contre la révolution, la révolution couronnée, la révolution armée de perfidie et de force, qui a troublé, chez ces nationalités, leur état normal et traditionnel, pour les 'précipiter sous le joug le plus arbitraire qui fut jamais.
On proclame l'indépendance et la liberté de l'Italie : pourquoi donc ne proclamerait-on pas aussi leur indépendance et leur liberté? Voilà ce que se demandent ces nationalités. Elles souffrent des mêmes abus que l'Italie; elles se croient donc, aussi bien qu'à elle, le droit de s'en affranchir; et elles invoquent dans cebut les sympathies de l'Europe. Quod uni justum, alteri œquum !
Sans doute, il y a dans cet ébranlement général le
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germe de complications graves. Mais est-ce une raison de renoncer à la tâche? Du moment qu'on fait le procès à l'Autriche, il faut que ce procès soit complet; il faut que, partout où elle a prévariqué, elle soit punie ; et qu'en lui enlevant une de ses proies, on ne l'autorise point, par là même, à dévorer avec plus d'acharnement celles qu'on laisserait à sa merci. La paix du monde, l'équilibre européen sont à ce prix.
Toutefois, en prenant en main "la cause des nationalités opprimées par l'Autriche, il n'entre point dans notre intention de prêcher contre cette puissance une croisade universelle. Pour nous , comme pour tout homme civilisé, la guerre n'est qu'un pis-aller funeste, et nous avons salué avec joie la paix si inopinément rendue à l'Europe. Ce n'est donc point uniquement dans la force des armes que nous mettons notre confiance : nous croyons qu'il est d'autres moyens de faire prévaloir le droit. Or, pour invoquer ces moyens, jamais moment fut-il plus opportun?
La guerre d'Orient, qui a souvent servi de thème à des déclamations injustes, a eu, néanmoins, des résultats immenses. Elle a renouvelé la face du droit public européen ; et si toutes les questions soulevées par le Con-
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grès de Paris n'ont pas encore reçu leur solution définitive, cette solution viendra fatalement, car l'opinion est saisie de manière à ne pouvoir plus reculer. D'ailleurs, quel était le grand obstacle à l'œuvre de régénération et de progrès? N'était-ce pas l'influence de l'Autriche? Or, cette influence a été sinon brisée, du moins singulièrement affaiblie. Le monde marchera désormais.
En accréditant avec tant de solennité la question italienne, le Congrès de Paris a préparé les glorieux événements dont nous venons d'être témoins. Mais, cette question en impliquait d'autres qui en étaient comme le corollaire légal; et parmi celles-ci, la Question Croate. Le Congrès ne s'en est pas occupé ; il importe d'y revenir.
L'Autriche, il est vrai, eut pu prévenir ce fait anormal. Elle le devait d'autant plus, que son silence, à cet égard, la constituait vis-k-vis de plénipotentiaires délibérant sur l'état territorial de l'empire ottoman , dans une position fausse et contraire à toutes ses obligations contractuelles antérieures. Mais l'Autriche qui se souvient si bien des traités, quand ils semblent militer en sa faveur, n'hésite pas à les fouler aux pieds dès qu'ils gênent l'influence prestigieuse dont elle se plaît à se parer.
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Ainsi donc, le Congrès de Paris a négligé complètement la question croate. De là l'ignorance qui s'obstine autour de cette question; et par suite, la persistance du renom odieux infligé à un peuple qui méritait un tout autre sort. Qu'est-ce pour nous, Français, pour nous, Européens, qu'un Croate? un sauvage, un barbare, un séide du despotisme, l'effroi de la civilisation et de l'humanité. Oui, voilà l'opinion que nous avons delà nation croate; et l'Autriche, qui a fait cette opinion, se garde bien de nous détromper.
C'est donc à la nation croate elle-même à prendre la parole et à défendre sa cause. Ainsi fait-elle dans le livre que nous présentons au public. Ce livre est un acte. Il n'est pas de nous ; il est d'un interprète autorisé de la nation qui en fait l'objet; on le reconnaîtra facilement ; car bien que nous en acceptions toutes les idées et que nous n'hésitions pas à en prendre la responsabilité, nous lui avons conservé religieusement toute son originalité, toute sa verdeur. Un tel livre donne à réfléchir; nous espérons qu'il portera ses fruits.
Interrogez ce document authentique et vraiment
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VU
solennel, la nation croate vous y apparaîtra tout autre qu'à travers le prisme autrichien. Certes, quand pendant treize siècles consécutifs, une nation a consacré tous ses efforts au triomphe du bien, du vrai, du juste; quand elle a prodigué son sang et ses trésors, aupr ofit de la civilisation et de l'humanité, luttant successivement contre les Avares, les Longobards, les Franconiens, les Saxons, les Thuringiens, les Allemands ; quand elle a repoussé victorieusement les Tatars et les Turcs, sauvant ainsi l'Europe d'un joug insultant; quand une nation a accompli de pareils prodiges, elle mérite autre chose, ce semble, que la flétrissure et l'oubli. Or, telle est la nation croate; son histoire est pleine de faits utiles, de faits glorieux, pleine aussi de dévouements et de sacrifices. Certes, il fut un temps où l'Europe entière lui rendait hautement justice ; elle l'appelait son invincible boulevard contre les barbares ennemis de la civilisation et du nom chrétien : Antemurale Europœ contra immanissimum nominis christiani hostem. Services généraux dont on doit se souvenir aujourd'hui.
