SCENE IV
MARIE, assise et après un silence.
C’est ici seulement que je puis le voir, m’ont dit les gens k qui il m’a confiée en arrivant, il y a quelques jours, ,et, afin de me décider à venir, on m'a fait craindre que plus tard celte démarche ne devînt difficile... impossible. Pour qu’il ait jusqu’à ce jour évité de. se montrer à mes yeux, pour que moi-méme on ne m’ait conduite à celte maisdh qu’avec les précautions les plus grandes, en carrosse fermé et après mille détours, il est donc h Vanues, encore menacé des plus grands périls?... A Vanités... comment m'y trouvé-je, moi?... comment ai- je pu consentir a le suivre?... Oh! je ne le voulais pas; je m’étais dérobée k ses prières; je revenais... trop tard ! la cloche dti coùvént m’a tout à coup annoncé le réveil de mes compagnes ; je ne pouvais plus rentrer... il rtieuaçaitde ne pas partir... j’ai eu peur pour lui, pour moi... et sans savoir où j’étais, ce que je faisais, j’ai mis le pied dans cette barque ! Mou Dieu ! pourquoi ne vient-il pas puisque dans cette maison du moins il peut me voir? (Se levant et regardant autour d'elle.) Celte maison... comme elle est élégante et riche ! Que tout cela est beau et nouveau pour moi 1...
AO Là CROIX DE MARIE.
des meubles dorés, des vases... ( allant vivement à la table de droite) des fleurs! ( avec un profond sentiment de tristesse) des fleursde nos campagnes! lesdernières de l’automne!... {Elle essuie une larme et ajoute après un silence) On m’a dit qu’il allait venir... attendons... Des fleurs!... (Elle regarde Lristemenl les fleurs qu'elle tient à la main. )