‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 165 sur 279 · CCXXX.— ÉDIMBOURG et AUTRES ÉGLISES D’ÉCOSSE · texte numérisé non relu

CCXXX.— ÉDIMBOURG et AUTRES ÉGLISES D’ÉCOSSE

Jacques Kyle, André Carruthers, Jean Murdoch, Jacques Gillis et Alexandre Schhitt, tous Evêques in parlibut, les trois premiers Vicaires Apostoliques des divers districts d’Ecosse, et les deux autres qui étaient coadjuteurs, étant réunis au séminaire de Blair en 18W, adressèrent au Pape une lettre collective en réponse à l'Encyclique de Sa Sainteté du 2 février de la même année. Ces Prélats déclarent avoir toujours cru que, par un privilège qui n’a été accordé à aucun autre descendant d'Adam, la Bienheureuse Vierge Marie a été, en vertu des mérites de son divin Fils qui a été son Rédempteur comme il est le Rédempteur de tous, prévenue par une grâce toute particulière et entièrement préservée et exempte de toute tache du péché originel ; que celte Vierge a été sainte et pure dès le premier instant de son existence, et que par conséquent sa Conception est justement appelée Immaculée. Ils attestaient en même temps que le clergé et les fidèles confiés à leurs soins partageaient la même croyance, et que ceux d’entre eux qui se distinguaient par la vivacité de leur foi, par leur attachement à l’Eglise catholique et l'innocence de leurs mœurs, se distinguaient aussi par leur piété et leur ferveur envers Marie conçue sans péché...

C’est pourquoi, ajoutaient-ils, si Sa Sainteté, inspirée par l’Esprit Saint, qui assiste toujours le Siège Apostolique et lui enseigne toute vérité, jugeait â propos de définir par un jugement solennel que la Conception de la Vierge Marie a été

(i) Corlnno, le 27 juin 1849 : Pareri, etc., vol. I, pag. 353.

Immaculée, celle délinilion sérail pour eux el les fidèles confiés à leur sollicilude un grand sujet de joie, soit parçp que le jugement irréfragable du Sainl-Siége affermirait à jamais la croyance de l'immaculée Conception, soit parce qu’ils auraient la consolation de voir décerner ce nouvel lionneur à la Bienheureuse Mère de Dieu, qu’ils aiment et vénèrent comme une Mère très-pure, dont ils éprouvent chaque jour la protection, el d’entendre déclarer par la voix de lu vérité même que Marie est toute belle el absolument exemple de toute tache.

Ils ne dissimulaient pas toutefois que leur joie serait tempérée par les blasphèmes dont celle définition serait une occasion pour les hérétiques et les autres ennemis de la religion. Mais, pleins de confiance aux promesses laites à l'Eglise el au Siège Apostolique, ils terminaient leur lettre en annonçant au Saint-Père qu’ils allaient, conformément aux ordres de Sa Sainteté, prescrire des prières auxquelles ils s'uniraient eux-mêmes, en demandant au Père des lumières de l’éclairer el de lui inspirer le parti qui devait contribuer davantage à la gloire de Dieu, au cuite de sa Bienheureuse Mère, à la propagation de la vraie foi et au salut des âmes (1).

En 1834, M. Gillis, Évêque de Limyra (in partibus), étant devenu Vicaire Apostolique d'Edimbourg, écrivait au Saint- Père sur le même sujet. Après avoir rappelé que sou avis et celui de ses vénérés collègues avait été tout en faveur de la croyance â l'immaculée Conception de Marie, mais qu ayant été dicté surtout au point de vue d’un pays protestant, il avait été négatif quant a l'opportunité de sa définition prochaine comme article de foi, il disait à Sa Sainteté : « Je serai le premier à me réjouir si Dieu met au cœur de Votre Sainteté de proclamer en son nom la croyance en 1 Immaculée Conception de Marie, comme faisant désormais partie obligée du symbole catholique. En m’exprimant ainsi, je sais que je ne

(IJ Dation c senmrtirio BUiri. die 13 sept. 1849 : Parkiu, etc., vol. II, psg 120

suis que l’éclio de mes vénérés collègues, dont Votre Sainteté eût reçu l’expression unanime si des circonlanccs adverses n’en eussent rendu impossible l'arrivée b temps. Je prierai de tout cœur pour que Dieu, par la main de son Pontife, daigne mettre au front de sa Vierge Mère une nouvelle auréole de gloire (1). »

CCXXX1.— ELP111X (Irlande).

