‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 18 sur 279 · XVI. — ALBANO (états pontificaux · texte numérisé non relu

XVI. — ALBANO (états pontificaux

Nous avons une longue et savante lettre du Cardinal Pathizi, évêque d’Albano, en réponse ’a l’Encyclique du 2 février 1849. Il dit d’abord, qu’après avoir prescrit les

(1) Datum Albæ die 25 Martii 1850: Pareri, etc., vol. III, pag. 287.

(2) Unum tomen restât, ut scilicetTu, Beatissime Pater, Diœcæsi mcae factas tacuitales loti Ecclcsiæ extendus, et, quod caput est infallibili judic<o tuo, cui catliolici omnes prorsus adquicscunt, deOnias Beatissimæ Yirgiuis Concept ionem Immaculatamcrcdcndam esse. Dat. Alh » m subalpinis , Idibut ftbruarii 1844 : PaüERi, etc., vol IX, pag. 40,

prières publiques réclamées par Sa Sainteté, il a consulté de vive voix les chanoines de sa cathédrale, les examinateurs synodaux et les ecclésiastiques les plus distingués de la ville épiscopale, en même temps qu’il consultait par écrit les autres prêtres du diocèse sur la question de l'immaculée Conception. Or, conformément b ses vœux, tous, sans en excepter un seul, ont appris avec la plus grande joie le projet dont il s’agissait; tous ont protesté qu’ils demandaient et désiraient ardemment une définition formelle du Siège Apostolique, par laquelle l’exemption de la tache originelle dans Marie serait proposée comme dogme de la foi catholique (i). Ayant reçu de leurs ancêtres, à litre d héritage, cette pieuse croyance comme un trésor très-précieux, ils l'ont toujours gardée avec soin et défendue avec énergie, regardant comme un crime le moindre doute a cet égard, et repoussant avec horreur tout ce qui lui était contraire. Ils ne pouvaient, en effet, continue l'Emincut Cardinal, concevoir comment cette Vierge, qui a été choisie pour être la Mère de Dieu, qui devait par conséquent contracter une espèce d’aflinilé avec Dieu même, et qui pour cela a été comblée des plus grands dons de la nature et de la grâce, et élevée au-dessus de toutes les autres créatures, aurait pu être privée de celte prérogative, la première dans l'ordre du temps : aussi ont-ils toujours célébré, chaque année, d’une manière solennelle, la fête de l’immaculée Conception ; ils ont établi de pieuses confréries, élevé des autels et des temples, ’a l’honneur de Marie conçue sans péché. Ces institutions, sans parler de plusieurs autres pratiques qui ont été dictées par le même esprit, sont autant de preuves manifestes de la très-ancienne et universelle croyance b l'immaculée Conception de la Vierge Marie dans le diocèse d’Alhano, ainsi que du vœu général et très-ardent pour

(1) Ut imhi erat iu volis, omîtes a>1 uimm præ lætitia gestientes gratum accejt unique habuerc nuntium , ac proteslali sunt omîtes expetere, discupere omîtes formaient ah Apostolica Sede Defmilionem; cujus vi immunitas Maria? ab origi rnali noxa, veluti tidei do g ma tenenda proponalur. Aîbani, XVI Kal. nov. 1849 : Paüeiii, etc., vol. II, pag. 950.

«ne définition solennelle et formelle en faveur de ce privilège.

Le Cardinal Patiiizi n’avait pas d'autres sentiments; il déclare dans sa lettre qu'il a constamment cru. depuis sa plus tendre enfance, que la glorieuse Vierge Marie a été conçue sans péché, le tenant pour certain, parce que l'Église universelle elle-même le tenait pour indubitable. Ecquul non mihi pro certo non liabendum, quod indnbiinn putat Ecclesia universa ? Il prouve ce qu’il avance par la croyance de toutes les Églises particulières, qui honorent la Vierge Marie sous le titre de l’immaculée Conception ; des pieuses associations qui la vénèrent sous le même titre, dans tout l’univers; des Universités, des Collèges et des Écoles de Théologie qui défendent énergiquement ce grand privilège de Marie ; de tous les ordres religieux, qui ne sont pas moins zélés pour la gloire de la Mère de Dieu; de presque tous les Évêques qui demandent au Saint-Siège la faculté de donner dans les solennités publiques le titre d’immaculée ;i la Vierge très-sainte, et de l’invoquer comme conçue sans péché; de tous les fidèles, enfin, qui célèbrent son exemption de toute tache originelle, sans permettre qu’on la révoque en doute.

Il ne s’en tient pas Ih ; il établit cette croyauce par les anciennes Liturgies de saint Jacques, de saint Marc et de saint Basile; par l’enseignement des Saints Pères et des anciens auteurs Écclésiastiques ; par les actes des Conciles et des Souverains Pontifes, dont il sait faire ressortir admirablement l’esprit et les senlinents; par la fête de la Conception, qui se fait dans toute l’Église, et conformément a la pensée de l’Église, a l’honneur de la sainte et Immaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu.

Il terminait sa lettre en déclarant qu’il soutenait que le Souverain Pontife, qui a été chargé par Jésus-Christ de paitre les agneaux et les brebis et de confirmer ses frères dans la foi, pouvait proposer au peuple chrétien cette vérité comme dogme de foi; que l’immaculée Conception était

prochainement définissable, proxime defmibilem, et pouvait être définie par l’autorité du Siège Apostolique, comme devant être crue d’une foi divine. Aussi priaii-il Sa Sainteté, de la manière la plus pressante, tant en son nom qu'au nom de l'Église d’Albano, de la définir dogmatiquement. « l’ère saint, rendez à la Vierge la plus glorieuse de toutes les louanges; par ce décret formel et si ardemment désiré, donnez au monde chrétien cet accroissement de joie et de piété ; procurez ce refuge, ce puissant secours à l’Église si forlement agitée par la tempête... Très-Saint Père, achevez l’œuvre que vous avez si heureusement commencée ; car vous savez bien que par cet acte unique vous pourvoirez providentiellement à la louange de Dieu, a la gloire de Marie, à la tranquillité de l'Eglise, au développement de la piété, à la joie des fidèles, à la paix et au bonheur de la société. Cependant, Très- Saint- Père, je soumets très- humblement ces sentiments et ces vœux au jugement irréfragable de Voire Sainteté (1). »

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