Pourquoi la Croatie se trouve-t-elle inféodée à l'empire autrichien? Cette question est capitale; il importe de la bien saisir pour apprécier, comme il convient, les réclamations actuelles de la nation croate.
Dès son origine, la nation croate a formé un État libre, indépendant, constitutionnel, ayant son organisation,
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sa législation particulière. Elle avait, par conséquent, ses chefs à elle et ne relevait d'aucune autorité étrangère. Vers le commencement du xvi* siècle (1527), par un acte spontané et pour des causes développées dans cet ouvrage, elle appela sur son trône la maison de . Hapsbourg-Lorraine. Cet acte fut renouvelé plus tard (1712), lorsqu'elle accepta la Pragmatique Sanction. Mais, en se donnant à la maison d'Autriche, la nation croate n'abdiqua point pour cela son autonomie et sa constitution privilégiée; elle les réserva, au contraire, de la façon la plus expresse; et la maison d'Autriche s'engagea, de son côté, à les maintenir inviolablement. Il y eut, en un mot, entre la nation croate et la maison d'Autriche un contrat bilatéral, contrat dont l'observation, respectée parles deux parties, devait être la condition sine (jua non de sa permanence.
Or, de tout temps, la nation croate s'est montrée fidèle aux engagements de son contrat; le gouvernement autrichien , en plus d'une circonstance, l'en a félicitée officiellement. En est-il ainsi du côté de l'Autriche? Toute l'Europe sait le contraire ; toute l'Europe sait que par les deux octrois du k mars 18Û9 et du 31 décembre 1851, le gouvernement autrichien a dépouillé la nation croate de sa constitution, de son autonomie, pour la rallier à un prétendu système de centralisation et d'unité, dont le contrat qui seul consacrait les droits que l'Autriche a sur elle, l'affranchissait explicitement.
Que penser d'une telle conduite? Certes, si la Croatie
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appartenait à l'Autriche par droit de conquête ou par suite d'un partage provoqué ou homologué par un congrès, on la comprendrait peut-être. Mais non, l'Autriche n'a été investie d'un pouvoir souverain en Croatie, qu'en vertu d'un contrat conditionnel, d'un contrat signé, juré par elle, d'un contrat, enfin, qui ne pouvait avoir de valeur sérieuse et durable qu'autant qu'il eût été rigoureusement observé. Or, l'Autriche l'a violé, l'Autriche, qui se retranchait, naguère encore, avec tant d'imperturbabilité, derrière le rempart sacré des traités!
Ainsi donc, légalement, diplomatiquement, depuis les dates fatales de 1849 et 1851, l'Autriche est déchue de tout droit sur la Croatie. Si elle l'occupe encore, si elle exploite ses trésors, si elle enrôle ses hommes pour grossir ses armées, c'est là le fait d'une usurpation flagrante, d'une violence sans nom. La Croatie est libre ; elle peut élire pour chef qui bon lui semble. Voilà la situation. Que l'Europe avise!...
Et croit-on que la nation croate soit indifférente à l'acte inqualifiable dont elle a été victime? Non certes. Elle frémit impatiente sous le nouveau joug qui lui a été imposé ; elle aspire à le secouer, et tend ses mains suppliantes vers les puissances libératrices.
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Cet appel sera-t-il entendu? Nous l'eussions espéré, alors que durait la guerre; nous ne l'espérons pas moins, maintenant que la paix est conclue. Voici pourquoi.
L'acte de Villafranca n'a pas été apprécié, ce nous semble, avec toute la justice qu'il mérite. Si quelques publicistes y ont applaudi sans réserve, d'autres l'ont regardé comme une déception. Nous croyons que ces derniers ont tort. Selon nous, l'acte de Villafranca est l'accomplissement intégral et absolu du programme que l'Empereur Napoléon III s'était tracé. Il avait déclaré qu'il rendrait l'Italie indépendante et libre depuis les Alpes jusqu'à l'Adriatique. L'acte de Villafranca témoigne qu'il a été fidèle à sa promesse.
Un seul argument pourrait être opposé à cette affirmation, le maintien sous le sceptre des Hapsbourg de l'État vénitien. Mais qu'importe la nationalité du souverain, du moment que le pays peut se mouvoir dans sa nationalité propre? Est-ce que la Grèce n'est pas gouvernée par un Bavarois, la Belgique par un Saxon, la Suède et la Norvège par un Français? Cependant, nous ne sachions pas que ces divers royaumes aient jamais eu à s'en plaindre. Il en sera de même de l'État vénitien.
