KKROUAN, MARIE, J F. AN, LE BAILLY
le baillt, au milieu d'un groupe composé de Kérouati el de quelques villageois.
Je ne peux pas ôtre partout. Kcrottan, suivez-moi au couvent. Vous, annonce! au conseil de la paroisse que je ne me forai pas attendre plus de dix miaules ( A Kérouan.) Venez l [Il entre dans la chapelle ruinée.)
marie, à son père qui va enivre le Bailly, en fut montrant Jean auprès de la croix.
Mon pèra, avant de tous éloigner, regardez un peu de ce
côté -ci.
Kérouan, arec la joie la plus grande.
Hein?... Jean Penhouët 1... Jean!
JEAN
Moi-même, père Kérouan.
KÉROUAN
Lui ! de retour! {si Marie.) Et lu ne médis pas ça lout de suite, toi I Tu me laisses là pendant une heure... ( .i près avoir embrassé Jean. ) Moi qui le croyais enc re à botd de r Hercule !
JEAN
J'y étais eu effet il y a doux jours eu qualité de chef de timonerie.
RÉnouAN, le considérant.
Mais c'est vrai, petit** I... mais regarde donc! Il nous revient chef do timoneno ! l u no me du pas ça non plus.
MARIE
J’ai à peine eu le temps do le voir avant votre arrivée.
KÉUOUAN.
Chef de timonerio! mais le voilà presque officier, sais-tu ? Eh
LA ChOiX
bien! quand je te dirais que celai-lli no .resterait pas en route?
■Ame.
Mais je n’ai jamais douté qu'il fit ton chemin.
IÉROUAK.
fiart!... tu pleurais quand il est parti.
MARIE
Ü mon père ! il ne faut pas non plus vous faire plus brave que vous n'êles, et vous aviez le cœur bien gros ce jour-là.
ftifUHun.
Kl quand cela serait, qu’y aurait-il d’élonnant? Je l’ai quasi élevé dans ma barque re grand g.vçon-là. Ça n'avait pas qua>re an« que je jetai* ça à l'wn. . . d'une calotte... nar-d«ssus bord... tu te mouvions? c’éait r-omm»* mon '-niant. Et tu nous reviens celte fois avec une pinuU>iou un peu longue ?
IllB.
Avec un congé de six mois Je ne vous quitterai que pendant quelques jours pour aller à Vannes.
MaIUB.
Tiens, à Vannes?
JEAN
Oui, j’ai une commission à y faire.
eSrouan.
Pour un de tes chefs ?
JEAlt.
Précisément, une lettre importante à remettre. Et même je no suis pas fâché du message. Je vous expliquerai tout ça... mais d’abord, voyons, que sVsi-il passé ici, dans notre bon pays de Bretagne ? Vous devez avoir bien du nouveau à m'apprendre.
KMOUAlf.
Oh I pour ce qui est de ma fille et de moi, il n’y a rien de changé, sinon que Maiie est peut-être un peu moins gaie depuis quoique temps.
mari* , arec embarras.
Moi, mon père?... Vous vous trompez.
KliltOllAR.
Quant au pays, c’est autre chose 11 ne se ressemble plus. Depuis que les draanns se sont mis en campagne, battant le» mire? et f'Miillarit les châteaux, Ier uns se cache» t, les autres se sauvent, afin d'edtapper aux iroupe* de M. le liégenl, et à la chambre de justice de Nantes. t'est qu’il ne fuit pas ben paraître devant elle.
MARIE, avec intérêt.
Oh ! non ! elle est bien sévère, à ce qu'on prétend } et si l’on connaissait quelqu'un de ceux quYlle poursuit...
ItaottM.
On pourrait lui conseiller de faire tout de suit» son testament. Mais basl I nous ne connaissons personne qui soit dans ce cas-là. Aucun hab iti ni des environs n’a enn>re été inquiété... et tu arrives jolie pour trouver toutes les figures joyeuses... N’est-ce pas, petite?
marie, sortant de sa rêverie.
Oui.
EÉROUAÜ.
Toute la côte endimanchée.
marie. «,
A l'occasion de la fête do Noire-Dame de heimu
EÉROIAN.
Juste pour voir encore Marie quelques heures.
jean.
Mais, en effet, ifest re soir que, selon la coutume, Iw jeunes dtlos du village se rendent la dans les ruines de la vieille chapelle pour y passer la nuit en prière.
ESROOaN.
Et demain, avec l’aube, qu’elles entrent en retraite chez les soeurs, au couvent... Ainsi, ma foi ! si ru ne t’étais dépêché...
JEAN
Je n’aurais pu embrasser Marie qu'à la fin de la retraite.
rSiiouan.
Dans neuf jours.
marie , tendant la main à Jean.
Et c’eut été bien lard.
lb baili.t, sortant de la chapelle et s'adressant à Kérouan.
Eh bien ! c’est ainsi que vous me suivez, vous ?
XiROVAM.
Tiens, le bailly !... Je l'avais oublié.
- LE BAILLY
Vous n’êles pas même au conseil de b paroisse?
kbiuhan.
Ma foi t pmir aujourd'hui le conseil $o passera do moi. [Muniront Jean.) Voila inou excuse.
iüAV, regard ml Marie.
Que je ne vous retienne pas, père Kirouau.
lé IIOL! AR.
Au fait, tu peux m’accompagner, r\M line idée. [An Bailly en lui montrant Jean.) Dites doue, chef de timonerie ! rien que ça!... un gaillard qui est paru ma 1 élut... un enfant, vous vous rappelez*... ça vous revient avec des dorures... quasi avec une épauletiel... Hein? qui eti-ce qui aurait dit* ça, quand il allait vous manger vos poimues? | A Marte.) Je le l'enlève pour un moment, entends-tu , peiim? Attends nous ici. [Au Bailly.) Voilà, monsieur le bailly. [A Jean , en lut prenant le bras.) Allons arrive, mon unifier.
MARIE
Comment I vous remmenez?
KéllOl'Att.
AUeudfr-nous ! {Tous deux sortent sur les pas du Bailly.)