‹ La croix de Malte drame en trois actesChapitre 12 sur 52 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Lm Mêmes. DON BALTHAZAR, DON LIIIS.

DON BALTHAZAR

Viens, mon neveu, tous tes Ions sont oubliés ; relui qui a su si bien venger le nom des d’Ayamonlc , est le plus digne de le poner.

DON LUIS

Ah! il ne voulait pasabsolument se laisser tou-' cher... .Mais , enfin , à l’aide de la botte secrète que m’a apprise mon ami Altavilla... Eh! le voilà, ce cher Oltavio !.. (Il lui prend la main.)

DON RALTHIZAR.

Ma fille, tu m'as juré que je pouvais disposer de ta main pour payer la plus sacrée de toutes les dettes, c'est une dette d'honneur !..

DONA JUANA, tremblante.

Oui , mon père ! mais...

DON BALTHAZAR

Eh bien! cette promesse, tu vas la tenir sur l’heure , car ma nomination de gouverneur à Naples, que je reçois à l’instant, nous force à partir cette nuit, et je veux, auparavant, conclure ton mariage avec don Luis.

DONA JUANA

Quoi ! c’était don Luis ?..

DON BALTHAZAR

Depuis qu’il a adopté l'honneur de mon nom au péril de sa vie , don Luis n’est plus mon neveu , il est mon fils !.. A lui ma succession, dans mes dignités, dans mon gouvernement de Naples , que je lui dois de pouvoir accepter sans honte; à lui, l’amour de ma fille qui peut embrasser son père sans retrouver une flélirssure sur sa joue.

DONA JUANA, à part.

Et Léon! mon Dieu!

DON BALTHAZAR, montrant Juana.

Don Luis, voilà ta femme!

ALTAVILLA, A pari.

Sa femme!.. Oh! tout est changé !..

DONA JUANA

Mon père!., mon père!.. Oh! par pitié!., pardonnez-moi !..

don luis, A part.

Elle refuserait!.. .

2BNE X. 7

1 DON BALTHAZAR , sévèrement.

Je n'ai rien à pardonner à une fille qui m’obéira rotnme elle doit obéir à sou père, et qui a juré...

DONA JUANA, à pari.

Ah! c’est moi qui me suis perdue !..

DON BALTHAZAR

Dans une heure, ma fille, vuus serez l’épouse de don Luis. Je vais donner des ordres. Juana, suivez-moi. (Il sort.)

DONA JUANA, A part.

Dans une heure !.. Que faire, mon Dieu !..

Ah! Don Luis !.. (Bas A Don I.uls.) Don Luis... il faut que je vous parle... à l'insu de mon père...

DON LUIS, bas.

Dans un instant, je serai près de vous. (Juana sorL — A part.) Voilà un entretien qui ne présage rien de bon... mais je ne me laisserai pas attendrir. (Riant.) En conscience, cela me coûterait trop cher.

ALTAVILLA

Quoi! la plus belle femme de Païenne avec une dot superbe ?..

DON LUIS

Oui, comme tu le vois.

ALTAVILLA

Et la succession de ton oncle dans sa fortune?..

DON LUIS

Dans sa fortune !

ALTAVILLA

Dans ses dignités?..

DON LUIS

Et dans ses dignités.

ALTAVILLA

Ah! mon pauvre ami... j’en suis bien fâché pour toi.

DON luis, riant.

Ah ! ah ! ah !.. tu dis cela parce que tu as vu Juana pleurer... mais tu te trompes. Du moment qu'elle pleure, c'est signe de mariage.

(11 sort.)

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