‹ La Croissance du Crâne Chez le MoutonChapitre 18 sur 33 · END · texte numérisé non relu

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l'orbite ; la deuxième, immédiatement en avant du conduit auditif externe, la troisième à égale distance de ces deux points.

Rapportées à des repères osseux situés sur la base du crâne, ces coupes répondent respectivement : à la gouttière optique, à la partie moyenne de la fosse hypophysaire, et à l’union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs du basi-occipital.

Quelques précautions sont indispensables pour obtenir des coupes comparables entre elles aux divers stades. Il a paru avantageux de désarticuler la mâchoire inférieure, puis d’abattre la partie inférieure du massif facial par une section plane, tangente à la saillie inférieure des condyles occipitaux. On a pu ainsi, en appliquant cette face de coupe sur une surface plane, placer, les divers crânes dans une position déterminée, fixe et constante. Malgré tout, il est possible que des erreurs aient été commises, car il est plus difficile qu’on ne pourrait l’imaginer, de prime abord, de mener les coupes suivant des plans rigoureusement frontaux.

Ces erreurs nous ont paru, cependant, négligeables, car nous voulions déterminer le sens général des phénomènes plutôt que mesurer rigoureusement l'accroissement de la cavité cranienne dans ses différents diamètres.

Les pièces ainsi obtenues furent incluses en gélatine, et en éclairant fortement les blocs, par une de leurs faces, il fut possible de décalquer, sur la face opposée, le contour de la cavité cranienne.

Les dessins reproduits et agrandis à des dimensions choisies, par l'appareil à dessiner de G. Dusreuiz, furent ensuite superposés.

Pour procéder à celte superposition, il a été nécessaire de prendre des points fixes, ou tout au moins relativement fixes.

L'accroissement de la cavité cranienne dans les plans verticaux se fait surtout par élévation de la voûte ; les points fixes ont, pour cette raison, été choisis à la base, dans des régions qui nous ont paru échapper en grande partie à l’action des processus qui déterminent l'extension de la cavité cranienne en bauteur.

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Les images des diverses coupes passant par la gouttière optique ont été superposées par rapport au plan horizontal des ailes orbitaires du sphénoïde. Le plan fixe, choisi pour la superposition des figures des coupes intéressant la selle turcique, fut le plan horizontal supérieur de la racine de l'aile temporale du sphénoïde ; et c'est par rapport au bord supérieur des capsules auditives intéressées par la section qu'on a superposé les dessins des coupes passant immédiatement en avant du conduit externe (fig. 65, 66, O7).

Les diagrammes sagittaux ont été traités d’une façon semblable. Comme centre de superposition, on a choisi le milieu de la selle turcique, en tenant compte approximativement de l'approfondissement apparent de la fosse hypophysaire (Ag. 64).

Ce choix est évidemment arbitraire, car les véritables points fixes dans l'allongement de la cavité cranienne sont les condyles occipitaux liés à la colonne vertébrale. C’est pourquoi ces diagrammes de croissance ne peuvent pas renseigner sur les déplacements respectifs de telle ou de telle région, de la voûte ou de la base; ils sont, simplement, deslinés à apprécier la marche générale de l'accroissement global de la cavité cranienne, envisagée en elle-même.

c) ÉTUDE DE CRANES TRAITÉS PAR LA MÉTHODE DE SPAL- TEHOLZ. — Nos recherches macroscopiques ont été complétées par l'étude de crânes de fœtus de 40, 50, 60, 70, 80, 100. 120, 170, 200, 250 millimètres traités par la méthode de SPALTEHOLZ.

Comme on le sait, ce procédé permet de déceler les points d'ossification, d'étudier leur extension et d'observer, le cas échéant, leur fusion. Il est surtout indiqué aux stades jeunes où la minceur des parties molles se prête à un éclaircissement facile et dans lesquels les points d'ossification, encore bien distincts, se révèlent avec la plus grande netteté.

Les renseignements obtenus par ce procédé nous ont facilité bien souvent la lecture de nos coupes, et nous ferons certainement appel à cette convergence des méthodes dans les recherches que nous projetons sur certains points particuliers du développement des os du crâne.

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J'ajoute que, à partir du stade de 30 centimètres, les indications de la méthode d'’éclaircissement nous ont paru, pour la réalisation du but poursuivi, moins impérieuses.

