SCENE II
PÊCHEURS, L’AUBERGISTE, puis le CHEVALIER.
premier pêcheur, frappant à la porte de l'auberge.
Oh là! ehl l’aubergiste! Comment! personne n’est levé? On voit bien que c’est fête aujourd’hui au village.
TOCS.
Eh! l’aubergiste! l’aubergiste!
le chevalier, paraissant à la fenêtre de l'auberge.
Diable!... il est donc bien tard?
l’aubergiste, sortant de chez lui.
Me voilà... mais chut! pas tant de bruit! nous avons chez nous un seigneur arrivé hier au soir, et que vos cris courent risque d’éveiller.
PREMIER PÊCHEUR
C’est différent, nous nous retiendrons de parler aussi haut, alors.
le chevalier, qui a écouté de la croisée.
Si ça ne vous incommode pas, je vous en saurai gré. (A luimême.) Je crois que je peux regagner mon lit. premibr pêcheur, pendant que l’aubergiste est occupé à les servir.
Ah çà , tout le monde est donc paresseux aujourd’hui? jusqu’au père Kérouan?
deuxième pêcheur.
Bast ! je gage qu’il est éveillé... (Appelant.) Eh! Kérouan. tous, appelant.
Père Kérouan !
le chevalier, reparaissant à la croisée.
Décidément, j’ai réfléchi : ne vous retenez pas... Pour la différence que j’y trouve...
premier pêcheur, allant pour frapper chez Kérouan.
Vous permettez donc, monseigneur?
LE CHEVALIER
Parfaitement... Un seul mot : c’est aujourd’hui que les jeunes filles sortent du couvent?
premier pêcheur.
Oui, monseigneur.
LE CHEVALIER
Et elles y sont restées jusqu’à ce jour sans communication possible avec le dehors?
PREMIER PÊCHEUR
Certainement, monseigneur.