‹ La croisee de berthe: comedie-vaudeville en un acteChapitre 20 sur 20 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les MÊMES, CLAIRE.

CLAIRE

Me voilà pour la cérémonie. Eh bien ! lamariée n'est pas encore prête * ?

Il n'est plus question de mariage, mon futur va se battre... c'était bien la peine de le céder pendant trois ans et sept semaines... on perd toujours à attendre.

CASIMIR

Ce duel n'empêchera pas la noce : quand l'honneur sera satisfait, Kalt pourra conduire sa femme dans la chambre nuptiale.

KALT, prenant la main de Casimir.

Merci, mon capitaine.

CLAIRE, à Berthe.

En parlant de chambre... Frick a dû te remettre...

BERTHE

Quoi donc?

ERicK^ descendant en scène.

Ah! oui, au fait j'avais oublié... une clé.

CLAIRE

Que j'avais emportée ce matin par mégarde.

KALT

Hein? quelle clé?..

FRICK

Celle de la chambre à coucher de mam'selle Berthe.

BERTHE

Que je lui avais cédée hier au soir et où elle a passé la nuit, attendu qu'il était trop tard pour retourner chez elle.

CASIMIR, à pari.

C'était celle-là !

KALT, à part.

Berthe avait cédé sa chambre !

CASIMIR

Mais alors...

En ce cas-là...

Il paraît que...

C'est évident...

KALT

CASIMIR

KALT

CASIMIR

C'est positif...

KALT, dans r ivresse de la joie.

Mais cer... certainement... c'est tout... tout-àfait po... positif.

BERTHE

Eh bien! voilà qu'il bégaye encore.

CASIMIR, avec bonheur.

Ah! mon pauvre Kalt!

* Frick, au fond à gauche, Bertlie, le Baron, Claire, Casimir, Kalt.

KALT, V embrassant. Ah ! mon brave capitaine ! {Kalt passe près de Berthe.^ le Baron qui était remonté un peu à gauche, et observait, redescend *.)

LE BARON

Enfin, m'expliquerez-vous?

BERTHE

Oui, tu vas nous dire...

CLAIRE

Certainement... il faut que nous sachions...

FRICK

Sans doute, j'éprouve le besoin de savoir...

KALT, prenant Berthe et Claire sous le bras.

Eh bien! écoutez! il n'y a personnede trop ici... pas même vous, général... Je vais vous dévoiler le mystère!.. Figurez-vous qu'il y a trois ans... non, je me trompe... hier., c'est-à-dire cette nuit., elles étaient deux, n'est-ce pas?.. Alors, ce matin, on vient dire à un jeune homme c'est ci... c'est ça... il croit que c'est l'autre... Naturellement vous l'auriez cru comme lui... pas du tout! c'était l'autre, au lieu de l'autre qui était avec l'autre, hier... pas ce matin, et si la clé était arrivée plus tôt... il n'y a pas de doute, tous les torts sont du côté de Frick !..

FRICK, ébahi.

Des torts ! comment des torts!.. Ah!., à cause de la clé?., c'est vrai ! oui, j'ai tort!., j'aurais dû la donner plus tôt; mais au bout du compte qu'estce que ça prouve?

* Frick, Claire, Kalt, Berthe, le Baron, Casimir.

Ça prouve que lu peux épouser mademoiselle Glaire!., de confiance!..

CASIMIR

Avec les six cents florins que je te laisse pour dot.

LE BARON^ à Casimir.

Mauvais sujet! voici votre dragonne.

KALT

Ne la perdez plus, capitaine.

BERTHE, au Public.

Air: de mademoiselle Garcin.

J'ai mon mari, mais ça n'est pas sans peine, Vous avez vu, Messieurs, mon embarras.

On y tient tant, que, sans le capitaine, Je crois vraiment qu' J' n' le remplaçais pas ! P'être on voudra qu'il monte encor sa garde, Comme en ménage y n' faut jamais d'absent , Que tous les soirs, afin que jele garde Chacun de vous m'envoie un remplaçant.

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