C) Recherches microscopiques. — La méthode microscopique nous a permis d'aborder, en eux-mêmes, et dans leurs conséquences mécaniques, les phénomènes histologiques mis en œuvre par les os du crâne au cours de leur développement et de leur croissance.

a) PRÉLÈVEMENT ET FIXATION DES PIÈCES. — Les pièces ont été prélevées dans les meilleures conditions de fraicheur dans les salles d’abatage des abattoirs de Bordeaux, où M. Viallet, vétérinaire adjoint, nous a réservé l’accueil le plus courtois. Après mensuration des sujets, les têtes ont été séparées du corps et fixées, soit par le formol à 5 pour 100, soit par le liquide de, Zexxer. Ce fixateur convient surtout pour les petits objets, dont la pénétration complète n’'exige pas un séjour trop prolongé dans le liquide.

C'est pourquoi nous avons, dans la majorité des cas, utilisé le formol en solution aqueuse à 5 pour 100; il a l'avantage d'agir lentement et de permettre, sans inconvénients pour la colorabilité, une bonne fixation de pièces relativement volumineuses.

Fréquemment, au cours de la fixation du crâne, il se produit des rétractions tenant à l’hétérogénéité des objets et à l’action inégale exercée par le fixateur sur des parties très différentes les unes des autres. Ces déformations sont fâcheuses. On peut arriver à les éviter, notablement, en injectant dans la cavité cranienne quelques gouttes de la solution de formol du commerce. Malgré ces précautions, le résultat cherché n'a pas été toujours | parfaitement atteint.

b) DÉcALCIFIGATION. — Nous nous sommes servi, pour obtenir la décalcification, d'acide azotique en solution aqueuse à 3 pour 100. L'acide azotique employé doit être pur si on veut éviter le jaunissement des pièces. Cette concentration de la solution nous à paru suffisante pour la plupart des cas. Pour ménager la structure fine des éléments, nous avons préféré

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allonger le temps de la décalcification et réserver des solutions d'un titre supérieur, plus actives, au traitement des crânes venant de sujets près du terme.

Après le traitement par l'acide azotique, il est indispensable pour obtenir de bonnes inclusions et des colorations convenables, de laver soigneusement les objets à l'eau courante pendant vingt-quatre heures, et de les laisser séjourner ensuite un temps égal dans l’eau fortement additionnée de bicarbonate de soude. Un dernier bain de quelques heures à l’eau courante est nécessaire pour éliminer toute trace de ce sel.

c) INCLUSION. — Les inclusions ont été faites dans la celloïdine; c'était la seule méthode applicable à ces objets très durs.

d) COUPES EN SÉRIE. — A chaque stade étudié, nous avons réalisé une série de coupes sagittales du crâne et une série de coupes frontales. Toutes ces coupes ont été colorées par l'hématéine-éosine. Ce dernier colorant, utilisé en solution alcoolique faible, à 1 pour 1.000, et agissant pendant vingt-quatre heures, nous a donné des teintes beaucoup plus pures et des élections bien plus précises que celles qu'on obtient avec des solutions de concentration plus élevée, à action rapide.

Il est évident que les grosses pièces ont dù être fragmentées ; c'est là une nécessité inéluctable. Cette fragmentation n’est pas sans inconvénients et elle peut entrainer parfois des lacunes fâcheuses dans la régularité des séries. La réalisation à chaque stade d’une double série de coupes frontales et sagittales permit, dans les cas malheureux, de rétablir les dispositions réelles.

L'observation des coupes a permis d'étudier chaque os dans toute son étendue, de déterminer la localisation précise des phénomènes histologiques observés et de se faire une idée de leurs conséquences.

e) REPÉRAGE DES PHÉNOMÈNES OBSERVÉS. — Chaque fois que cela nous à paru nécessaire, nous avons établi la topographie de l'érosion osseuse par le procédé suivant :

Dans les régions où l'observation des coupes révélait des phénomènes intéressants, les préparations étaient dessinées à un

faible grossissement par projection à l'appareil d'Ennéer. Un

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des inconvénients de cet instrument, par ailleurs excellent, est d'utiliser comme source lumineuse l'arc électrique. L'éclairement ainsi obtenu est largement suffisant, mais il est soumis à des variations fréquentes, très gênantes dans la pratique. Pour remédier à ce désavantage, le modèle du Laboratoire d'Histologie de Bordeaux fut, sur les indications de M. le Professeur G. Dusreuiz, modifié très heureusement par le docteur Rugen- THALER. On a substitué à l’arc une lampe électrique de 12 volts qui fournit une belle lumière recueillie et concentrée par un condensateur réglable. Il en résulte une facilité de travail incomparable.

