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La croix, l'épée et la charrue ou Les trois symboles du peuple canadien [microforme]

Aus fêtes des noces d'or de la Saint. Fean-Baptiste, à Montréai, le 27 juin 1884.

O Canada ! Mon pays, mes amours,

Et elevabit signum in nationibus procul.

+ : es Ge t

| | M. Le PRÉSIDENT, pi Mesdames et Messieurs.

Les acclamations enthousiastes avec

À lesquelles vous m'accueillez me prouca vent, uñe fois de plus, que j'ai con-

servé daûs votre cœur, une place ;

dans votre mémoire, un souvenir;

dans votre âme, une indulgence.

Mais quelque bruyants que soient vos applaudissements, je n'en entends

pas moins, parmi toutes les clameurs retentissantes de cette fête grandiose, chaque battement de votre cœur; je n’en ressens pas moins toutes ses pulsations ; car, il y a entre le vôtre et le mien corrélation entière et harmonie parfaite.

Ah ! que ne puis-je redire les pensées, les sentiments, les désirs, les souhaits, les vœux et les espérances, non-seulement de vous tous qui me prêtez, en ce moment, une bienveillante attention, mais aussi de ceux

ui, moins heureux que vous, absents

u sol natal, m'ont chargé du mandat si honorable, mais si difficile, de les représenter, en cette circonstance mémorable.

La langue humaine est limitée par des termes de convention qu’elle ne saurait enfreindre ; le cœur a plus de latitude. Je laisserai donc parler le mien, bien sûr d'avance de l’ac-

cueil fraternel que vous ferez à ses paroles ; bien convaincu qu'elles réveilleront un fidèle écho jusque dans les profondeurs de votre âme.

Tout est fête en ce moment, tout est harmonie, tout est joie, tout est

LA OHAHRUE.

gloire! Et, cependant, un vague sentiment de tristesse s'empare de nous en songeant à nos frères dispersés sur de lointaines plages, par différentes tempêtes, et transportés partout, comme les sables mouvants des déserts.

Ah! pourtant, que les 600,000 frères qui viveht loin de la Patrie, sur une terre étrangère, nous seraient utiles ! Qui nous rendra nos phalanges éparses ?

Qui nous rendra ces jours de lutte et de grandeur, Où toujours réunis spus la même bannière,

Nous bravions les efforts d’une race étrangère, Et gardions fièrement nos droits et notre honneur ?

Mais qu'âi-je dit? Nos frères ne sont-ils pas tous ici en ce moment ? - Oui, grâce à vous, Organisateurs du cinquantenaire de la St-Jean-Baptiste au Canada, personne ne manque à votre patriotique appel. Ils y sont personnellement ou par leurs nombreuses délégations ; et, en celui qui vous parle, vous voyez le représentant des Canadiens du fond des plaines du Kansas, des hauteurs des Montagnés du Maine, de quelques grandes villes manufacturières de la Nouvelle Angleterre et de l’État de New-

8 LA OROIX, L'ÉPÉE ET York, qui tous, avec nous, redisent au Canada.

“ Salut au ciel de ma patrie !

Salut au noble saint Laurent !

Ton nom dans mon âme attendrie Répand un parfum enivrant.

O Canada, fils de la France

Qui te couvrit de ses bienfaits, Toi notre amour, notre espérance, Qui pourra t'oublier jamais !

L'oublier notre pays! Mais demandez donc si lè torrent dévie de sa course ? si l'oiseau cesse son vol ? si . le papillon abandonne la fleur ? si une

mère oublie son enfant ? si un patriote répudie son ciel natal ?

Oui, depuis longtemps; gémissant sur des bords éloignés, nos frères soupiraient après le moment de revoir ces lieux si chers à leurs souvenirs. Ils trouvaient bien long notre oubli ; et dans leur légitime impatience, dans le désespoir de leur insupportable nostalgie, ils répétaient avec notre grand poëte national, le regretté Crémazie. us

“ Nereviendront-ils plus, ces jours trois fois bénis ‘“ Où nous chantions en chœur la gloire Ge nos pères ?

‘“ Ces doux chants d'union des fêtes populaires #“ Ne les savez-vous plus, échos de mon pays ?

Oui, frères absents, la patrie retrouve encore ces jours trois fois bénis et les chants de ses fétes populaires.

Oui, pour vous les répéter, les échos du pays les répercutentencore. Voilà ce que je devrai dire à mes mandataires de par delà les rives du Missouri ou des bassins de l’Aroostook, quand j'aurai à leur rendre compte de la mission qu'ils m'ont confiée.

Cette fête est la revendication pacifique de nos privilèges, c'est l'énumération de nos forces, c’est la constatation de notre puissance, c’est l'affirmation solennelle de nos droits :— droits reconnus et respectés, du reste, par l'Angleterre et les Puissances

. avoisinantes. Les nations nous re-

gardent avec étonnement. “ Ne sontce pas là les restes de ce petit peuple abandonné, trahi, persécuté, oublié et soumis à l'étranger, il n'y a guère plus d’un siècle ? ”

Et l’on est surpris de notre nombre prodigieux ; on ose à peine croire à la grandeur de nos travaux, à la multiplicité de nos institutions, à la consolidation de nos œuvres, à notre

préservation miraculeuse, sur cette terre d'Amérique ! Pourquoi ? si ce n’est parce que l'on nie les rapports mystérieux, de la nature morale et de la nature physique ! de l’âme et du corps ! du ciel et de la terre! et qus l’on n'admet plus l'action Providentielle sur les sociétés terrestres !

Penché, sur l’abîme du doute, comme Empédocle sur le cratère de l’Etna, l’homme désespère ! le doute a rem-.

placé la foi! Comme si le chrétien n’était pas la continuation d’un principe éternel ! Comme s’il n'était pas l'extension d’une résurrection vivante, sortie victorieuse de la corruption de la mort et des entraves du tombeau !

Les maux des sociétés modernes proviennent de trois négations :

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