Sans doute, la situation serait tout autre si l'Autriche devait régner actuellement en Vénétie, au même titre
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qu'elle y régnait naguère. Mais, grâce à l'acte de Vil— lafranca, il n'en est point ainsi. En stipulant l'institution d'une confédération italienne, cet acte a changé radicalement la condition politique de l'Italie tout entière et de chacun de ses États en particulier. Il ne s'agit plus, maintenant, d'un composé de petits royaumes, de petits duchés sans lien entre eux, sans communauté d'intérêts, se jalousant, se détestant réciproquement ; il s'agit d'une Italie une, homogène, ne relevant que d'elle-même, et n'ayant qu'un même but, celui de former une nation grande et prospère. Dès lors, plus d'ingérence étrangère; chaque partie de ce tout doit être marquée au coin d'une nationalité identique et exclure tout élément qui risquerait d'en briser l'harmonie. Si donc l'Autriche y garde encore un pied, ce n'est plus comme puissance allemande , c'est comme puissance italienne, animée d'un esprit italien, et ne pouvant y exercer ses droits qu'à l'aide d'instruments italiens.
Telle est l'idée que nous nous faisons de la nouvelle confédération; et certes, envisagée ainsi, on ne saurait nier qu'elle ne soit la réalisation la plus complète, la plus satisfaisante du programme impérial : L'Italie sera libre et indépendante depuis les Alpes jusqu'à l'Adriatique.
On nous objecte, il est vrai, qu'un gouvernement comme le gouvernement autrichien ne se transforme
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pas en un jour; que tout obligé qu'il soit d'agir en Italie dans un esprit italien, il sera entraîné plus d'une fois à y agir dans son propre esprit; et qu'en pareil cas, soutenu, comme il le sera fatalement, par tous les princes confédérés qui vont, dit- on, reprendre leur sceptre, princes qu'elle comptait, il y a si peu de temps encore, parmi ses satellites les plus fidèles, elle pèsera d'un poids immense sur la confédération tout entière, et arrêtera l'essor généreux d'une nationalité dont elle est, il faut bien l'avouer, le contraste le plus violent et le plus funeste. On ajoute que ce n'est pas la première fois que l'Autriche cède la Lombardie ; et qu'appuyée sur les puissantes forteresses qui lui sont maintenues, il lui sera difficile, peut-être, de résister à la tentation de s'en emparer de nouveau. Les prétextes pour cela ne lui manqueraient certainement pas; elle saurait au besoin les faire naître. Or, en présence de pareilles éventualités, que penser de l'acte de Villafranca?
Nous ne nous dissimulons pas la gravité de ces objections. Toutefois, remarquons qu'elles tiennent moins à l'acte dont il s'agit, pris en lui-même, qu'au caractère et aux sinistres antécédents de l'une des puissances qui l'ont signé. Oui, si l'acte de Villafranca n'a pas produit partout une satisfaction incontestée, c'est qu'on se défie de l'Autriche, c'est qu'on craint de sa part, à l'endroit de cet acte, le même mauvais vouloir, la même
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déloyauté qu'elle a manifestés jusqu'à présent à l'endroit de tous les traités qui lui ont été imposés ou qu'elle a volontairement acceptés.
Que faut-il donc faire pour que l'acte de Villafranca ne soit point une lettre morte, une regrettable mystification; pour que la confédération soit telle que l'Empereur Napoléon III a voulu qu'elle soit, c'est-à-dire une institution sérieuse, prospère et durable?*Il faut mettre l'Autriche hors d'état de revenir sur sa parole et de violer ses engagements.
Or, parmi les moyens propres à atteindre ce but, un des plus efficaces, assurément, est la solution de la Question croate. La Croatie rendue à elle-même, à ses frontières naturelles, serait actuellement pour l'Italie ce qu'elle a été jadis pour la chrétienté tout entière, un puissant et invincible boulevard. Ceci ressort de la manière la plus manifeste de l'ouvrage que nous soumettons à nos lecteurs.
D'ailleurs, telle qu'elle s'accuse aujourd'hui, la question croate constitue le fait diplomatique le plus anormal qui fut jamais. Vue du haut de cette question, l'Autriche nous apparaît dans une position qui n'est
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guère de nature, ce semble , à autoriser la confiance que nous voudrions mettre en elle. Si la parole quelle a donnée, les traités qu'elle a signés, les serments qu'elle a jurés n'ont rien de sacré, à ses yeux, quand il s'agit de la Croatie, respectera-t-elle davantage les engagements qu'elle aura pris envers l'Italie? On peut en douter.
L'Autriche cède facilement à la nécessité; mais elle secoue non moins facilement ses obligations lorsque cette nécessité a disparu et qu'elle a reconquis sa force. Cela se conçoit jusqu'à un certain point; une promesse violemment arrachée est fragile. Mais, telle n'est point la position de l'Autriche vis-à-vis de la Croatie. Il n'y a eu ici ni pression , ni violence. La nation croate a offert son trône moyennant certaines conditions; l'Autriche les a acceptées ; un contrat est intervenu entre les deux parties; la nation croate est restée fidèle à ce contrat; l'Autriche l'a violé. Or, à moins qu'on n'admette que la force, la force brutale doive subal terni se r le droit, tout lien entre la nation croate et l'Autriche est désormais brisé. La nation croate rentre dans son indépendance, et la domination que les Hapsbourg s'obstinent à exercer sur elle, n'a plus de raison d'être.