Sur les dessins ainsi obtenus, il fut facile ensuite, en reprenant l'examen des coupes au microscope, de déterminer l’emplacement précis des ostéoclastes.

f) RECONSTRUCTIONS GRAPHIQUES. — C'est grâce à l’appareil d'EniGer qu'ont été obtenues les projections planes des coupes qui nous ont servi à la reconstruction graphique des parois de Ja cavité cranienne au stade de 45 millimètres et au stade de 10 centimètres.

L’illustration des faits histologiques a été réalisée au moyen de dessins obtenus à la chambre claire pour les forts grossissements, et avec l'appareil d'EninGer pour les autres. La méthode photographique donne, sans doute, des documents d’une bien plus grande valeur, mais elle n’est guère applicable, avec de bons résultats, à la représentation des objets vus sous un fort grossissement.

Nous avons cependant, chaque fois que la chose a été possible, utilisé l'illustration microphotographique. Les épreuves insérées plus loin proviennent de clichés obtenu avec le grand appareil à microphotographie de Zeïss. Nous en donnons les principales, surtout à titre documentaire, car à ce titre elles ne peuvent tromper.

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Il. — Etude du développement de la cavité cranienne chez le Mouton.

A) Constitution anatomique sommaire des parois de la cavité cranienne osseuse du Mouton. — Pour interpréter les figures microscopiques étudiées au cours de ces recherches et pour localiser avec pré-

aB Fi 16. — Base du crâne d’un Agneau de trois semaines. Grandeur nature 1 Ethmoïde, 1” Lame criblée de l’ethmoïde. 2 Pré-sphénoïde. 3 Orbitosphénoïde. 3’ Extrémité cartilagineuse de l’orbito-sphénoïde. 4 Basisphénoïde. 5 Ali-sphénoïde. 6 Squamosal. 7 Os pétreux. 8 Basi-occipital

9 Ex-occipital, 10 Union du pré-sphénoïde et du basi-sphénoïde, 11 Dorsum selle et, en arrière de lui, l’union du basi-sphénoïde et du basioccipital. 12 Union de l’ex-occipital et du basi-occipital. 13 Union des deux ex-occipitaux au-dessus du trou occipital. 14 Gouttière optique 15 Fente sphénoïdale. 16 Trou ovale. 17 Trou déchiré. 18 Trou condylien.

cision les phénomènes observés, il nous a été nécessaire de connaître la constitution des parois de la cavité cranienne du

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Mouton et de déterminer, aussi exactement que possible, la façon dont les diverses pièces osseuses se mettent en rapport entre elles pour limiter cette cavité. Nous pensons qu’une description sommaire, volontairement localisée aux points qui nous intéressent directement, aura aussi pour avantage de faciliter la lecture des chapitres ultérieurs.

Notre étude a porté sur l'observation de crânes de Moutons adultes, combinée à celle de la tète de jeunes sujets de trois à cinq semaines ; ces derniers se prêtent très facilement à la préparation des pièces du crâne isolées et à la reconstruction consécutive ; cela offre, entres autres avantages, celui d'acquérir une Connaissance précise du mode de liaison des divers os entre eux.

La paroi inférieure de la cavité cranienne est formée en avant par les deux lames criblées de l’ethmoïde ( fig. 16 ||) séparées l’une de l'autre par la saillie verticale et sagittale de l’apophyse crista galli que prolonge en bas la lame perpendiculaire. En arrière des lames criblées, la paroi cranienne est constituée par la face endocranienne du pré-sphénoïde ( fig 16 [2}) dont la limite postérieure est indiquée chez les jeunes sujets par la trace d’un cartilage de conjugaison (fig. 16 |[10]). Des bords latéraux du sphénoïde se détachent, d’abord horizontales, puis relevées latéralement sur les côtés du crâne, les deux ailes antérieures ou ailes orbitaires du sphénoïde ou orbilo-sphénoïdes (fig. 1613]). Entre le bord antérieur de ces petites ailes et le bord externe des lames criblées règne, de part et d’autre, un vaste espace que vient combler la puissante apophyse orbitaire interne du frontal.

