‹ La croix de Malte drame en trois actesChapitre 49 sur 52 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ALTAVILLA, entrant par la petite porte, DONA JUANA.

Excepté celle-ci . Signora!..

DONA JUANA

Altavilla!.. ah! je comprends maintenant le malheur de Léon!., mais quel est donc le crime dont i’espérance vous amène ici ?..

ALTAVILLA

Quelle espérance?., une bien légitime!..

Juaua!.. A Païenne, je vous avais dit que je me bornais à vire jaloux !.. mais ici!., ici! je ne prie plus , je commande... je ne forme plus de «box , je fais parler îles droits.

DOSA Jt'ASA.

Des droits !.. ah ! je douie si je veille !.. et je ne croyais (tas que ma haine el mou indignation pussent croître encore... des droits... vous— chevalier de Malte?

ALTAVILLA

C'est surtout à cause de ce titre !.. tant que j'ai cru que d’élrc chevalier de Malle cela pouvait être un ohstaelc pour réussir auprès de vous, j’ai renonré volontairement à toute autre espérance que celle d'éloigner mes rivauxmais maintenant qu’un chevalier a été aimé de vous... maintenant qu'il est devenu votre mari—

DON A JUANA

Mon mari ! quoi ! Léon!..

ALTAVILLA

Est chevalier de Malte.

C'est impossible! tu le calomnies!., son nom ne s’est déshonoré qu’eu passant par ta bouche.

ALTAVILLA

Signora, des gens de l’inquisition entourent déjà le palais.

DONA JUANA

En cflet!... le trouble , l'effroide Léon— son hésitation an moment du mariage... et tout à l’heure la colère de mon père, le départ subit de Léon... Oh ! trompée , perdue par lui !..

ALTAVILLA

Mais, dès demain un aulo-tla-fé!..

DONA JUANA

Lui! Léon, condamné à ce supplice infâme!

AL.LAV1LLA.

Il ne petit être sauvé que pac moi.

DONA JUANA

Par vous?

ALTAVILLA

Un familier de l’Inquisition m’est tout dévoué... il fera évader don Léon , si votre clé-

mence donne l'exemple à la mienne!.. Juana, cette seule ressource vous reste... Il faut me suivre à présent , croyez-moi—

DONA JUANA

Vous suivre... vous !.. oh! plutôt ta mort !..

Ce n’est pas la vrttre qui se prépare...

(Mouvement de dona Juana.)

DONA JUANt.

Oh! que faire, mon Dieu!., que faire?..

Mon , traîné au bâcher avec infamie... Léon, mourant dans les tortures!.. Ehbien ! elt bien !.. (On entend le bruit d’un coup de feu.) Ah !.. ce enupde feu— je me souviens... oui... mon père m’avait dit qu'au montent ou je l'entendrais Léon serait éloigné pour jamais de Naples... Sa rigueur , a-t-il ajouté , était encore de la clémence... Oh! oui. je comprends tout... Léon était coupable , mais il est sauvé !.. Misérable! tu es venu, sans péril, insulter une femme... cette femme peut te dire à présent sans danger qu elle le maudit comme elle te méprise.

ALTAVILLA

Sauvé!.. Léon!., eh bien!.. soit!., lui! Mais lu ne l'es pas, toi !.. Juana!.. tu ne sais pas ce que c’est qu’AItavilla— tu ne connais pas ce que c’est qu'une passion terrible, qui brise les grilles (les cloîtres, qui s'alTranehit du frein de tous les vieux!.. Mais qu’importe ce litre de chevalier?.. Je l’ai déjà dit, el tu l’as déjà prouvé . Juana , un chevalier de Malle comme un autre peut aimer, comme un autre peut être heureux...

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