‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 108 sur 279 · CXLIV. — CARTHAGÈNE (esfagke · texte numérisé non relu

CXLIV. — CARTHAGÈNE (esfagke

On lit dans la lettre que Mariano Baiuuo, Évêque de Carthagène, adressait au Souverain Pontife en 1849 : « Trèsaimalde Père, vous nous demandez quels sont nos sentiments et nos vœux touchant l'immaculée Conception de la Vierge Marie, vous à l'autorité suprême duquel il a été donné dans la personne de Pierre de paître les agneaux et les brebis et de confirmer vos frères dans la foi. Au commencement de notre épiscopat, suivant le mouvement intérieur de notre cœur, nous avons déjà fait connaître à Votre Sainteté, par une lettre datée du VIIIe des Kalendes du mois de mai dernier |1818i, ce que nous pensions et ce que nous désirions, au sujet de l’immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu. Nous lui avons exposé notre croyance et notre sentiment sur la convenance d une définition dogmatique, et nous l’avons suppliée humblement de rendre un oracle apostolique suprême sur celte question. Aujourd'hui nous avons la même foi et la même conviclion tant sur l’opportunité de celle définition que sur le désir très-ardent qu’en ont notre clergé et notre peuple, toute l’Espagne, et même, comme nous le voyons avec bonheur par vos lettres, l’Egl.se universelle...

« Telle est ma confiance, Très-Saint Père, tous les biens arriveront à l'Église de Dieu par la définition dogmatique de l’immaculée Conception de Marie, Mère de Dieu, qui est le souverain bien. Je prie donc votre autorité de rendre au plus tôt cette définition. Vous avez pour vous les désirs des peuples, les écrits des savants anciens et modernes qui ont fait tomber les contradictions, la foi des nations chrétiennes, les vœux et les supplications des Evêques catholiques.

(I) Voyez Avignon.

Qu’est-ce qui pourrait donc retarder cette déclaration? Qu’est ce qui pourrait faire différer encore l'accomplissement de celte œuvre, qui est l’œuvre des siècles? Les choses étant ainsi, je réponds humblement h vos très-aimables lettres.

« L’Évêque de Carlhagène en Espagne pense que l’immaculée Conception de la Vierge Marie a été entièrement exempte de toute tache originelle, et juge qu’on peut procéder à une définition dogmatique sans crainte d'aucune scission.

« L’Évêque de Carlhagène, avec son clergé et son peuple, prie et supplie humblement Votre Sainteté de vouloir bien décréter, sans délai, par un jugement solennel de l’oracle apostolique, l'immaculée Conception de la Vierge Marie, tant pour l’utilité de l’Église et la consolation des lidèles que pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de la Mère de Jésus-Christ. »

Les sentiments dont l’Évêque, le clergé et le peuple du diocèse de Carlhagène étaient animés en 1849, touchant l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, remontent plus haut. Nous les retrouvons dans la lettre que Louis, Évêque de celte ville, écrivait au Tape Clément XI, en 1714. Après avoir prouvé, dans celte lettre, par l’Ancien et le Nouveau Testament, par la Tradition, par les Conciles, les Constitutions Apostoliques et la croyance générale de l'Église, que la Vierge Marie a été conçue sans tache, ce Prélat priait le Souverain Pontife de déclarer et de définir solennellement ce mystère comme dogme de la foi catholique, afin que l'on crût d’une foi vraiment divine ce qu'on avait cru jusqu’alors par un sentiment de piété. Tel est, disait-il, le désir de tous les fidèles, des Évêques, des Chapitres et des ordres religieux ; tous demandent instamment celte définition (2).

Il ne peut y avoir de doute pour ce qui concerne le Chapitre de l'Eglise de Carlhagène; il partageait les sentiments

(1) Dalum Xlurciic, Idtbus aprilîs 1848 : I'aiikhi, etc., vol. I, pag. 85.

(2) Diluai Muni*, «lie 2 augusii 1714 : P.tucm, etc , vol. VIII, pag. 508.

de l’Évêque, comme on peut s’en convaincre par la lettre qu’il adressait au Pape en 1714. On y voit en effet qu'il demandait que le mystère de la très-pure Conception de la Vierge Marie fut confirmé et déclaré par l’autorité du Siège Apostolique comme fondé sur la foi, et qu’il fût reçu et confessé dans toute l'Église comme dogme catholique (11.

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