Le 1! octobre 1849, George Brown, Évêque d’Elphin, écrivant b notre Saint-Père le Pape en réponse a l’Encyclique du 2 février de la même année, attestait b Sa Sainteté que tous les prêtres de son diocèse croyaient d’une foi ferme, connue il le croyait lui-même, (pie la glorieuse Mère de Dieu a été conçue sans la tache du péché originel, et qu’ils avaient horreur du sentiment qui admettrait que la Reine des hommes et des Anges a contracté quelque souillure ou a été quelque temps sous la domination du démon. Il ajoutait : « Cette doctrine, qui est si conforme b l'honneur et b la dignité de la Mère de Dieu, nous parait réunir tant et de si grands caractères de la vérité divine; elle est si profondément gravée dans nos esprits et dans nos cœurs, que, non-seulement nous pensons qu’on peut la mettre au nombre des dogmes de la foi catholique, mais que nous désirons même et que nous désirons ardemment que Votre Sainteté la définisse enfin et la propose a l’Église universelle comme devant être crue d’une foi divine (2). »

En 18H0, assistant au Concile de Thurles, l’Évêque d’Elphin souscrivit la lettre par laquelle les Pères de ce Concile priaient Sa Sainteté de définir, par un décret dogmatique et infaillible, émané de son autorité apostolique, que la Bienheureuse ATierge Mère de Dieu a été conçue sans aucune tache du péché originel . Ut doijmatico et infallibili decreto Dealissimam Fi rgi-

(t) éilimbourg, 30 novembre 185* : Pareiu, etc., vol. IX, app. II, pag. 387. (2) Ualum apud Suco, die 11 oct. 1849 : I'aueri, etc., vol. 11, pag. 203.

— 2fi9 —

nem Dei Geuilricem absque ttlla peccali orhjhiaiix labe fuisse conceptam defniias il).

CCXXXIf. — ELVAS' (Portugal).

On lit dans la lettre que l’Evêque d’Elvas écrivait au Saint- Père, le 2 ) mai 1849, que les fidèles de ce diocèse, a l’exemple de leurs pères, avaient la plus grande vénération pour l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et qu’ils auraient regardé comme éloigné de la vraie religion quiconque aurait manifesté le moindre doute à cet égard. Ce Prélat déclarait en même temps que ce mystère était si certain pour lui, qu’il en était tellement persuadé, qu’il y adhérait de tout son cœur, avec ferveur et avec joie. Puis, après avoir rappelé sommairement les principales preuves de l’immaculée Conception, il terminait sa lettre en émettant, sans hésitation aucune, son suffrage en faveur d'une définition solennelle (2).

CCXXX1II. - EMBRUN (fbanof).

L’Église d'Embrun, dont le Siège archiépiscopal a été supprimé par le Concordat de 1801, croyait et professait l’immaculée Conception de la Glorieuse Vierge Marie. Dans de très-anciens Missels d’Embrun, qui remontent au quinzième siècle, se trouve un oflice de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie avec le titre d 'Immaculée dans la préface de la messe et dans les oraisons. M. Depéry, Évêque de Gap, en fait mention dans un mandement du 2 juillet 1845, dans lequel il s’exprime en ces termes ; « Et vous, Notre- Dame d’Embrun, vous si dévouée et fidèle, vous que vénéraient nos rois très-chrétiens d’un culte tout particulier, vous n’avez pu oublier que l’illustre métropole avait ajouté une

(1) Voyez A RM AGM .

(2) Salis ergo evolutum arbilror mysleri’tm de Immaculato Virginia Conceplu : ideoque sulTraginm pro sua solcmni definilionc, non dubilanler. vulgare pnrfealino. Olûipone, die 2V maii 1849 : Parkbi, elc.. vol. I, pag. 251.

perle de plus à voire si brillante couronne, en vous saluant du beau nom d 'Immaculée ; vous vous en souvenez pour répandre sur cette grande Eglise les bénédictions du ciel et y continuer ces vieilles traditions de loi et d’amour, heureux héritage a nous transmis par les siècles passés et de nos jours encore intact il). »

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