A la face supérieure des petites ailes, dans la région de leur racine, on trouve la forte dépression transversale de la gouttière optique (fig. 16 |[14]) que prolongent, vers les cavités orbitaires, les deux canaux optiques lerminés par les deux trous optiques.

En arrière du pré-sphénoïde, la base du crâne est constituée axialement par le basi-sphénoïde (fig. 16 [4|) dont la face endocranienne nous intéresse seule ; celle-ci est déprimée for--

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Fi6. 17. — Fœtus de Mouton à terme (50 centimètres). Formol à 5 pour 100. Hématéine-éosine. Gr. : 10 D.

Coupe verlico-frontale du crâne passant par le trou ovale que l’on voit dans la partie inférieure et gauche de la figure.

La préparation est destinée à montrer la superposition, à la paroi latérale du crâne des trois os qui sont, en allant de dedans en dehors (de gauche à droite dans la figure) : le pariétal, l’ali-sphénoïde, le squamosal.

tement par la fosse hypophysaire, limitée en arrière par la puissante saillie d’une lame osseuse transversale, un peu couchée en avant, formant le dorsum sellæ ou dossier de la selle turcique ( fig. 1611|).

Le corps du basi-sphénoïde se prolonge sur les parties latérales de la base du crâne par deux fortes lames osseuses de forme générale quadrilatère ; ce sont les ailes postérieures ou ailes temporales du sphénoïde ou ali-sphénoïdes (fig. 16 [5|). Leur descriplion mérite de retenir un instant notre attention. Le bord antérieur, épais et mousse, est horizontal et libre dans la plus grande partie de son étendue, il se relève progressivement vers son extrémité externe et présente, à ce niveau, une petite surface irrégulière sur laquelle vient se poser une surface analogue, siégeant sur le bord postérieur de l’orbito-sphénoïde, situé au-dessus et en avant. Entre ce point de contact et leur insertion respective sur le prés-phénoïde et le basi-sphénoïde, les bords opposés des deux ailes sphénoïdales interceptent entre elles un orifice ovalaire, obliquement dirigé en haut et en dehors, présentant une grosse extrémité inférieure et interne el un pôle plus rétréci, supérieur et externe. Chez tous les individus que uous avons observés, cet orilice était toujours unique; nous n'avons jamais constaté sa séparation en une partie inférieure et interne et une partie supérieure et externe, correspondant respectivement au trou grand rond et à la fente sphénoïdale du crâne humain. Cet orifice est essentiellement destiné au passage du nerf maxillaire supérieur de la branche ophtalmique de la V: paire et aux nerfs moteurs des muscles du globe oculaire (hg. 16 (451).

Le bord externe de l’aile temporale du sphénoïde est mince et tranchant ; il sépare la face endocranienne de la face exocranienne de cette aile. Ce bord n’est pas apparent sur le crâne complet. Il s'engage profondément entre l’écaille du temporal en dehors et le pariétal en dedans. En effet, dans celte région, le pariétal, par son bord inférieur, se glisse profondément à la face interne du squamosal, puis de l’aile sphénoïdale, et c’est lui qui forme la limite même de la cavité cranienne à ce niveau. En d’autres

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termes, dans cette région, trois os superposés constituent la

paroi cranienne; ce sont, de dehors en dedans : le squamosal, l'aile temporale du sphénoïde, le pariétal. Le squamosal ne parti-

cipe donc pas immédiatement à la limitation de la cavité cra-

“oru}1d1950-049d o1njng gp ‘ouio7xo osnowmenbs-0199d oanqn ‘1831d1990-e1dns 91 Je rerdre -X9,[ 94}u9 uostesn{[uos 9p 98I1J48) 94 ‘o1eJ1d100-079118d ns . CHAR aanjnsg ee ne “OJUOAIF 9ANNS EF ‘IUJUOITIOQUT OANNS ZE ‘TESOUENDS FF ‘xN91394 SO OF ‘1PI1d1000-X7 6 ‘1871d1000-e1dnS & lBJoried-oqur L ‘1eJ9ueq 9 ‘onbyewmosÂz e ‘inomodns OUBITXEN + ‘leuAioe] *TESEN Z ‘lEJUOIA JANJEU INOPUBIT) ‘9[819J0f ONA ‘SOUIELOS SI04} 9p NEAUSY UN,P AUBI) — 8] "DIA

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